La coeliochirurgie

 

La cœlioscopie consiste à accéder à la cavité abdominale sans ouvrir la paroi abdominale. Elle est possible grâce à plusieurs artifices :

  1. 1■Une « optique » (reliée à une caméra) est introduite dans la cavité abdominale à travers une cicatrice que le chirurgien pratique dans l’ombilic. Cette « optique » est reliée à un « moniteur » (écran) que le chirurgien regarde en opérant.

  2. 2■Du gaz carbonique (CO2) est ensuite introduit dans la cavité abdominale. La pression positive exercée par ce gaz va soulever la paroi abdominale, créant ainsi un espace entre la paroi et les viscères où le chirurgien peut regarder et où il peut introduire ses instruments pour opérer.

  3. 3■Enfin, des « trocarts » (sortes de grosses aiguilles de 5 à 12 mm) sont introduits à travers la paroi ainsi soulevée, par lesquels le chirurgien va passer des instruments de 5 à 12 mm de diamètre pour opérer (pinces, ciseaux, instruments de coagulation et de suture, etc.).

La cœlioscopie exige une formation spécifique et une certaine expérience. Elle présente l’avantage de ne créer presque pas de cicatrices, juste des orifices de 0,5mm ou 1cm, et de permettre une rapide réhabilitation des patients.

D’abord diagnostique, juste pour voir, elle fut développée au milieu du XXème siècle par un français Raoul Plamer.

Un autre français, Hubert Manhes commence à réaliser  vers 1972 de petites interventions, en particulier le traitement conservateur de grossesses extra-utéines à Vichy, dans une petite clinique privée dont les chirurgiens voyaient d’un mauvais oeil un gynécologue opérer  sans incisions classiques. Très vite l’école de Clermont-Ferrand dont il se rapprocha rapidement se mit à développer la pratique coelioscopique de diverses opérations gynécologiques comme les kystes ovariens. Parallèlement on vit se développer toute une instrumentation adaptée à cette nouvelle chirurgie. En 1987, un autre français, Mouret montra que l’on pouvait aussi faire des ablations de la vésicule biliaire.

A partir de la tout le monde s’y mit, y compris d’autres spécialités comme l’urologie, l’orthopédie, etc.

Aujourd’hui un très grand nombre d’opérations gynécologiques sont faites par coelioscopie, peut-être même un peu trop car certaines d’entre elles peuvent avantageusement être faites par voie vaginale, sans aucune cicatrice et de façon plus rapide. La chirurgie, assez lourde de certains cancers pelviens, bénéficie aujourd’hui des abords coelioscopiques.



 

Instrumentation                                                            Insufflation


 

Intoduction des trocards                                                                    Intervention

             

Vue coelioscopique du pelvis avec clips sur les trompes                    Kyste de l’ovaire gauche

  

Ovaire droit avec pavillon tubaire                                  Grossesse extra-utérine

 

Adhérence                                                                                      Suture de myomectomie