{"id":1131,"date":"2019-07-04T06:34:28","date_gmt":"2019-07-04T04:34:28","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1131"},"modified":"2019-08-02T10:55:34","modified_gmt":"2019-08-02T08:55:34","slug":"la-grossesse-extra-uterine","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/grossesses-pathologiques\/la-grossesse-extra-uterine\/","title":{"rendered":"La grossesse extra-ut\u00e9rine"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">La grossesse extra-ut\u00e9rine (GEU) se d\u00e9finit comme la nidation de l\u2019\u0153uf hors de la cavit\u00e9 ut\u00e9rine.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic et le traitement des grossesses extra-ut\u00e9rines ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es d\u2019importants progr\u00e8s autorisant une d\u00e9couverte de plus en plus pr\u00e9coce et la r\u00e9alisation d\u2019actes chirurgicaux plus conservateurs et beaucoup moins invasifs. Encore plus r\u00e9cemment sont apparus des possibilit\u00e9s, dans certains cas, de traitement m\u00e9dical sans chirurgie. Le risque de r\u00e9cidive et de st\u00e9rilit\u00e9 ult\u00e9rieure reste cependant important et surtout, fait trop souvent oubli\u00e9, la grossesse extra-ut\u00e9rine reste la premi\u00e8re cause de d\u00e9c\u00e8s maternels lors du premier trimestre de la grossesse.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fr\u00e9quence<\/h2>\n\n\n\n<p>Ph\u00e9nom\u00e8ne mondial, l\u2019incidence de la GEU augmente r\u00e9guli\u00e8rement. Elle a \u00e9t\u00e9 en France estim\u00e9e \u00e0 une pour 76 naissances en 1981 (enqu\u00eate du Coll\u00e8ge National des Gyn\u00e9cologues Obst\u00e9triciens fran\u00e7ais).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Facteurs favorisants<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La grossesse ectopique peut \u00eatre le r\u00e9sultat :\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 d\u2019un ralentissement de la migration ovulaire, soit par trouble de la motricit\u00e9 tubaire soit par anomalie de l\u2019endoth\u00e9lium\u00a0 tubaire;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 d\u2019un retard d\u2019ovulation avec insuffisance du corps jaune et reflux menstruel ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 ou d\u2019une association des deux.<\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet certains facteurs favorisants :<\/p>\n\n\n\n<p>-les ant\u00e9c\u00e9dents d\u2019infection ut\u00e9ro-annexielle. L\u2019accroissement du nombre des GEU est vraisemblablement parall\u00e8le \u00e0 celui des maladies sexuellement transmissibles ;<\/p>\n\n\n\n<p>-certains traitements hormonaux tels qu\u2019\u0153strog\u00e8nes, progestatifs et inducteurs de l\u2019ovulation agissent selon des m\u00e9canismes non univoques ;\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; les ant\u00e9c\u00e9dents de chirurgie tubaire ;\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>-la f\u00e9condation in vitro: 5% des grossesses obtenues apr\u00e8s FIV sont extra-ut\u00e9rines;<\/p>\n\n\n\n<p>-les anomalies cong\u00e9nitales de l\u2019appareil tubaire ;<\/p>\n\n\n\n<p>-l\u2019endom\u00e9triose ne serait que rarement en cause ;<\/p>\n\n\n\n<p>-reste la contraception par dispositif intra-ut\u00e9rin. Il semble que la pr\u00e9sence d\u2019un st\u00e9rilet, m\u00eame \u00e0 la progest\u00e9rone, ne favorise pas la survenue d\u2019une grossesse ectopique. Il ne l\u2019emp\u00eache par contre pas (contrairement aux \u0153stroprogestatifs) et si une femme ayant un st\u00e9rilet a un risque de grossesse de 0,5 \u00e0 1 %, en cas de grossesse le risque qu\u2019elle soit extra-ut\u00e9rine est de 15 %.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Localisations des implantations ectopiques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les grossesses tubaires sont les plus fr\u00e9quentes mais il existe aussi des grossesses ovariennes, cervicales, abdominales, dans une corne ut\u00e9rine, dans le ligament large, voire des implantations multiples&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-405.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1756\" width=\"493\" height=\"373\"\/><figcaption>Grossesse isthmique non rompue<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-406.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1757\" width=\"493\" height=\"371\"\/><figcaption>Grossesse tubaire non rompue<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Modes \u00e9volutifs<\/h2>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019il semble que quelques GEU puissent pr\u00e9cocement s\u2019interrompre et gu\u00e9rir spontan\u00e9ment, le plus souvent deux types d\u2019\u00e9volution sont possibles : l\u2019avortement tubaire et la rupture tubaire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avortement tubaire repr\u00e9sente l\u2019issue la plus fr\u00e9quente des grossesses ampullaires et infundibulaires. L\u2019\u0153uf est expuls\u00e9 par le pavillon dans la cavit\u00e9 abdominale. Le sang accumul\u00e9 dans la trompe peut constituer une h\u00e9matosalpinx.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si les caillots entourent la trompe, on parle d\u2019h\u00e9matoc\u00e8le p\u00e9ritubaire; s\u2019ils se collectent dans le cul de sac de Douglas, on parle d\u2019h\u00e9matoc\u00e8le r\u00e9tro-ut\u00e9rine.<\/p>\n\n\n\n<p>La rupture de la trompe peut \u00eatre redoutable. Elle complique le plus souvent les grossesses interstitielles et isthmiques. Elle peut se produire dans l\u2019abdomen et \u00eatre responsable d\u2019une h\u00e9morragie souvent massive, mais aussi dans le ligament large. Une h\u00e9matoc\u00e8le p\u00e9ritubaire peut \u00e9galement se constituer.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grossesse abdominale secondaire peut arriver de mani\u00e8re exceptionnelle apr\u00e8s l\u2019expulsion du f\u0153tus dans l\u2019abdomen, alors que ce dernier continue d\u2019\u00e9voluer.\u00a0 Il n\u2019est pas impossible qu\u2019une telle grossesse parvienne \u00e0 maturit\u00e9. Dans un tel cas, en l\u2019absence d\u2019extraction chirurgicale par voie abdominale le f\u0153tus meurt et peut ensuite se calcifier constituant un lithop\u00e9dion.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les aspects cliniques<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp; &nbsp; A-La forme la plus fr\u00e9quente est aujourd&rsquo;hui repr\u00e9sent\u00e9e par les accidents h\u00e9morragiques subaigus<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans la forme typique compl\u00e8te, les m\u00e9trorragies sont habituellement pr\u00e9coces pouvant masquer le retard de r\u00e8gles. Elles sont abondantes intermittentes, volontiers noir\u00e2tres bien que parfois rouges avec des caillots. Il y a des\u00a0 douleurs pelviennes. Parfois apparaissent des troubles g\u00e9n\u00e9raux:\u00a0 vertiges, lipothymies, tachycardie, l\u00e9g\u00e8re hypotension. L\u2019examen clinique retrouve essentiellement une vive douleur lors de la pression sur le cul de sac de Douglas, parfois lat\u00e9ralis\u00e9e\u00a0(la r\u00e9action de la patiente constitue ce que l&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0le cri du Douglas\u00a0\u00bb. La formule sanguine peut montrer une an\u00e9mie avec une leucocyte mod\u00e9r\u00e9e d\u00e9passant rarement 15 000 \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne infectieux collect\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dosage des b\u00eata-hCG plasmatiques doit \u00eatre un v\u00e9ritable r\u00e9flexe devant tout signe clinique susceptible d\u2019\u00e9voquer une grossesse ectopique.\u00a0 Un simple test de grossesse positif n\u2019est que de peu d\u2019int\u00earet et un dosage des b\u00eata-hCG est absolument n\u00e9cessaire.\u00a0 L\u2019\u00e9chographie doit \u00eatre syst\u00e9matiquement pratiqu\u00e9e devant la notion d\u2019une grossesse accompagn\u00e9e (ou non) de signes anormaux. Elle doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par voie endovaginale car l\u2019\u00e9chographie transabdominale n\u2019est qu\u2019exceptionnellement capable de d\u00e9tecter un sac ovulaire extra-ut\u00e9rin et ne peut qu\u2019apporter des signes indirects de suspicion sous la forme d\u2019une masse lat\u00e9ro-ut\u00e9rine impr\u00e9cise, d\u2019un \u00e9panchement liquidien dans le cul de sac de Douglas et de l\u2019absence de sac gestationnel intra-ut\u00e9rin alors que les b\u00eata-hCG sont positifs.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9chographie endovaginale permet g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019affirmer la vacuit\u00e9 ut\u00e9rine qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme anormale \u00e0 partir d\u2019un taux d\u2019hCG sup\u00e9rieur \u00e0 1\u00a0000 UI. De plus, elle permet assez souvent de visualiser directement la grossesse tubaire sous la forme d\u2019un sac trophoblastique situ\u00e9 en dehors de l\u2019ut\u00e9rus, contenant ou non une structure embryonnaire, voire une activit\u00e9 cardiaque. Un pi\u00e8ge diagnostique classique faussement rassurant peut \u00eatre la d\u00e9tection en position intra-ut\u00e9rine d\u2019un \u00abpseudo-sac\u00bb gestationnel artificiellement cr\u00e9e par l\u2019\u00e9paississement de la caduque. Inversement une image de corps jaune peut parfaitement simuler un sac trophoblastique intra-tubaire, bien que th\u00e9oriquement le corps jaune doit para\u00eetre solidaire du reste de l&rsquo;ovaire. Enfin, la vacuit\u00e9 de la cavit\u00e9 ut\u00e9rine peut correspondre \u00e0 une fausse couche spontan\u00e9e dont l\u2019expulsion compl\u00e8te a eu lieu. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9ritable progr\u00e8s diagnostique est repr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019\u00e9tude de l\u2019association b\u00eata-hCG et \u00e9chographie. Ces deux examens doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme les deux parties d\u2019un m\u00eame examen dont la lecture et l\u2019interpr\u00e9tation doivent \u00eatre globales et compar\u00e9es \u00e0 la clinique. Les \u00e9l\u00e9ments qui doivent faire fortement \u00e9voquer le diagnostic sont en effet :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0 \u00a0 -l\u2019association d\u2019un ut\u00e9rus vide d\u2019\u00e9cho avec un taux de b\u00eata-hCG sup\u00e9rieur \u00e0 1\u00a0000 UI ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0 \u00a0 -par contre un taux de b\u00eata-hCG faible, inf\u00e9rieur \u00e0 1 000 UI ne permet pas de faire la diff\u00e9rence avec une fausse couche ou une grossesse au tout d\u00e9but non encore visible en \u00e9chographie. C\u2019est alors l\u2019\u00e9preuve du temps avec une \u00e9volution particuli\u00e8re des b\u00eata-hCG, inf\u00e9rieure \u00e0 la normale, et l\u2019absence d\u2019apparition du sac ovulaire \u00e0 l\u2019\u00e9chographie qui emporteront la conviction. Il faut renouveler le dosage au bout de 48 heures, ce qui correspond au temps moyen de doublement de l\u2019hormone jusqu\u2019\u00e0 10 semaines de\u00a0 grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>De nos jours la coelioscopie n\u2019a plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat diagnostic, sauf cas particuliers, car le diagnostic est g\u00e9n\u00e9ralement fait par les examens pr\u00e9c\u00e9dents, pourvu que l\u2019on pense \u00e0 les demander!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">B-Variantes cliniques<\/h3>\n\n\n\n<p>Elles sont innombrables et font que le diagnostic est parfois port\u00e9 tardivement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Formes incompl\u00e8tes : chacun des sympt\u00f4mes d\u00e9crits ci-dessus peut manquer et aucun n\u2019est caract\u00e9ristique. Le plus important est simplement de penser \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019un tel diagnostic devant n\u2019importe lequel de ces troubles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Formes pseudo-abortives : l\u2019examen anatomo-pathologique du produit d\u2019aspiration\u00a0 prend alors tout son int\u00e9r\u00eat r\u00e9v\u00e9lant l\u2019absence de villosit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Formes pseudo-salpingiennes : mais la c\u0153lioscopie y est indiqu\u00e9e et redressera le diagnostic.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Formes pseudo-appendiculaires.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Formes spontan\u00e9ment r\u00e9solutives. Lorsque les b\u00eata-hCG sont inf\u00e9rieurs \u00e0 300 UI, l\u2019abstention th\u00e9rapeutique est licite, la c\u0153lioscopie pouvant \u00eatre \u00e9vit\u00e9e, \u00e0 la condition d\u2019\u00eatre en mesure de surveiller r\u00e9guli\u00e8rement les b\u00eata-hCG jusqu\u2019\u00e0 leur n\u00e9gativation compl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me est donc d\u2019y penser. Et en gyn\u00e9cologie, il est classique de r\u00e9p\u00e9ter l&rsquo;aphorisme de Henri Mondor: <em><strong>\u00ab\u00a0la grossesse extra-ut\u00e9rine, y penser toujours, c\u2019est ne pas y penser assez\u00a0\u00bb<\/strong><\/em>\u00a0 car, bien qu&rsquo;avec les moyens actuels de finesse des dosage et de performance des \u00e9chographes, le simple fait\u00a0 \u00abd\u2019y penser\u00bb am\u00e8ne en g\u00e9n\u00e9ral au diagnostic il arrive encore parfois de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du diagnostic.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Toute diff\u00e9rente est l\u2019h\u00e9morragie cataclysmique par rupture d\u2019une grossesse tubaire qui provoque une inondation p\u00e9riton\u00e9ale et r\u00e9alise une urgence des plus imp\u00e9rieuses qui est alors \u00e9vidente et indique une intervention chirurgicale en urgence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le traitement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La grossesse extra-ut\u00e9rine peut \u00eatre, on l\u2019a vu, une urgence chirurgicale et l\u2019intervention s\u2019impose souvent d\u00e8s que le diagnostic est pos\u00e9. Elle est r\u00e9alis\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral par coelioscopie. En cas de rupture avec \u00e9tat de choc, une r\u00e9animation dont l\u2019importance est fonction de celle de l\u2019h\u00e9morragie doit imm\u00e9diatement pr\u00e9c\u00e9der l\u2019intervention. Une transfusion de sang iso-groupe iso-rh\u00e9sus est n\u00e9cessaire dans les cas graves.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra, chez les femmes rh\u00e9sus n\u00e9gatif, assurer dans les 24 heures l\u2019injection d\u2019immunoglobulines anti-D pour \u00e9viter une immunisation dans le syst\u00e8me rh\u00e9sus. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Il est enfin utile de r\u00e9aliser syst\u00e9matiquement des pr\u00e9l\u00e8vements bact\u00e9riologiques avec recherches de chlamydiae et de mycoplasmes compte-tenu de la fr\u00e9quence des \u00e9tiologies infectieuses. Un traitement antibiotique par cyclines devrait \u00eatre syst\u00e9matique. Un traitement cortico\u00efde compl\u00e9mentaire peut pr\u00e9venir la\u00a0 formation d\u2019adh\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intervention peut \u00eatre soit radicale, c\u2019est la salpingectomie,\u00a0soit conservatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>-La salpingectomie c\u2019est-\u00e0dire l\u2019ablation de la trompe<\/p>\n\n\n\n<p> Elle est n\u00e9cessaire si la trompe est trop abim\u00e9e, \u00e9clat\u00e9e. Cela se d\u00e9cide souvent pendant l\u2019op\u00e9ration, au vu de la situation, et c\u2019est le chirurgien qui prend la d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211;<\/strong>Les interventions conservatrices<\/p>\n\n\n\n<p>Elles exposent th\u00e9oriquement \u00e0 un risque de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019en cas de traitement radical. En fait, il semble que le risque de r\u00e9cidive existe surtout chez les patientes ayant des facteurs de risque de GEU avec g\u00e9n\u00e9ralement des ant\u00e9c\u00e9dents de st\u00e9rilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix entre les deux m\u00e9thodes va d\u00e9pendre de l\u2019\u00e9tat de la trompe (surtout), de l\u2019\u00e2ge de la femme, de l\u2019\u00e9tat de la trompe oppos\u00e9e, du d\u00e9sir ult\u00e9rieur de grossesse, et de l\u2019opinion de la femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le traitement conservateur est indiqu\u00e9 dans les petites GEU, lorsque la trompe ut\u00e9rine n\u2019est pas trop ab\u00eem\u00e9e et lorsque le geste est r\u00e9alisable chirurgicalement. L\u2019\u00e2ge de la patiente et son d\u00e9sir de grossesse interviennent dans le choix du traitement&nbsp;: chez une femme jeune, n\u2019ayant pas d\u2019enfants, tout est fait afin de conserver les trompes ut\u00e9rines.<\/p>\n\n\n\n<p>Un traitement conservateur n\u00e9cessite une surveillance \u00e9troite de la douleur et du taux des \u03b2-HCG plasmatiques, \u00e0 commencer 48 heures apr\u00e8s l\u2019intervention, jusqu\u2019\u00e0 n\u00e9gativation. La persistance de cellules trophoblastiques dans la trompe conserv\u00e9e peut provoquer la r\u00e9ascension du taux des \u03b2-HCG plasmatiques et justifier alors un traitement m\u00e9dical par Methotrexate ou une deuxi\u00e8me intervention chirurgicale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s la grossesse extra-ut\u00e9rine on recommande:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0 -une ontraception orale pendant 2 \u00e0 3 mois apr\u00e8s la n\u00e9gativation des \u03b2-HCG plasmatiques pour les femmes qui d\u00e9sirent une autre grossesse.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0 -Les rapports sexuels sont d\u00e9conseill\u00e9s pendant la p\u00e9riode de surveillance car ils risquent de provoquer la rupture de la GEU.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans certains cas le traitement peut ne pas \u00eatre chirurgical :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 soit par abstention th\u00e9rapeutique compl\u00e8te si les b\u00eata-hCG sont inf\u00e9rieurs \u00e0 300 UI, \u00e0 la condition de les surveiller jusqu&rsquo;\u00e0 n\u00e9gativation compl\u00e8te ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014\u00a0 soit gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;administration\u00a0 de Methotrexate \u00ae qui peut permettre de provoquer la disparition de la grossesse mais qui n&rsquo;est applicable que dans des cas bien particuliers.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Information sur le traitement m\u00e9dical de la grossesse extra-ut\u00e9rine par Methotrexate \u00ae<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><em>Madame,<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Votre gyn\u00e9cologue\u00a0 vient de faire le diagnostic de grossesse extra-ut\u00e9rine.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Il s\u2019agit d\u2019une grossesse dont la position est anormale, g\u00e9n\u00e9ralement dans l\u2019une des trompes. Cette anomalie comporte un risque d\u2019h\u00e9morragie par le vagin, mais surtout dans votre abdomen. Ce risque h\u00e9morragique a fait qu\u2019il est devenu une r\u00e8gle m\u00e9dicale de\u00a0 poser dans ces cas une indication op\u00e9ratoire urgente, g\u00e9n\u00e9ralement par laparoscopie, afin de r\u00e9aliser soit une ablation de la trompe, soit une incision de la trompe permettant l\u2019ablation de la grossesse tout en conservant la trompe.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Or depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es une alternative m\u00e9dicale s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e.\u00a0 Ce traitement m\u00e9dical qui permet d\u2019\u00e9viter une op\u00e9ration repose sur un m\u00e9dicament, le Methotrexate \u00ae. Cependant, ce traitement n\u2019est pas indiqu\u00e9 dans tous les cas et c\u2019est votre gyn\u00e9cologue qui seul pourra vous proposer ce traitement dans les cas o\u00f9 il est possible. Dans tous les autres cas, la chirurgie sera obligatoire.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vous aurez donc, dans certains cas, la possibilit\u00e9 de choisir entre le traitement m\u00e9dical et le traitement chirurgical.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Methotrexate \u00ae est un m\u00e9dicament cytostatique connu depuis longtemps qui d\u00e9truit les cellules placentaires qui sont des cellules jeunes en multiplication rapide.\u00a0 Il n\u2019a aucun effet n\u00e9faste sur l\u2019appareil g\u00e9nital, ni sur la fertilit\u00e9 ult\u00e9rieure.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le protocole de traitement et de surveillance<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong><em>Apr\u00e8s un bilan sanguin pr\u00e9alable, une injection intramusculaire de Methotrexate \u00ae vous est administr\u00e9e (1mg\/Kg). Vous pouvez repartir chez vous, il n\u2019y a pas d\u2019hospitalisation.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Il y a ensuite une surveillance \u00e0 laquelle vous avez l\u2019obligation de vous soumettre. Elle repose sur le dosage des b\u00eata-hCG aux 4<\/em><sup><em>\u00e8me<\/em><\/sup><em> et 7\u00e8mes jours apr\u00e8s l\u2019injection.\u00a0 A J7, le taux doit baisser de 15% par rapport \u00e0 J4\u00a0; si non, une deuxi\u00e8me injection est r\u00e9alis\u00e9e (suivie d\u2019un nouveau dosage 4 jours apr\u00e8s).<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Ensuite un dosage de\u00a0 b\u00eata-hCG devra \u00eatre fait une fois par semaine jusqu\u2019\u00e0 n\u00e9gativation compl\u00e8te. Cette surveillance peut durer quelques semaines (4 \u00e0 6 en moyenne). Il vous faudra donc faire preuve de patience. Un contr\u00f4le \u00e9chographique et clinique en consultation sera fait toutes les semaines. Si une deuxi\u00e8me injection a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire,\u00a0 nous r\u00e9aliserons un contr\u00f4le sanguin des transaminases et cr\u00e9atinine.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Certains effets secondaires peuvent appara\u00eetre\u00a0 comme les stomatites, les naus\u00e9es et les diarrh\u00e9es. Ils apparaissent essentiellement en cas de 2\u00e8me injection. Ces effets sont transitoires et spontan\u00e9ment r\u00e9versibles. Il faut aussi savoir que des douleurs pelviennes sont fr\u00e9quentes\u00a0 dans la semaine qui suit l&rsquo;injection.\u00a0 Elles correspondent \u00e0 la destruction de tissus placentaire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la trompe, mais elles posent le d\u00e9licat probl\u00e8me d&rsquo;un \u00e9ventuel d\u00e9but de rupture de la trompe.\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Si tout se passe normalement vous pourrez ainsi \u00e9viter une op\u00e9ration. Par contre vous devez savoir qu\u2019il peut arriver \u00e0 tout moment, soit que le taux d\u2019hCG se remette \u00e0 monter, soit que des signes d\u2019h\u00e9morragie abdominale apparaissent, et une intervention coelioscopique pourra alors \u00eatre d\u00e9cid\u00e9e.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grossesse extra-ut\u00e9rine (GEU) se d\u00e9finit comme la nidation de l\u2019\u0153uf hors de la cavit\u00e9 ut\u00e9rine.\u00a0 Le diagnostic et le traitement des grossesses extra-ut\u00e9rines ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es d\u2019importants progr\u00e8s autorisant une d\u00e9couverte de plus en plus pr\u00e9coce et la r\u00e9alisation d\u2019actes chirurgicaux plus conservateurs et beaucoup moins invasifs. 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