Vomissements gravidiques

 

Les vomissements gravidiques incoercibles compliquent 0,5 à 2 % des grossesses et représentent la première cause d’hospitalisation en première partie de grossesse. Ils sont responsables d'une perte de poids (supérieure à 5 % du poids initial) avec déshydratation, acidocétose et hypokaliémie. La physiopathologie exacte reste encore inconnue à ce jour mais elle est certainement multifactorielle : métabolique, hormonale, psychologique et psychosociale. Des taux élevés d’hormones placentaires sont un facteur physiopathologique essentiel et les grossesses multiples ou molaires sont à rechercher systématiquement par une échographie obstétricale précoce.

Le retentissement hépatique se résume à une augmentation des transaminases jusqu'à 50 UI, attribuée au jeûne et sans valeur pronostique. Dans 10 % des cas, un ictère à bilirubine conjuguée est présent, dû aux vomissements ou à une cholestase médicamenteuse associée (comme due à la Phénothiazine). La récidive, parfois ictérique, lors de grossesses ultérieures est possible.

Les signes de gravité

    -perte de poids de plus de 5%;

    -des vomissements incoercibles;

    -des signes cliniques ou biologiques de déshydratation;

    -une hypokaliémie;

    -une pathologie sous jascente (diabète, Basedow).


Conduite à tenir

    -L’examen clinique recherche les signes de déshydratation (poids, Tension artérielle, fréquence cardiaque, diurèse)

    -Prise de sang pour: NFS, Iono sanguin, ASAT - ALAT, créatinémie

    -Echographie afin de s’assurer de la présence ou non d’une grossesse multiple ou d’une grossesse môlaire.


En l’absence de signes de gravité, l’hospitalisation n’est pas nécessaire. Outre des conseils diététiques, on peut donner du Primpéran® (1 suppo 3 fois/jour pendant 10 jours ou Donormyl® (1/2 à 2 cps/j). Une prise en charge psychologique peut être utile.

S’il existe un ou plusieurs signes de gravité:

    -Hospitalisation si possible en chambre seule avec limitation des visites au conjoint, et le moins possible, mais pas d’isolement dans le noir. La prise en charge psychologique s’impose.

    -Faire TSH,T3,T4, et ECG si hypokaliémie.

    -A jeun les 24 premières heures puis bouillon, yaourt, compote.

    -Réhydratation adaptée au ionogramme.
    -Supplémentation en vitamines du groupe B (Benerva® 500mg en IV en une fois).

    -Sur le plan médicamenteux: Primperan®  (3 amp / 24 h) + Donormyl® 2 cp/j per os si possible. En cas d’échec: Largactil® 25 mg x 2/j IV et Mopral 40 mg/j IV. Toutefois le Largactil® devra être évité au maximum car il comporte un risque de cholestase aiguë sévère. Une autre option est le Zophren® (1 suppo/jour).

    -On surveille: vomissements, poids, diurèse, iono  sanguin.. On peut ultérieurement prendre le relai par primperan ou Donormyl.