Les biphosphonates

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Les biphosphonates font partie de l’arsenal thérapeutique en cas de métastases osseuses par leur action anti-ostéoclastique. Il faut rappeler que ces  métastases sont responsables de complications qui altèrent la qualité de vie des patients.

I-Les produits

On distingue trois générations de biphosphonates. La première, les non-amino-biphosphonates (étidronate, clodronate) sont des analogues cyto- toxiques de l’ATP rendant non hydrolysables les cellules qui les incorporent. La seconde génération correspond aux amino-biphosphonates (pamidronate, alendronate) qui sont 100 à 500 fois plus puissants grâce au groupement amine. Les biphosphonates de 3ème génération (ibandronate, zolédronate) ont une action 10 à 20 fois plus puissante que la génération précédente par la méthylation du groupe amine.

Les biphosphonates les plus utili- sés sont le clodronate (Clastoban®, Lytos®), le pamidronate (Aredia®), le zolédronate (Zometa®), l’ibandronate (Bondronat®). Le zolédronate  est actuellement le traitement de référence.

Le clodronate et l’ibandronate sont disponibles sous forme orale. L’ibandronate est également disponible en perfusion. Le pamidronate et le zolédronate n’existent qu’en perfusion et sont les molécules les plus utilisées en pratique. Les formes orales sont prescrites essentiellement pour les patients ayant un traitement au long court ne nécessitant pas d’hospitalisations (telle que l’hormonothérapie). Le confort de vie est privilégié mais il faut cependant surveiller la tolérance digestive. L’efficacité du clodronate semble moins bonne que celles des biphosphonates sous forme intra-veineuse. Dans le cancer du sein, on conseille une injection de pamidronate (90 mg/2h) ou de zolédronate (4 mg/15min) toutes les 3 ou 4 semaines chez les patients ayant des lésions osseuses mises en évidence sur les radiographies stan- dards, la scintigraphie, le scanner ou l’IRM.

II-Les indications

Les biphosphonates sont indiqués chez les patientes ménopausées ayant un cancer luminal. Ces produits concernent:
    · le traitement de l’hypercalcémie maligne;

    · le traitement palliatif de l’ostéolyse maligne, avec ou sans hypercalcémie, en complément du traitement spécifique de la tumeur primitive.

L’effet antalgique des biphosphonates est constaté dans 50% des cas dès la deuxième perfusion.

De nombreuses études ont montré l’efficacité des biphosphonates à réduire les évènements osseux: fracture, tassement vertébral, hypercalcémie, compression médullaire, et pour certains auteurs une accentuation de la douleur. Leur incidence peut atteindre 30% des patients porteurs de métastases osseuses.

Malgré ces résultats encourageants, aucune étude n’a démontré de bénéfice en terme de survie globale sur le cancer.

III-les effets secondaires

L’injection de zolédronate et de pamidronate peut être suivi de fièvre, d’arthralgies, de myalgies, et d’une augmentation transitoire de la douleur dans 1 à 18% des cas . Depuis quelques années, des cas d’ostéonécrose de la mâchoire ont été rapportés imposant une vigilance particulière.