{"id":1146,"date":"2019-07-04T06:46:58","date_gmt":"2019-07-04T04:46:58","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1146"},"modified":"2020-01-11T16:22:50","modified_gmt":"2020-01-11T15:22:50","slug":"rupture-prematuree-des-membranes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/grossesses-pathologiques\/rupture-prematuree-des-membranes\/","title":{"rendered":"Rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">On parle de rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes pour toute rupture survenantavant le d\u00e9but du travail. Cela concerne 5 \u00e0 10 % des grossesses. Dans les conditions physiologiques, les membranes de l\u2019\u0153uf (chorion et amnios) se rompent spontan\u00e9ment au cours du travail \u00e0 dilatation compl\u00e8te : c\u2019est la rupture tempestive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La rupture est dite pr\u00e9coce lorsqu\u2019elle survient au cours du travail avant la dilatation compl\u00e8te. Elle est dite pr\u00e9matur\u00e9e lorsqu\u2019elle se rompt avant le d\u00e9but du travail. L\u2019\u0153uf \u00e9tant ouvert, il est d\u2019autant plus expos\u00e9 \u00e0 l\u2019infection que le travail tarde \u00e0 se mettre en route.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de d\u00e9lai entre la rupture et le d\u00e9but de travail est donc tr\u00e8s importante, et beaucoup d\u2019auteurs n\u2019appellent rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes que les ruptures survenant plusieurs heures avant le d\u00e9but du travail, cette dur\u00e9e pouvant varier de 2 \u00e0 24 heures selon les d\u00e9finitions adopt\u00e9es. Au-del\u00e0 de 24 heures, on parle volontiers de rupture prolong\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La conduite \u00e0 tenir diff\u00e8re donc selon l&rsquo;\u00e2ge auquel survient la rupture, et il faut distinguer les ruptures pr\u00e9matur\u00e9es \u00e0 terme (&gt;\/= 37 SA) et celles&nbsp; avant terme (&lt;\/=&nbsp;36 SA) . Ce sont ces derni\u00e8res qui posent, surtout avant 35 semaines, les v\u00e9ritables probl\u00e8mes de pr\u00e9- maturit\u00e9 et d\u2019infection. Avant 25 SA, elles exposent en plus \u00e0 une hypoplasie pulmonaire du fait de la diminution du liquide amniotique dans l\u2019arbre trach\u00e9o-bronchique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>I-<\/strong><strong>Rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes avant terme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp; &nbsp; A-<\/strong><strong>Les causes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Deux ph\u00e9nom\u00e8nes doivent n\u00e9cessairement s\u2019associer pour provoquer la rupture : d\u2019une part, une anomalie localis\u00e9e de la structure membranaire; d\u2019autre part, une augmentation du tonus ut\u00e9rin qui fait c\u00e9der les membranes \u00e0 un endroit o\u00f9 elles pr\u00e9sentent une fragilisation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rentes causes sont rapport\u00e9es dans le tableau suivant mais le m\u00e9canisme pr\u00e9cis est encore inconnu. La composante \u00e9lastique repose sur la trame du r\u00e9seau de collag\u00e8ne, qui peut \u00eatre alt\u00e9r\u00e9e par l\u2019infection. Mais l\u2019infection ne saurait \u00eatre reconnue comme facteur causal unique .<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"675\" height=\"309\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-438.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1792\" srcset=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-438.png 675w, https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-438-300x137.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp;B- Les cons\u00e9quences de la rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le pronostic pour l&rsquo;enfant d\u00e9pend&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; de l&rsquo;\u00e2ge gestationnel \u00e0 la rupture ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; de l&rsquo;existence ou non d&rsquo;un oligo-anamnios (plus grande citerne &lt; 2 cm) ;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; de l&rsquo;existence ou non d&rsquo;une chorio-amniotite.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <strong>1-La mise en route du travail<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s rupture pr\u00e9matur\u00e9e \u00e0 terme avant travail, la moiti\u00e9 des patientes accouchent dans les 5 heures et 95 % dans les 28 heures, m\u00eame avec des col peu favorables au d\u00e9but. Cel vient confirmer le r\u00f4le essentiel de la rupture artificiel dans le d\u00e9clenchement du travail \u00e0 terme mais cela est une autre histoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes avant terme, la dur\u00e9e moyenne de latence avant les naissances varie de 10 \u00e0 21 jours. 57% des femmes auront accouch\u00e9 dans la semaine et 22 % dans le mois qui suit la rupture. Durant la p\u00e9riode de surveillance, 3 \u00e0 13 % des patientes voient la perte de liquide s\u2019arr\u00eater et le volume du liquide revenir \u00e0 la normale.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; <strong>&nbsp; 2-L\u2019infection<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle est souvent la cause de la rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes, et parfois la cons\u00e9quence. Il est classique de dire que l\u2019infection pr\u00e9c\u00e8de la rupture et nous avons vu par quels m\u00e9canismes. Cela explique que le liquide amniotique puisse \u00eatre tr\u00e8s rapidement contamin\u00e9 par des germes d\u2019origine vaginale (25 % de culture positive \u00e0 6 heures de rupture, 50 % apr\u00e8s 20 heures).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; a-L\u2019infection foetale<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se propage par voie funiculaire, transcutan\u00e9e et transmuqueuse, p\u00e9n\u00e9trant dans le f\u0153tus par le tube digestif, les voies respiratoires, les fosses nasales et le canal auriculaire. La bact\u00e9riologie positive du liquide gastrique et du sang du nouveau-n\u00e9 augmente avec le temps de latence de la rupture. Cette agression microbienne peut \u00eatre responsable de pneumonie, d\u2019otite, de m\u00e9ningite, d\u2019infection cutan\u00e9e et de septic\u00e9mie pour le f\u0153tus. Le but des examens est de rechercher une infection subclinique, mais on ignore si elle a un meilleur pronostic que la chorioamniotite av\u00e9r\u00e9e et si, \u00e0 l\u2019inverse, elle justifie un d\u00e9clenchement ou au moins une antibioth\u00e9rapie orient\u00e9e. L\u2019orientation des recherches est triple : biologique, bact\u00e9- riologique et \u00e9chographique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; b-L\u2019infection maternelle<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019infection amniotique qui provoque une atteinte de la caduque et une endom\u00e9trite. Ce foyer septique est un point de d\u00e9part possible de sep- tic\u00e9mie ; apr\u00e8s 24 heures de rupture, 20 % des m\u00e8res devien- nent f\u00e9briles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong> 3-La pr\u00e9maturit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9maturit\u00e9 est la complication majeure de la rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes, car la rupture induit souvent le travail. Ce sont les plus jeunes grossesses qui attendent le plus. Le fait que la rupture acc\u00e9l\u00e8re la maturit\u00e9 pulmonaire f\u0153tale et qu\u2019il y ait moins de membranes hyalines si le d\u00e9lai entre rupture et d\u00e9but du travail d\u00e9passe 24 heures est discut\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong> 4-La procidence du cordon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La fr\u00e9quence de l\u2019association procidence du cordon-rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes varie de 0,3 \u00e0 1,7 % selon les auteurs. On doit donc toujours avoir cette complication pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019esprit de fa\u00e7on \u00e0 en faire le diagnostic pr\u00e9cocement et \u00e0 mettre en route le traitement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <strong>5-La pr\u00e9sentation du si\u00e8ge<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation du si\u00e8ge n\u2019est pas la cause de la rupture, mais du fait du jeune \u00e2ge de ces grossesses certains foetus sont&nbsp; \u00absurpris\u00bb alors qu\u2019ils sont encore en position de si\u00e8ge. Elle est donc fr\u00e9quente du fait de la pr\u00e9maturit\u00e9. La rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes assombrit l\u00e9g\u00e8rement le pronostic.<br>\nEn de\u00e7\u00e0 de 26 SA, l\u2019accouchement par voie basse sera privil\u00e9gi\u00e9 car le pronostic est principalement li\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9maturit\u00e9. Entre 26 et 32 SA, une c\u00e9sarienne est pr\u00e9f\u00e9rable afin d\u2019\u00e9viter la r\u00e9tention de t\u00eate derni\u00e8re. Au-del\u00e0 de 32 SA ou d\u2019un poids f\u0153tal sup\u00e9rieur \u00e0 1 500 g, l\u2019attitude sera la m\u00eame que pour un si\u00e8ge \u00e0 terme et sera une question d\u2019\u00e9cole..&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 6-L\u2019oligoamnios prolong\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>On parle d\u2019oligo-amnios lorque la plus grande citerne est&lt;2cm. Le probl\u00e8me se pose pour des ruptures tr\u00e8s pr\u00e9coces. L&rsquo;existence d&rsquo;un oligoamnios est de mauvais pronostic en cas de rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes de moins de 28&nbsp;SA. Entre 20et 25 semaines l&rsquo;existence d&rsquo;un oligoamnios est associ\u00e9e significativement \u00e0 une augmentation de la mortalit\u00e9 n\u00e9onatale de l\u2019ordre de 85%. les autres complications sont: d\u00e9formations des extr\u00e9mit\u00e9s, surtout des pieds, de d\u00e9formations articulaires, \u2019arthrogrypose, craniost\u00e9nose, voire un v\u00e9ritable syndrome de Potter. Le risque majeur est cependant l\u2019insuffisance du d\u00e9veloppement du thorax avec hypoplasie pulmonaire, d\u2019autant plus grave que la rupture est pr\u00e9coce (avant 26 semaines), prolong\u00e9e (plus de 5 semaines) et l\u2019oligoamnios tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re, sans \u00eatre pour autant une complication obligatoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp;C-Le diagnostic de rupture<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans le cas particulier des RPM avant 24 SA, une interruption m\u00e9dicale de grossesse ne devrait pas \u00eatre envisag\u00e9e en l&rsquo;absence d&rsquo;anamnios ou de chorio-amniotite. Dans tous les cas, la rencontre des p\u00e9diatres avec les parents en p\u00e9riode ant\u00e9natale doit permettre de les int\u00e9grer dans les d\u00e9cisions.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans 90 % des cas, le diagnostic est \u00e9vident et repose uniquement sur l&rsquo;interrogatoire et l&rsquo;examen au sp\u00e9culum. En cas de doute, on peut faire appel \u00e0 diff\u00e9rents test:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -le test \u00e0 la nitrazine recherche une \u00e9l\u00e9vation du pH endocervical ou vaginal par simple r\u00e9action colorim\u00e9trique. Le pH endocervical est normalement acide&nbsp; et devient alcalin en pr\u00e9sence de liquide amniotique. Ce test a une excellente sensibilit\u00e9 pour la majorit\u00e9 des auteurs; comprise entre 90 et 97,5&nbsp;%. Un test n\u00e9gatif \u00e9limine pratiquement la possibilit\u00e9 d&rsquo;une RPM. Enfin, ce test a un taux de faux positifs \u00e9lev\u00e9 (de l&rsquo;ordre de 20&nbsp;% pour la majorit\u00e9 des \u00e9tudes) et entra\u00eene de ce fait des hospitalisations abusives pour RPM . En effet, la r\u00e9action colorim\u00e9trique peut appara\u00eetre en pr\u00e9sence d&rsquo;eau, de mucus cervical, de sang et de sperme.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -Le test \u00e0 la Diamine oxydase. La diamine oxydase est une enzyme secr\u00e9t\u00e9e par le placenta&nbsp;; elle est pr\u00e9sente dans le liquide amniotique et le sang maternel d\u00e8s 20&nbsp;SA et ce jusqu&rsquo;\u00e0 terme. Le test consiste \u00e0 appliquer un papier buvard dans le vagin sans aucune d\u00e9sinfection vulvo-vaginale pr\u00e9alable et en \u00e9vitant tout contact avec le col ut\u00e9rin (saignements entra\u00eenant des faux positifs).&nbsp; N\u00e9anmoins, son utilisation en routine fait appel \u00e0 la disponibilit\u00e9 d&rsquo;un laboratoire pour effectuer le dosage radio isotopique ce qui retarde consid\u00e9rablement le diagnostic. Enfin, si ce test est tr\u00e8s sp\u00e9cifique (faux positifs compris entre 0 et 5&nbsp;%), sa sensibilit\u00e9 est moindre avec un taux de faux n\u00e9gatifs compris entre 10 et 17&nbsp;%. Le risque, dans ce cas, \u00e9tant de m\u00e9conna\u00eetre une v\u00e9ritable rupture des membranes. Ce test n\u2019est plus tout \u00e0 fait d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -La fibronectine. La fibronectine f\u0153tale est une prot\u00e9ine de la matrice extracellulaire situ\u00e9e au niveau des points d&rsquo;ancrage du placenta et des membranes. Elle ne doit pas \u00eatre retrouv\u00e9e au niveau des secr\u00e9tions cervico-vaginales entre 25 et 37&nbsp;SA . Il s\u2019agit d\u2019un test plut\u00f4t utilis\u00e9 pour \u00e9valuer le risque d\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -L&rsquo;IGFBP-1 (Insulin Growth Factor Binding Protein de type&nbsp;1) est pr\u00e9sente \u00e0 des taux \u00e9lev\u00e9s dans le liquide amniotique pendant toute la gestation (10-350&nbsp;mg\/l). Par ailleurs, sa concentration intra-amniotique est de 100 \u00e0 1&nbsp;000&nbsp;fois plus \u00e9lev\u00e9e que dans le s\u00e9rum maternel (0,063 \u00e0 0,6&nbsp;mg\/l). Enfin, elle n&rsquo;est d\u00e9tect\u00e9e ni dans les urines ni dans le sperme. Ainsi, ce marqueur pr\u00e9sente une excellente sp\u00e9cificit\u00e9 avec une VPP sup\u00e9rieure \u00e0 95&nbsp;% dans l&rsquo;ensemble des \u00e9tudes, un test positif confirmant une RPM dans la plupart des cas. Sa sensibilit\u00e9 est \u00e9galement bonne, comprise entre 95 et 100&nbsp;% lorsque la valeur seuil choisie est de 25&nbsp;\u00b5g\/l au moins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -L\u2019\u00e9chographie permet d\u2019appr\u00e9cier la quantit\u00e9 de liquide amniotique res- tant, tout en sachant qu\u2019il existe d\u2019autres causes d\u2019oligoamnios que la rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes. Elle a l\u2019avantage de l\u2019innocuit\u00e9 mais un examen normal n\u2019\u00e9limine pas la rupture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -Le toucher vaginal augmente le risque infectieux et r\u00e9duit l&rsquo;intervalle rupture-accouchement. Il devrait donc \u00eatre \u00e9vit\u00e9 dans tous les cas o\u00f9 la patiente ne pr\u00e9sente pas de signes de d\u00e9but de travail.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong> D-Prise en charge \u00e0 l&rsquo;admission<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les investigations initiales comportent la recherche de signes cliniques de chorio-amniotite, un examen cardio-tocographique foetal, un pr\u00e9l\u00e8vement vaginal \u00e0 vis\u00e9e bact\u00e9riologique, un pr\u00e9l\u00e8vement sanguin maternel pour num\u00e9ration formule sanguine (NFS), dosage de la prot\u00e9ine C r\u00e9active (CRP) et bilan pr\u00e9op\u00e9ratoire, une \u00e9chographie en cas de doute sur la pr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;existe pas de marqueur id\u00e9al de l&rsquo;infection, y compris par amniocent\u00e8se (NP3). Celle-ci n&rsquo;a donc aucune indication en dehors d&rsquo;un protocole de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;existe pas de donn\u00e9es pour recommander la pratique de l&rsquo;amnio-infusion trans-abdominale ou trans-cervicale dans le but de r\u00e9duire le risque d&rsquo;infection ou d&rsquo;hypoplasie pulmonaire. L&rsquo;utilisation de colle ou de \u00ab\u00a0blood-patch\u00a0\u00bb ne doit pas \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en dehors d&rsquo;un protocole de recherche. En cas de RPM chez une patiente cercl\u00e9e, le peu de donn\u00e9es est en faveur d&rsquo;un d\u00e9cerclage (le fil de cerclage peut \u00eatre envoy\u00e9 pour examen bact\u00e9riologique).<\/p>\n\n\n\n<p>Avant 34 SA, le traitement initial doit comporter :<\/p>\n\n\n\n<p>une antibioth\u00e9rapie de courte dur\u00e9e, syst\u00e9matique et imm\u00e9diate, qui diminue la morbidit\u00e9 infectieuse maternelle et n\u00e9onatale, et prolonge la grossesse;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; une corticoth\u00e9rapie syst\u00e9matique et imm\u00e9diate \u00e0 partir de la viabilit\u00e9;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; une tocolyse, en faveur de laquelle il existe des arguments, en cas d&rsquo;activit\u00e9 ut\u00e9rine jusqu&rsquo;\u00e0 32 SA, voire pour certains jusqu&rsquo;\u00e0 34 SA, qui prolonge la grossesse le temps de permettre l&rsquo;efficacit\u00e9 de la corticoth\u00e9rapie;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; un \u00e9ventuel transfert in utero, selon l&rsquo;\u00e2ge gestationnel, si l&rsquo;accouchement n&rsquo;est pas imminent.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 34 et 36 SA, deux attitudes sont possibles sans que l&rsquo;on puisse trancher en faveur de l&rsquo;une ou de l&rsquo;autre: d\u00e9clenchement syst\u00e9matique ou bien expectative avec antibioth\u00e9rapie prophylactique.<\/p>\n\n\n\n<p>Au del\u00e0 de la p\u00e9riode initiale, l&rsquo;hospitalisation initiale des patientes pr\u00e9sentant une RPM avant 37 SA est justifi\u00e9e par le fait que plus de la moiti\u00e9 des patientes vont accoucher dans la semaine qui suit la rupture. Pour une petite proportion de patientes stables et sans crit\u00e8res de mauvais pronostic, une hospitalisation \u00e0 domicile pourrait \u00eatre propos\u00e9e dans le but de r\u00e9duire les co\u00fbts de prise en charge. Il n&rsquo;existe pas de donn\u00e9es justifiant le repos strict au lit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les recommandations concernant la surveillance s&rsquo;appuient sur les pratiques plut\u00f4t que sur des \u00e9tudes cliniques. Il est propos\u00e9 de surveiller :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &#8211; quotidiennement : la temp\u00e9rature et le pouls maternels, les mouvements actifs foetaux et le rythme cardiaque foetal ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &#8211; une \u00e0 deux fois par semaine: la NFS, la CRP, l&rsquo;examen bact\u00e9riologique d&rsquo;un nouveau pr\u00e9l\u00e8vement vaginal.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour de la naissance, le risque d&rsquo;infection de l&rsquo;espace p\u00e9ridural semble bien inf\u00e9rieur aux risques que fait courir l&rsquo;absence d&rsquo;analg\u00e9sie p\u00e9ridurale chez ces femmes \u00e0 haut risque de c\u00e9sarienne ou de manoeuvres obst\u00e9tricales. Il n&rsquo;y a aucune donn\u00e9e pour contre-indiquer la r\u00e9alisation d&rsquo;une analg\u00e9sie p\u00e9ridurale sur la notion d&rsquo;une RPM.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la patiente accouche avant 37 SA, l&rsquo;administration d&rsquo;antibiotiques pendant le travail r\u00e9duit le risque d&rsquo;infection maternelle et foetale.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la transmission aux p\u00e9diatres des donn\u00e9es pr\u00e9natales &#8211; en particulier bact\u00e9riologiques &#8211; est indispensable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II-<\/strong><strong>Rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes \u00e0 terme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il existe un b\u00e9n\u00e9fice au d\u00e9clenchement syst\u00e9matique du travail par rapport \u00e0 une attitude expectative sous antibiotiques: moindre morbidit\u00e9 maternelle, moindre morbidit\u00e9 n\u00e9onatale et plus grande satisfaction des patientes. Le d\u00e9lai entre la RPM et le d\u00e9clenchement ne devrait pas exc\u00e9der 48 heures. Concernant la technique de d\u00e9clenchement nous utilisons l\u2019adjonction d\u2019ocytocine m\u00eame sur col d\u00e9favorable qui nous par\u00eet tr\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 l\u2019utilisation des prostaglandines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9p\u00e9tons que la pratique du toucher vaginal avant l&rsquo;entr\u00e9e en travail spontan\u00e9 ou avant la d\u00e9cision de d\u00e9clenchement doit \u00eatre limit\u00e9e au minimum.<\/p>\n\n\n\n<p>En cas de d\u00e9clenchement imm\u00e9diat, une antibioth\u00e9rapie syst\u00e9matique ne semble pas justifi\u00e9e, l&rsquo;intervention pouvant \u00e0 elle seule \u00e9viter le risque infectieux. Si l&rsquo;accouchement est diff\u00e9r\u00e9, l&rsquo;antibioth\u00e9rapie syst\u00e9matique diminue les infections maternelles et n\u00e9onatales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On parle de rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes pour toute rupture survenantavant le d\u00e9but du travail. 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Dans les conditions physiologiques, les membranes de l\u2019\u0153uf (chorion et amnios) se rompent spontan\u00e9ment au cours du travail \u00e0 dilatation compl\u00e8te : c\u2019est la rupture tempestive.&nbsp; La rupture est dite pr\u00e9coce lorsqu\u2019elle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1124,"menu_order":5,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-1146","page","type-page","status-publish","hentry","post"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1146","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1146"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1146\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2599,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1146\/revisions\/2599"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1146"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}