{"id":441,"date":"2019-06-30T22:21:31","date_gmt":"2019-06-30T20:21:31","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=441"},"modified":"2019-07-07T16:54:43","modified_gmt":"2019-07-07T14:54:43","slug":"steroides-prenatals-et-orientation-sexuelle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/articles\/hormones-en-gynecologie\/steroides-prenatals-et-orientation-sexuelle\/","title":{"rendered":"St\u00e9ro\u00efdes pr\u00e9natals et orientation sexuelle"},"content":{"rendered":"\n<p>Sous l&rsquo;influence de th\u00e9ories psychanalytiques freudiennes et postfreudiennes, il est couramment admis que l&rsquo;orientation h\u00e9t\u00e9ro- ou homosexuelle d&rsquo;un individu est essentiellement, voire exclusivement, le r\u00e9sultat d&rsquo;apprentissages et d&rsquo;interactions sociales qui se d\u00e9roulent dans la petite enfance.&nbsp;Ces th\u00e9ories qui n\u2019ont rien de scientifique sont aujourd\u2019hui contredites par de nombreuses \u00e9tudes qui sugg\u00e8rent fortement, voire d\u00e9montrent, que l&rsquo;homosexualit\u00e9 d\u00e9pend largement de d\u00e9terminants hormonaux et g\u00e9n\u00e9tiques, pr\u00e9natals.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Chromosomes sexuels, testost\u00e9rone et d\u00e9veloppement sexu\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Initialement, les embryons, tant XX qu&rsquo;XY, sont bipotentiels en ce qui concerne le sexe ph\u00e9notypique, mais c&rsquo;est l&rsquo;information port\u00e9e par le chromosome Y qui d\u00e9clenche l&rsquo;activation des testicules f\u0153taux ; \u00e0 8 semaines de gestation, ils produisent des androg\u00e8nes, notamment de la testost\u00e9rone, \u00e0 des taux similaires \u00e0 ceux du m\u00e2le adulte. Par contre, les ovaires f\u0153taux ne produisent que peu de testost\u00e9rone. Il en r\u00e9sulte une diff\u00e9rence sexuelle marqu\u00e9e dans le taux de testost\u00e9rone au cours de la gestation dans l&rsquo;esp\u00e8ce humaine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-144.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-442\" width=\"627\" height=\"473\" srcset=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-144.png 650w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-144-300x227.png 300w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-144-357x270.png 357w\" sizes=\"auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Avant la naissance, la testost\u00e9rone agit, via les r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes, sur l&rsquo;\u00e9bauche g\u00e9nitale primordiale qui conduira au d\u00e9veloppement du p\u00e9nis et du scrotum plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 celui du clitoris et des l\u00e8vres. La pr\u00e9sence, dans le cerveau en d\u00e9veloppement, de r\u00e9cepteurs \u00e0 la testost\u00e9rone et autres androg\u00e8nes, permet aux hormones de modeler le d\u00e9veloppement du cerveau, orientant le comportement ult\u00e9rieur tout au long de la vie. Les preuves initiales de ces effets sont surtout bas\u00e9es sur l&rsquo;exp\u00e9rimentation chez le rongeur. On sait qu&rsquo;exposer des animaux femelles \u00e0 la testost\u00e9rone au cours du d\u00e9veloppement pr\u00e9coce induit un comportement m\u00e2le chez l&rsquo;adulte ; \u00e0 l&rsquo;inverse, inhiber la production de cette hormone lors du d\u00e9veloppement du m\u00e2le conduit \u00e0 l&rsquo;effet oppos\u00e9. Ces effets sur les comportements semblent d\u00e9pendants de la testost\u00e9rone et de ses d\u00e9riv\u00e9s qui contr\u00f4lent les processus basiques de d\u00e9veloppement du cerveau chez les rongeurs, permettant ainsi \u00e0 certains neurones de vivre ou de mourir, d\u00e9terminant leurs connexions et la nature de leur identit\u00e9 neurochimique. Des manipulations hormonales pr\u00e9coces ont aussi \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es chez d&rsquo;autres esp\u00e8ces, y compris des primates non humains, et ont conduit \u00e0 des r\u00e9sultats similaires, sugg\u00e9rant que le comportement humain d\u00e9pendant du sexe serait le reflet de l&rsquo;impr\u00e9gnation du cerveau par la testost\u00e9rone au cours de la vie pr\u00e9coce.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"601\" height=\"540\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-145.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-443\" srcset=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-145.png 601w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-145-300x270.png 300w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-145-301x270.png 301w\" sizes=\"auto, (max-width: 601px) 100vw, 601px\" \/><figcaption><strong> <\/strong><em><strong>Le sch\u00e9ma ci-dessus r\u00e9sume l\u2019action organisatrice des st\u00e9ro\u00efdes sexuels sur les comportements reproducteurs des rats m\u00e2les et femelles. Le ph\u00e9notype comportemental de type femelle se d\u00e9veloppe spontan\u00e9ment en l\u2019absence de st\u00e9ro\u00efdes alors que la masculinit\u00e9 n\u2019appara\u00eet que sous l\u2019action de la testost\u00e9rone (via son aromatisation en estradiol \u2013E2-). On confirme cela exp\u00e9rimentalement de la mani\u00e8re suivante&nbsp;:<\/strong><\/em><strong><br> <\/strong><em><strong> -masculinisation des femelles en les traitant pendant deux semaines entourant la naissance avec de la testost\u00e9rone ou avec un estrog\u00e8ne&nbsp;;<\/strong><\/em><strong><br> <\/strong><em><strong> -emp\u00eachement de la masculinisation des m\u00e2les par une castration n\u00e9onatale CX) ou par un traitement emp\u00eachant l\u2019action de la testost\u00e9rone et de l\u2019estradiol qui en d\u00e9rive dans le cerveau des embryons.<\/strong><\/em><strong><br> <\/strong><em><strong>On peut ainsi compl\u00e9tement inverser le ph\u00e9notype comportemental m\u00e2le ou femelle de ces animaux \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/strong><\/em><strong> <\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Effets organisateurs de la testost\u00e9rone sur le cerveau<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pendant la vie embryonnaire les st\u00e9ro\u00efdes sexuels diff\u00e9rencient la taille de plusieurs structures du cerveau, dont le noyau sexuellement dysmorphique de l\u2019aire pr\u00e9optique (SDN-POA, une r\u00e9gion basale du cerveau situ\u00e9e \u00e0 l\u2019avant du croisement des nerfs optiques. Ce groupe de cellules est 5 \u00e0 6 fois plus volumineux chez le rat m\u00e2le que chez la femelle et cette diff\u00e9rence r\u00e9sulte de l\u2019action de la testost\u00e9rone pendant la fin de la vie embryonnaire et les premiers jours de vie post-natale. Une fois acquise, la taille du SDN-POA, qui est carcat\u00e9ristique d\u2019un sexe, ne peut plus \u00eatre modifi\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte par les hormones st\u00e9ro\u00efdes. Cette zone de l\u2019aire pr\u00e9optique, cible privil\u00e9gi\u00e9e de la testost\u00e9rone, est pr\u00e9sente chez tous les vert\u00e9br\u00e9s \u00e9tudi\u00e9s ce jour.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Arguments en faveur de l\u2019action hormonale&nbsp; pendant la vie embryonnaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour&nbsp; le Pr. Jacques Balthazart (St\u00e9ro\u00efdes sexuels pr\u00e9nataux et orientation sexuelle. R\u00e9f\u00e9rences en Gyn\u00e9cologie Obst\u00e9trique, Vol.17, N\u00b01. 2018.), il y a deux types d\u2019arguments.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A- L&rsquo;\u00e9tude des caract\u00e9ristiques sexuellement diff\u00e9renci\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est presque impossible, pour des raisons pratiques, de d\u00e9terminer le milieu hormonal \u00e0 laquelle une personne a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e au cours de la vie embryonnaire.&nbsp;<br>\nOn peut cependant recueillir des informations indirectes sur ce milieu par l&rsquo;\u00e9tude chez les adultes de traits ph\u00e9notypiques qui sont connus pour \u00eatre influenc\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re permanente par la testost\u00e9rone embryonnaire. Un grand nombre d&rsquo;\u00e9tudes ont compar\u00e9 ces traits entre populations homo- et h\u00e9t\u00e9rosexuelles et trouv\u00e9 des diff\u00e9rences statistiquement significatives sugg\u00e9rant fortement que les populations homosexuelles avaient \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 des conditions hormonales l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes de la moyenne au cours de leur vie pr\u00e9coce.&nbsp;<br>\n<br>\nCes diff\u00e9rences concernent des traits :<br>\n&nbsp; &nbsp; <strong>1- morphologiques:&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <strong>a-les doigts<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les recherches ont montr\u00e9 que la longueur de l\u2019index est directement influenc\u00e9e par la quantit\u00e9 d\u2019estrog\u00e8nes chez le f\u0153tus humain, tandis que la longueur de l\u2019annulaire serait influenc\u00e9e par la testost\u00e9rone. Outre le niveau d\u2019exposition \u00e0 l\u2019une et l\u2019autre de ces hormones, on a constat\u00e9 que l\u2019annulaire renferme davantage de r\u00e9cepteurs \u00e0 la testost\u00e9rone, ce qui sugg\u00e8re que plus ces r\u00e9cepteurs re\u00e7oivent des concentrations \u00e9lev\u00e9es de testost\u00e9rone, plus ce doigt se d\u00e9veloppe au cours de l\u2019embryogen\u00e8se. La longueur relative de l&rsquo;index (D2) et de l&rsquo;annulaire (D4) (rapport plus petit masculinis\u00e9 chez les lesbiennes par comparaison avec les femmes h\u00e9t\u00e9rosexuelles). Donc la longueur de ces deux doigts serait un indice renseignant sur le degr\u00e9 d\u2019exposition aux hormones sexuelles au stade f\u0153tal, ce qui pourrait expliquer un certain nombre de diff\u00e9rences de comportements.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; <strong>b-Les os des jambes. <\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rant la longueur relative des os longs dans les jambes, les bras et les mains (os plus courts dans les gays et les femmes qui sont attir\u00e9es par les hommes que chez les hommes et les lesbiennes qui sont attir\u00e9s par les femmes), et la taille de plusieurs structures du cerveau, y compris c ) le noyau surprachiasmatique (plus volumineux chez les gays que chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels), d) la commissure ant\u00e9rieure (plus grande chez les gays que chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels) et enfin e) le noyau interstitiel de l&rsquo;hypothalamus ant\u00e9rieur num\u00e9ro 3 (INAH3; 2-3 fois plus volumineux et ayant une densit\u00e9 en neurones plus grande chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels que chez les homosexuels).<br>\n<br>\n&nbsp; &nbsp; <strong>2- physiologiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>a-plusieurs aspects de la physiologie de l&rsquo;oreille interne<\/strong>, en particulier les petits bruits produits par l&rsquo;oreille interne dits \u00e9missions oto-acoustiques (moins fr\u00e9quentes et de plus faible amplitude chez les hommes et les lesbiennes que chez les femmes h\u00e9t\u00e9rosexuelles) ,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>b-la r\u00e9troaction des st\u00e9ro\u00efdes \u0153strog\u00e9niques<\/strong> sur la s\u00e9cr\u00e9tion de l&rsquo;hormone lut\u00e9inisante (r\u00e9troaction positive faible apr\u00e8s injection d&rsquo;une forte dose d&rsquo;\u0153strog\u00e8nes chez les gays, mais pas chez les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels), et&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>c-l&rsquo;activation du cerveau <\/strong>d\u00e9tect\u00e9e par l&rsquo;imagerie en r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) ou la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) en r\u00e9ponse aux odeurs typiques masculines ou f\u00e9minines (r\u00e9action des hommes gays \u00e0 odeurs m\u00e2les contrairement aux hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels et manque de r\u00e9action des lesbiennes \u00e0 des odeurs m\u00e2les contrairement aux femmes h\u00e9t\u00e9rosexuelles).<br>\n<br>\n&nbsp; &nbsp; <strong>3- comportementaux <\/strong>dont le comportement agressif (gays moins agressifs que les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels), les t\u00e2ches visuo-spatiales (gays moins performants que les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels), la fluidit\u00e9 verbale (gays plus fluides que les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels), et la m\u00e9morisation de l&#8217;emplacement des objets (meilleurs r\u00e9sultats chez les gays que les hommes h\u00e9t\u00e9rosexuels).<br>\n<br>\nFait int\u00e9ressant, dans tous ces cas sauf un (le volume du noyau suprachiasmatique), la modification pr\u00e9sente chez les gays ou les lesbiennes les rend plus semblables \u00e0 des sujets h\u00e9t\u00e9rosexuels du sexe oppos\u00e9, ce qui sugg\u00e8re qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 des influences endocriniennes qui \u00e9taient typiques de cet autre sexe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B-L\u2019analyse des cas cliniques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un certain nombre de pathologies humaines sont associ\u00e9es \u00e0 des modifications importantes de l&rsquo;environnement endocrinien embryonnaire.&nbsp;<br>\nDe nombreuses \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que ces changements endocriniens pr\u00e9coces sont associ\u00e9s \u00e0 des changements dans l&rsquo;incidence de l&rsquo;orientation homosexuelle.&nbsp;<br>\nCette conclusion est en particulier bien fond\u00e9e dans trois cas distincts :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; <strong>&nbsp; <\/strong><strong>1-les filles souffrant d&rsquo;hyperplasie cong\u00e9nitale des surr\u00e9nales<\/strong> (CAH) qui sont expos\u00e9es in utero \u00e0 des niveaux anormalement \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;androg\u00e8nes et pr\u00e9sentent une incidence significativement accrue d&rsquo;orientation homosexuelle. &nbsp;La plupart des femmes expos\u00e9es au cours du d\u00e9veloppement pr\u00e9natal \u00e0 des taux de testost\u00e9rone \u00e9lev\u00e9s, , sont h\u00e9t\u00e9rosexuelles ; cependant, d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, elles montrent un int\u00e9r\u00eat r\u00e9duit pour les relations h\u00e9t\u00e9rosexuelles et, au contraire, un int\u00e9r\u00eat accru envers des partenaires de m\u00eame sexe. De plus, ces changements d&rsquo;orientation sexuelle semblent corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 du tableau d\u2019hyperplasie surr\u00e9nalienne sugg\u00e9rant une relation dose-r\u00e9ponse. D&rsquo;autres comportements li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exposition pr\u00e9natale \u00e0 la testost\u00e9rone incluent la notion m\u00eame d&rsquo;identit\u00e9 sexuelle (sens profond du genre m\u00e2le ou femelle) : agression sexuelle ou empathie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes pr\u00e9sentant une&nbsp; hyperplasie cong\u00e9nitale des surr\u00e9nales&nbsp; ont, au niveau des noyaux de l&rsquo;amygdale, un fonctionnement c\u00e9r\u00e9bral de type m\u00e2le devant un visage exprimant une \u00e9motion n\u00e9gative, or cette r\u00e9gion du cerveau est d\u00e9crite comme une zone li\u00e9e au comportement agressif. De plus, on sait, chez d&rsquo;autres mammif\u00e8res, que cette zone contient des r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes et que son d\u00e9veloppement est contr\u00f4l\u00e9 par les androg\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"638\" height=\"647\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-146.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-444\" srcset=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-146.png 638w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-146-296x300.png 296w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-146-266x270.png 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 638px) 100vw, 638px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong> &nbsp; 2- Les filles n\u00e9s de m\u00e8res qui avaient \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es avec du di\u00e9thylstilbestrol <\/strong>(DES) et qui montrent \u00e9galement une augmentation significative des activit\u00e9s bi- ou homo-sexuelles et de fantasmes sexuels non-h\u00e9t\u00e9rosexuels.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp;<strong> 3- Les patients masculins atteints de dystrophie cloacale<\/strong> qui, bien que de sexe g\u00e9n\u00e9tique XY, ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 une vaginoplastie et \u00e9lev\u00e9s comme filles. Dans environ la moiti\u00e9 des cas, ces sujets adoptent \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte une identit\u00e9 masculine et une orientation sexuelle m\u00e2le typique, sugg\u00e9rant \u00e0 nouveau une influence significative de leur exposition embryonnaire aux androg\u00e8nes.<br>\n<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp; &nbsp; <\/strong><strong>4- <\/strong><strong>La preuve majeure du r\u00f4le essentiel de l&rsquo;impr\u00e9gnation androg\u00e9nique pr\u00e9coce sur le comportement humain provient des \u00e9tudes portant sur les jeux des enfants.<\/strong> Par exemple, des fillettes expos\u00e9es \u00e0 des taux androg\u00e9niques \u00e9lev\u00e9s au cours de leur vie intra-ut\u00e9rine en raison de d\u00e9sordres g\u00e9n\u00e9tiques tels que l&rsquo;hyperplasie cong\u00e9nitale surr\u00e9nalienne, ont plus d&rsquo;attirance pour les jouets traditionnels de gar\u00e7on, petites voitures et armes, que pour les poup\u00e9es. Elles sont aussi attir\u00e9es par des activit\u00e9s de gar\u00e7on, et jouent pr\u00e9f\u00e9rentiellement avec eux. Les variations normales de l&rsquo;exposition pr\u00e9natale \u00e0 la testost\u00e9rone peuvent aussi \u00eatre reli\u00e9es au comportement futur de l&rsquo;enfant. Un exemple \u00e9tonnant montre que les m\u00e8res de fillettes tr\u00e8s \u00a0\u00bb f\u00e9minines \u00a0\u00bb pr\u00e9sentent des taux de testost\u00e9rone plus faibles durant la grossesse que celles de filles tr\u00e8s \u00a0\u00bb gar\u00e7ons \u00ab\u00a0. Le taux de testost\u00e9rone du liquide amniotique est aussi un \u00e9l\u00e9ment indicateur du futur comportement de l&rsquo;enfant. Les recherches corr\u00e9lant le choix des jouets par l&rsquo;enfant en fonction de l&rsquo;exposition pr\u00e9natale \u00e0 la testost\u00e9rone remettent en cause la notion selon laquelle l&rsquo;attirance pour les jouets dits \u00a0\u00bb de gar\u00e7on \u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb de fille \u00a0\u00bb d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e9ducation et du contexte social. Il faut souligner que les primates non humains montrent des pr\u00e9f\u00e9rences similaires \u00e0 celles des humains en ce qui concerne les jouets \u00e0 caract\u00e8re sexuellement orient\u00e9, sugg\u00e9rant que les choix pr\u00e9f\u00e9rentiels des filles et des gar\u00e7ons font partie de notre patrimoine ancestral.<br>\nMalgr\u00e9 les limitations \u00e9videntes li\u00e9es \u00e0 ce type d&rsquo;\u00e9tudes, prises ensemble celles ci fournissent un faisceau d&rsquo;arguments indiquant que des influences endocrines pr\u00e9natales fortes sont impliqu\u00e9es dans le contr\u00f4le de l&rsquo;orientation sexuelle humaine.&nbsp;<br>\nUne compr\u00e9hension de ces m\u00e9canismes biologiques devrait conduire \u00e0 une acceptation plus large de l&rsquo;homosexualit\u00e9 dans la population et r\u00e9duire la souffrance des personnes concern\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes de ces perturbations hormonales<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019origine de ces variations de testost\u00e9rone pourraient trouver leur origine dans des \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs touchant la m\u00e8re pendant sa grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>On a ainsi incrimin\u00e9 le stress pr\u00e9natal. On a montr\u00e9 que si l\u2019on stresse des rattes gestantes, la diff\u00e9renciation sexuelle des jeunes m\u00e2les issus de ces m\u00e8res&nbsp; est nettement affect\u00e9e. Ils ont&nbsp; \u00e0 la naissance une distance&nbsp; ano-g\u00e9nitale&nbsp; plus faible que la normale et \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte ils ont des comportements sexuels atypiques. Ils ont donc une absence partielle de masculinisation et de d\u00e9f\u00e9minisation. L\u2019analyse de l\u2019\u00e9tat endocrinien de ces embryons \u00e0 montr\u00e9 que leur concentration de testost\u00e9rone \u00e9tait diminu\u00e9e et qu\u2019en plus l\u2019activit\u00e9 aromatasique (qui transforme la testost\u00e9rone en estradiol), \u00e9tait inhib\u00e9e dans les noyaux leur aire pr\u00e9-optique. Ces noyaux pr\u00e9-optiques semblent en effet \u00eatre impliqu\u00e9s dans le contr\u00f4le de l\u2019orientation sexuelle (Paredes et al., 1998) Consid\u00e9rant ces r\u00e9sultats et ceux de diverses \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques, et consid\u00e9rant que l\u2019homosexualit\u00e9&nbsp; masculine \u00e9tant essentiellement due \u00e0 un d\u00e9faut de masculinisation, certains ont \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se que les hommes homosexuels pouvaient \u00eatre n\u00e9s de m\u00e8res qui avaient \u00e9t\u00e9&nbsp; particuli\u00e8rement stress\u00e9es pendant leur grossesse et tout particuli\u00e8rement au cours du premier trimestre. &nbsp; Toutefois, actuellement, la transposition \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine du r\u00f4le du stress n\u2019est pas encore formellement \u00e9tabli et n\u00e9cessite plus d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p>On a \u00e9galement mis en cause des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques. Une liaison de l\u2019homosexualit\u00e9 masculine avec un marqueur&nbsp; sub-t\u00e9lom\u00e9rique localis\u00e9 sur le bras long du chromosome X dans la r\u00e9gion appel\u00e9e Xq28. Des associaions avec l\u2019homosexualit\u00e9 masculine ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9&nbsp; identifi\u00e9es avec des r\u00e9gions des chromosomes 7. Mais \u00e0 ce jour, aucun g\u00e8ne sp\u00e9cifiquement responsable. On peut penser que plusieurs g\u00e8nes doivent interagir, soit entre eux, soit avec l\u2019influence du milieu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Hormones et cons\u00e9quences psychiatriques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Certains \u00e9tats psychiatriques sont li\u00e9s au sexe, sugg\u00e9rant un r\u00f4le de l&rsquo;exposition pr\u00e9natale aux hormones. Par exemple, on note une pr\u00e9valence des cas de syndrome autistique (SA) et de probl\u00e8mes d&rsquo;apprentissage chez les gar\u00e7ons, tandis que la d\u00e9pression serait plus li\u00e9e au sexe f\u00e9minin. L&rsquo;exposition pr\u00e9natale aux androg\u00e8nes est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 certains traits psychologiques eux-m\u00eames li\u00e9s au SA, tels que l&#8217;empathie. Cependant, les individus expos\u00e9s \u00e0 des taux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;androg\u00e8nes en raison de CAH ne semblent pas pr\u00e9senter un risque accru de SA. Les troubles envahissants du d\u00e9veloppement, tels que le SA, pourraient \u00eatre un domaine o\u00f9 les effets g\u00e9n\u00e9tiques directs li\u00e9s au chromosome X seraient plus importants que les effets des hormones sexuelles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Que reste-t-il du r\u00f4le de l\u2019\u00e9ducation?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les hormones et les chromosomes sexuels ne sont pas les seuls facteurs influen\u00e7ant l&rsquo;apparition de comportements humains li\u00e9s au sexe. Par exemple, les enfants miment le comportement de leurs camarades de m\u00eame sexe et, quand on leur parle de choses de \u00a0\u00bb filles \u00a0\u00bb ou de choses de \u00a0\u00bb gar\u00e7ons \u00ab\u00a0, ils montrent de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les choses dont on leur a dit qu&rsquo;elles concernaient plut\u00f4t leur sexe. Il est surprenant de noter que, dans une certaine mesure, les diff\u00e9rences observ\u00e9es entre sexes et individus pour des jeux ou des comportements d&rsquo;ordre sexuel sont inn\u00e9es.La testost\u00e9rone sculpte le cerveau avant la naissance pour pr\u00e9disposer les individus \u00e0 certains penchants apr\u00e8s la naissance, mais ces penchants peuvent \u00eatre influenc\u00e9s ult\u00e9rieurement par des exp\u00e9riences.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"588\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-147.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-445\" srcset=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-147.png 640w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-147-300x276.png 300w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-147-294x270.png 294w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le sexe g\u00e9n\u00e9tique (XY ou XX) d\u00e9termine le sexe de la gonade qui par ses secr\u00e9tions hormonales d\u00e9termine le sexe ph\u00e9notypique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des perturbations hormonales concernant le niveau de testost\u00e9rone au cours du d\u00e9veloppement embryonnaire sont associ\u00e9es \u00e0 des modifications de l\u2019orientation sexuelle \u00e0 type d\u2019homo ou bi-sexualit\u00e9. Ces modifications si\u00e8gent au niveau de noyaux pr\u00e9-optiques du cerveau ant\u00e9rieur. Toutefois ces modifications ne concernent&nbsp; qu\u2019une fraction des sujets affect\u00e9s (30 \u00e0 40%) et que donc 60 \u00e0 70% au moins de sujets gardent dans ces conditions leur orientation h\u00e9t\u00e9rosexuelle. On peut en conclure que&nbsp; les hormones embryonnaires ne font que pr\u00e9disposer le sujet \u00e0 une orientation particuli\u00e8re et que celle-ci ne se d\u00e9veloppera pleinement&nbsp; qu\u2019en interaction avec des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques&nbsp; et des facteurs li\u00e9s au milieu et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation pendant l\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<p>Balthazart&nbsp; J. St\u00e9ro\u00efdes sexuels pr\u00e9nataux et orientation sexuelle. R\u00e9f\u00e9rences en Gyn\u00e9cologie Obst\u00e9trique, Vol.17, N\u00b01. 2018.<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;Balthazart, J., 2010. On nait homosexuel, on ne choisit pas de l&rsquo;\u00eatre. Editions Mardaga, Wavre, Belgique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>LeVay, S., 2011. Gay, straight, and the reason why. The science of sexual orientation. Oxford University Press, New York.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ngun, T.C., Vilain, E., 2014. The biological basis of human sexual orientation: is there a role for epigenetics? Adv Genet 86, 167-184<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous l&rsquo;influence de th\u00e9ories psychanalytiques freudiennes et postfreudiennes, il est couramment admis que l&rsquo;orientation h\u00e9t\u00e9ro- ou homosexuelle d&rsquo;un individu est essentiellement, voire exclusivement, le r\u00e9sultat d&rsquo;apprentissages et d&rsquo;interactions sociales qui se d\u00e9roulent dans la petite enfance.&nbsp;Ces th\u00e9ories qui n\u2019ont rien de scientifique sont aujourd\u2019hui contredites par de nombreuses \u00e9tudes qui sugg\u00e8rent fortement, voire d\u00e9montrent, que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1317,"menu_order":3,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-441","page","type-page","status-publish","hentry","post"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=441"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2188,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/441\/revisions\/2188"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1317"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}