{"id":1211,"date":"2019-07-04T07:26:31","date_gmt":"2019-07-04T05:26:31","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1211"},"modified":"2019-07-07T10:48:13","modified_gmt":"2019-07-07T08:48:13","slug":"colique-nephretique-et-grossesse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/pathologies-et-grossesse\/colique-nephretique-et-grossesse\/","title":{"rendered":"Colique n\u00e9phr\u00e9tique et grossesse"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>I-Fr\u00e9quence<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La lithiase urinaire est une pathologie fr\u00e9quente touchant 2 \u00e0 3&nbsp;% de la population g\u00e9n\u00e9rale. Son incidence chez la femme enceinte varie de 0,026 \u00e0 0,5&nbsp;% selon les \u00e9tudes. Cette incidence est semblable \u00e0 l\u2019incidence des lithiases urinaires chez les femmes non enceintes en \u00e2ge de procr\u00e9er . C\u2019est toutefois la cause la plus fr\u00e9quente de douleurs non obst\u00e9tricales (sans rapport avec le d\u00e9roulement de la grossesse) chez la femme enceinte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II-Ses causes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>A-La lithise urinaire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans la majorit\u00e9 des cas, la colique n\u00e9phr\u00e9tique est occasionn\u00e9e par une lithiase urinaire. Elle est en outre favoris\u00e9e chez la femme enceinte par une hypercalciurie physiologique. Le calcul bloque l\u2019\u00e9coulement de l\u2019urine provoquant alors une hyperpression douloureuse. Ce type de colique se voit plus volontiers \u00e0 gauche.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>B-Colique n\u00e9phr\u00e9tique gravidique sans lithiase<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La grossesse constitue en elle m\u00eame un facteur pouvant favoriser la colique n\u00e9phr\u00e9tique. Dans ce cas particulier, les calculs ne sont pas mis en cause. Le trouble est en effet induit par le fait que l&rsquo;ut\u00e9rus, en plein d\u00e9veloppement, exerce une pression sur l&rsquo;uret\u00e8re et alt\u00e8re par cons\u00e9quent l&rsquo;\u00e9coulement urinaire. Ce type de colique se situe plus volontiers \u00e0 droite. Autre facteur aggravant : les femmes enceintes s\u00e9cr\u00e8tent davantage d&rsquo;urine. On parle d&rsquo;hyperdiur\u00e8se.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>C-Autres causes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe n\u00e9anmoins d&rsquo;autres causes pouvant expliquer la survenue de coliques n\u00e9phr\u00e9tiques : une inflammation de l&rsquo;uret\u00e8re, une tumeur r\u00e9nale, une tumeur pelvienne, une fibrose.&nbsp; Les tumeurs, les r\u00e9tr\u00e9cissements inflammatoires ou cicatriciels de la voie excr\u00e9trice (apr\u00e8s calcul ou chirurgie) sont d&rsquo;autres causes d&rsquo;obstacle interne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principales causes de compression extrins\u00e8que sont les tumeurs (gyn\u00e9cologiques en particulier), les ligatures chirurgicales accidentelles, et les \u00e9panchements liquidiens abondants (h\u00e9matome par exemple).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>III-Aspects cliniques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une douleur lombaire intense unilat\u00e9rale, droite ou gauche, irradiant vers la fosse iliaque \u00e9voquant d\u2019embl\u00e9e une colique n\u00e9phr\u00e9tique. Survenant brutalement, cette sensation douloureuse survient principalement la nuit ou le matin. Elle se caract\u00e9rise \u00e9galement par des phases aigu\u00ebs entrecoup\u00e9es d&rsquo;accalmies sans disparition totale de la douleur. La douleur est due \u00e0 l&rsquo;augmentation de pression dans les voies urinaires et dans le rein.&nbsp; Il n&rsquo;est pas rare que les patients souffrent de naus\u00e9es et\/ou de vomissements ainsi que d&rsquo;une envie fr\u00e9quente d&rsquo;uriner. Lorsque la colique n\u00e9phr\u00e9tique est occasionn\u00e9e par un calcul, la douleur \u00e9volue au fur et \u00e0 mesure jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le calcul soit \u00e9vacu\u00e9. Les crises peuvent, en effet, irradier jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aine et les organes g\u00e9nitaux.<\/p>\n\n\n\n<p>En cas de colique n\u00e9phr\u00e9tique simple, il n&rsquo;y a pas de fi\u00e8vre. La bandelette urinaire r\u00e9alis\u00e9e de fa\u00e7on syst\u00e9matique peut retrouver une h\u00e9maturie microscopique une fois sur deux) et parfois une leucocyturie). Des signes urinaires sont souvent associ\u00e9s : br\u00fblures en urinant, besoins urgents et fr\u00e9quents, pr\u00e9sence macroscopique de sang dans les urines (souvent lorsqu&rsquo;un calcul est responsable).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IV-Evolution<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans pr\u00e8s de 80&nbsp;% des cas, l&rsquo;obstacle sur les voies urinaires est un calcul le plus souvent de type calcique. Avant d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9 avec l&rsquo;urine, il migre jusqu&rsquo;\u00e0 la vessie et l&rsquo; ur\u00e8tre. La douleur reprend chaque fois que le calcul est coinc\u00e9 au cours de son trajet. Dans 68 &nbsp;% des cas, les calculs de moins de 5 mm sont expuls\u00e9s spontan\u00e9ment dans les urines&nbsp;; cette proportion tombe \u00e0 47&nbsp;% pour des calculs de 5 \u00e0 10 mm.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>V-Diagnostics diff\u00e9renciels<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut \u00e9liminer d&rsquo;autres causes de douleur r\u00e9nale : cancer du rein, kystes du rein (parfois douloureux lorsqu&rsquo;ils sont volumineux). Il faut \u00e9liminer une cause fr\u00e9quente de douleurs lombaires : l&rsquo;arthrose rachidienne. Enfin, il faut \u00e9carter la possibilit\u00e9 d\u2019autres causes douloureuses&nbsp;tr\u00e8s diverses: appendicite, accumulation de mati\u00e8res dans le c\u00f4lon, colique h\u00e9patique, Occlusion, pancr\u00e9atite, Grossesse extra-ut\u00e9rine, kyste ovarien \u00e9ventuellement tordu,&nbsp; h\u00e9matome r\u00e9troplacentaire,&nbsp; HELLP syndrome, rupture d\u2019an\u00e9vrysme, crise dr\u00e9panocytaire, porphyrie, etc. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VI-Complications<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s rarement, la colique n\u00e9phr\u00e9tique est plus grave&nbsp;: c&rsquo;est le cas lorsqu&rsquo;elle est associ\u00e9e \u00e0 de la fi\u00e8vre, signe d&rsquo;une py\u00e9lon\u00e9phrite qui en est la principale complication. La py\u00e9lon\u00e9phrite peut elle-m\u00eame \u00e9voluer vers l&rsquo;abc\u00e8s r\u00e9nal, la septic\u00e9mie, voire le choc septique. La mise en tension du rein si elle \u00e9tait prolong\u00e9e \u00e9volue progressivement vers la destruction r\u00e9nale.<\/p>\n\n\n\n<p>La colique n\u00e9phr\u00e9tique peut avoir des r\u00e9percussions majeures sur le d\u00e9roulement de la grossesse avec des risques d\u2019avortement spontan\u00e9 et d\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9 en fonction du terme de la grossesse .<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VII-Conduite \u00e0 tenir: diagnostic et traitement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e on r\u00e9alise&nbsp;: bandelette urinaire, ECBU et bilan sanguin&nbsp;: NFS, cr\u00e9atinine, ur\u00e9e, calc\u00e9mie,ionogramme.<\/p>\n\n\n\n<p>Monitoring f\u0153tal +\/- \u00e9chographie f\u0153tale et \u00e9ventuellement \u00e9cho du col pour \u00e9valuation du risque d\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9..<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9chographie r\u00e9nale est l\u2019examen diagnostic de r\u00e9f\u00e9rence. Elle montre une dilatation py\u00e9localicielle d\u2019un c\u00f4t\u00e9. L\u2019interpr\u00e9tation de cette \u00e9chographie est n\u00e9anmoins souvent difficile, en particulier du cot\u00e9 Droit, car il existe souvent en cours de grossesse une dilatation physiologique du tractus urinaire. Cette dilatation physiologique, en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Droite, est li\u00e9e \u00e0 la compression m\u00e9canique de l\u2019uret\u00e8re par l\u2019ut\u00e9rus dont la taille augmente avec la progression de la grossesse et aux modifications hormonales (effet de la progest\u00e9rone) qui entra\u00eene un rel\u00e2chement musculaire et diminue le p\u00e9ristaltisme de l\u2019uret\u00e8re.<br>\nElle peut parfois montrer un calcul mais pas toujours et \u00e9limine une \u00e9ventuelle compression extrins\u00e8que. Mais La pr\u00e9sence d\u2019un calcul dans le conduit urinaire n\u2019est retrouv\u00e9 que dans un cas sur 1000 grossesses environ. C\u2019est pourquoi l\u2019existence d\u2019une dilatation du rein droit au cours de la grossesse n\u2019est pas synonyme d\u2019obstacle par un calcul et rend difficile l\u2019\u00e9valuation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un scanner sans injection, une IRM,voire trois clich\u00e9s d\u2019urographie intraveineuse sont possibles mais r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des cas particuli\u00e8rement difficiles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hospitalisation est souvent n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le traitement comprend l&rsquo;arr\u00eat des boissons durant la douleur. D\u00e8s l&rsquo;apaisement de la douleur, il est conseill\u00e9 de boire avec abondance lorsque la cause de la colique n\u00e9phr\u00e9tique est un calcul.<\/p>\n\n\n\n<p>Le traitement antalgique, par voie veineuse,&nbsp; fait appel en premi\u00e8re intention \u00e0&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\t-Les produits \u00e0 base de parac\u00e9tamol injectable type Perfalgan&nbsp; jusqu\u2019\u00e0 4 g\/jour.<\/p>\n\n\n\n<p>\t-Les antispamodiques type Spasfon injectable (phloroglucinol).<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs:<\/p>\n\n\n\n<p>\t-Les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens sont contre-indiqu\u00e9s \u00e0 partir du 6<sup>\u00e8me<\/sup> mois de grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>\t-les anti-inflammatoires st\u00e9ro\u00efdiens comme la Prednisolone (Solupred) ou betamethasone (c\u00e9lest\u00e8ne) ont une efficacit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e mais peuvent \u00eatre utiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps on peut recourir aux antalgiques de palier 2&nbsp; comme l\u2019association parac\u00e9tamol-cod\u00e9ine ou le Topalgic ou le Nubain (nalbuphine&nbsp;: La posologie habituelle est de 10 \u00e0 20 mg par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutan\u00e9e, pouvant \u00eatre renouvel\u00e9e toutes les 3 \u00e0 6 heures, selon les besoins, sans d\u00e9passer 160 mg\/jour). . Les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens peuvent \u00eatre discut\u00e9s mais sans d\u00e9passer 48 heures de traitement. Enfin, l\u2019utilisation de la morphine (palier 3) est possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les cas les plus s\u00e9v\u00e8res, il est parfois indiqu\u00e9 de d\u00e9river les urines par la mise en place d\u2019une sonde ur\u00e9t\u00e9rale dite double J qui permettra \u00e0 l\u2019urine de contourner l\u2019obstacle, d\u00e9chargera le rein et \u00e9vitera le risque de septic\u00e9mie. Un avis urologique est alors sollicit\u00e9 pour d\u00e9cider d\u2019avoir recours \u00e0 cette d\u00e9rivation qui doit parfois \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en urgence. Combin\u00e9e au traitement antalgique et \u00e9ventuellement antibiotique, elle permettra d\u2019attendre l\u2019accouchement pour secondairement faire les explorations n\u00e9cessaires pour visualiser le calcul et proc\u00e9der \u00e0 son extraction \u00e9ventuelle.<br>\n<br>\nL\u2019association d\u2019une crise de colique n\u00e9phr\u00e9tique avec de la fi\u00e8vre fait \u00e9voquer une py\u00e9lon\u00e9phrite et impose la mise en route d\u2019une antibioth\u00e9rapie apr\u00e8s avoir pr\u00e9lev\u00e9 un ECBU. Les antibiotiques autoris\u00e9s sont alors le plus souvent une c\u00e9phalosporine de 3\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, remplac\u00e9e par les p\u00e9nicillines, furanes ou macrolides en cas d\u2019allergie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VIII-Pr\u00e9vention<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour&nbsp; pr\u00e9venir la formation de calcul urinaire on conseille une \u00e9limination urinaire importante&nbsp;: boire 2 litres d&rsquo;eau par jour, voire plus s&rsquo;il fait chaud ou en cas de sport sport&nbsp;; boire&nbsp; r\u00e9guli\u00e8rement, y compris au coucher et la nuit (en cas de r\u00e9veil);&nbsp; adapter l\u2019alimentation et la nature des boissons en cas de calculs connus et selon leur nature.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I-Fr\u00e9quence La lithiase urinaire est une pathologie fr\u00e9quente touchant 2 \u00e0 3&nbsp;% de la population g\u00e9n\u00e9rale. 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