LeS Thérapies ciblées

Mise à jour mai 2016

 

Des découvertes récentes ont permis la mise au point de nouveaux médicaments dont la façon d’agir est sensiblement différente de la chimiothérapie : ils ne s’attaquent plus à l’ADN des cellules cancéreuses, mais limitent ou arrêtent leur développement.

On parle de thérapies ciblés car ils visent une cible bien identifiée et les mécanismes grâce auxquels la tumeur se développe et se multiplie. Ces traitements privent la tumeur d’éléments nécessaires à son développement.

Il en existe actuellement trois sortes:


1-Les thérapies ciblées anti-HER2

Une surexpression de HER2 s'observe dans 20 à 30 % des cancers primitifs du sein. Des études montrent que la survie est plus courte chez les patientes dont les tumeurs surexpriment HER2 que chez celles dont les tumeurs ne présentent pas cette surexpression. On utilise chez ces patientes des molécules soit par voir
intraveineuse ou sous cutanée:

        -le trastuzumab (nom commercial Herceptin®, aussi Kadcyla® qui st du trastuzumab emtansine);

        -le pertuzumab (nom commercial Perjeta®),

Ces produits sont prescrit en association avec la chimiothérapie, si possible poursuivi pendant la radiothérapie et après la radiothérapie pour une durée totale de traitement qui est actuellement de 1 an après la fin du traitement local.

Le Trastuzumab est cardiotoxique (myocardiopathie, insuffisance cardiaque sont possibles dans moins de 5% des cas) et on conseille une échographie cardiaque  avant le début du traitement puis en fonction des symptômes observés.








2-La thérapie ciblée anti-VEGF  s'adresse aux patientes en situation métastatique en association avec une chimiothérapie par paclitaxel. Son seul représentant est actuellement le Bevacizumab (Avastin®) en intraveineux. Avastin est indiqué en association au paclitaxel en traitement de première ligne du cancer du sein métastatique, mais compte tenu du faible gain de survie sans progression et de l’absence d’amélioration de la survie globale avec l’association bevacizumab/taxane versus taxane, l’intérêt de l’ajout de bevacizumab au paclitaxel est aujourd’hui moins bien établi.

Cet intérêt est limité aux patientes négatives aux récepteurs HER2, aux œstrogènes et à la progestérone.


3-La thérapie ciblée anti mTOR

La protéine mTOR est une sérine-thréonine kinase c'est-à-dire qu'elle catalyse, lorsqu'elle est activée, la phosphorylation de deux acides aminés sérine et thréonine sur des protéines cibles intra-cellulaires. l'activation de mTOR aboutit à la progression du cycle cellulaire de la phase G1 à S et donc à la prolifération cellulaire.

La rapamycine est une substance d’origine bactérienne découverte pour la première fois dans le sol de Rapa-Nui (l’île de Pâques). Elle possède des propriétés immunosuppressives qui en font l’un des médicaments utilisés pour limiter les risques de rejets en cas de greffe. La rapamycine une fois liée au FKBP12 est un inhibiteur de la mTOR. Elle interrompt la transduction des signaux mitogènes par l'inhibition des cyclines nécessaires au passage de la phase G1 à S et par l'inhibition de la synthèse des protéines nécessaires à la progression du cycle cellulaire. L'inhibition de mTOR aboutit donc au blocage du cycle cellulaire en phase G1.

Le traitement consiste en la prise orale de comprimés d’afinitor®  en association avec un traitement antihormonal (femara®). En effet, Afinitor® est indiqué dans le traitement du cancer du sein avancé avec récepteurs hormonaux positifs, HER2/neu négatif, en association avec le traitement anti-hormonal, chez les femmes ménopausées sans atteinte viscérale symptomatique dès récidive ou progression de la maladie et précédemment traitées par un inhibiteur non-stéroïdien de l'aromatase.Ce traitement peut entrainer des Inflammations buccales, un risque accru d’infection, de toux , de diarrhées, de nausées, fatigue, éruption cutanée,baisse des globules, élévation de la glycémie et du cholestérol.


4-Inhibiteurs de la protéine-kinase

    -Le Lapatinib, commercialisé sous le nom de Tyverb®, appartient à un groupe de médicaments appelés inhibiteurs de la protéine kinase. Ces composés agissent en bloquant des enzymes connues sous le nom de protéines kinases, dont certaines sont des récepteurs situés à la surface des cellules cancéreuses, comme l'HER2. En bloquant ces récepteurs, le lapatinib contribue à limiter la division et le développement des cellules cancéreuses.

Le lapatinib est utilisé pour certains cancers du sein métastatique HER2 positifs. Il se présente sous forme de comprimés.

    -L’Evérolimus, commercialisé sous le nom d'Afinitor®, il appartient au groupe des médicaments appelés inhibiteurs de protéines kinases. L'évérolimus agit en se fixant sur une protéine à l'intérieur de la cellule tumorale pour bloquer un des mécanismes de prolifération et de division cellulaire.

Ce traitement, qui se présente sous forme de comprimés, peut être utilisé en association avec certaines hormonothérapies pour prendre en charge des cancers du sein métastatiques avec des récepteurs hormonaux positifs.



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