{"id":45,"date":"2019-06-30T14:07:40","date_gmt":"2019-06-30T12:07:40","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=45"},"modified":"2019-12-04T16:37:55","modified_gmt":"2019-12-04T15:37:55","slug":"lacne-chez-la-femme","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/articles\/hormones-en-gynecologie\/lacne-chez-la-femme\/","title":{"rendered":"L\u2019acn\u00e9 chez la femme"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9finition<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019acn\u00e9 (du genre f\u00e9minin, sans e \u00e0 la fin) est une affection dermatologique extr\u00eamement fr\u00e9quente puisqu\u2019elle atteint plus de 80% des adolescents. Elle commence aux alentours de la pubert\u00e9, souvent elle en est m\u00eame le premier signe, car c\u2019est une affection hormono-d\u00e9pendante sous le contr\u00f4le des hormones m\u00e2les (androg\u00e8nes). Chez les sujets de sexe f\u00e9minin les androg\u00e8nes&nbsp; sont s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s par les ovaires et les surr\u00e9nales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Formes cliniques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>On distingue&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-L\u2019acn\u00e9 dite r\u00e9tentionnelle<\/p>\n\n\n\n<p>Les l\u00e9sions r\u00e9tentionnelles correspondent \u00e0 des follicules pilo-s\u00e9bac\u00e9s distendus : com\u00e9don ouvert (ou encore point noir), com\u00e9don ferm\u00e9 ou microkyste. Les manifestations classiques de l&rsquo;acn\u00e9 dite r\u00e9tentionnelle, sont la pr\u00e9sence de points noirs et de microkystes (boutons blancs ou \u00abpapules\u00bb).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-l\u2019acn\u00e9 inflammatoire<\/p>\n\n\n\n<p>Les l\u00e9sions inflammatoires peuvent \u00eatre superficielles, il s&rsquo;agit de papules et pustules, et profondes&nbsp;;&nbsp; on parle alors de nodules. Elle se signale par la pr\u00e9sence boutons rouges, et inflammatoires, principalement sur le visage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-L\u2019acn\u00e9 r\u00e9tentionnelle et inflammatoire<\/p>\n\n\n\n<p>Ce type d&rsquo;acn\u00e9 coriace aux traitements classiques associe boutons rouges, boutons blancs et points noirs. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Evolution<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il est classique de dire que l\u2019acn\u00e9&nbsp; disparaisse avant l\u2019\u00e2ge de 20 ans mais ce n\u2019est pas toujours la r\u00e8gle. En fait son \u00e9volution est impr\u00e9visible, influenc\u00e9e en grande partie par l\u2019existence ou non d\u2019ant\u00e9c\u00e9dents familiaux dans les deux sexes, et l\u2019association ou non de signes de virilisation (hyperpilosit\u00e9, chute de cheveux, troubles du cycle menstruel). <br> Toutes les variations hormonales peuvent avoir une influence sur l\u2019acn\u00e9 chez les filles qu\u2019il s\u2019agisse du cycle menstruel (pouss\u00e9es avant les r\u00e8gles), de la prise ou de l\u2019arr\u00eat d\u2019une pilule contraceptive selon les cas, la grossesse, l\u2019accouchement, la m\u00e9nopause, et a fortiori un mauvais fonctionnement des ovaires\u2026 C\u2019est dire que les femmes qui ont acquis g\u00e9n\u00e9tiquement cette sensibilit\u00e9 aux androg\u00e8nes&nbsp; (r\u00f4le de la 5-alpha r\u00e9ductase ) risquent d\u2019\u00eatre ennuy\u00e9es toute leur vie.<br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes et m\u00e9canismes de l\u2019acn\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1-Le r\u00f4le du follicule pilos\u00e9bac\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019acn\u00e9 est due \u00e0 une hyperactivit\u00e9 des follicules pilos\u00e9bac\u00e9s soumis \u00e0 une action excessive des androg\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"653\" height=\"362\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-46\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-3.png 653w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-3-300x166.png 300w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-3-487x270.png 487w\" sizes=\"auto, (max-width: 653px) 100vw, 653px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le follicule pilo-s\u00e9bac\u00e9 est une unit\u00e9 constitu\u00e9e par le poil et la glande s\u00e9bac\u00e9e. L\u00e0&nbsp; se situe le point de d\u00e9part de l\u2018acn\u00e9, car il contient des r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes (hormones m\u00e2les). Dans la majorit\u00e9 des cas cette sensibilit\u00e9 aux androg\u00e8nes est h\u00e9rit\u00e9e g\u00e9n\u00e9tiquement ce qui explique qu\u2019il y ait des \u00ab familles d\u2019acn\u00e9 \u00bb. mais ce n\u2019est pas toujours le cas car d\u2019autres facteurs pas toujours bien d\u00e9finis, interviennent : extrins\u00e8ques comme l\u2019environnement (pollution, stress, soleil, tabac\u2026) ou intrins\u00e8ques comme un dysfonctionnement hormonal chez les filles\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2-Le r\u00f4le des androg\u00e8nes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il existe plusieurs types d\u2019androg\u00e8nes circulants dans le sang, par ordre d\u00e9croissant de concentration plasmatique: DHA, delta-4-androst\u00e9nedione, testost\u00e9rone, dihydrotestost\u00e9rone (DHT). En particulier au niveau de la peau, seule la DHT est active sur les follicules pilos\u00e9bac\u00e9s, les autres devant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des pro-hormones.&nbsp; Donc, au niveau de la peau, les androg\u00e8nes circulants (DHA, delta-4-androst\u00e9nedione, testost\u00e9rone) doivent \u00eatre transform\u00e9s en DHT qui est la seule hormone active. Cette transformation est r\u00e9alis\u00e9e par une enzyme sp\u00e9ciale&nbsp;: la 5-alpha r\u00e9ductase.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, dans d\u2019autres organes cibles, cutan\u00e9s en particulier, des androg\u00e8nes faibles comme la DHA peuvent avoir un effet hormonal important du fait de son taux circulant \u00e9lev\u00e9 et de son m\u00e9tabolisme in situ conduisant par action des pro hormones (DHA, D4 androst\u00e9nedione, testost\u00e9rone) \u00e0 l\u2019hormone active, la DHT. La glande s\u00e9bac\u00e9e semble poss\u00e9der ces activit\u00e9s enzymatiques \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3-On entrevoit ainsi plusieurs types de m\u00e9canismes conduisant \u00e0 l\u2019acn\u00e9&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p>-Soit une hyperactivit\u00e9 de la 5-alpha r\u00e9ductase, comme cela se produit au moment de la pubert\u00e9 ou dans les acn\u00e9s familiales.<\/p>\n\n\n\n<p>-Soit une hyperproduction d\u2019androg\u00e8nes, et chez la femme les sources d\u2019androg\u00e8nes sont&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"661\" height=\"429\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-47\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-4.png 661w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-4-300x195.png 300w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-4-416x270.png 416w\" sizes=\"auto, (max-width: 661px) 100vw, 661px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;-Les ovaires qui produisent normalement une certaine quantit\u00e9 d\u2019androg\u00e8nes et anormalement en cas d\u2019ovaires micropolykystiques ou de tumeurs ovariennes secr\u00e9tantes (rares).<\/p>\n\n\n\n<p>-Les glandes surr\u00e9nales (blocs surr\u00e9naliens, maladie de Cushing)<\/p>\n\n\n\n<p>-Ou certaines prises m\u00e9dicamenteuses dont la plus fr\u00e9quente est la pilule contraceptive dont le composant progestatif&nbsp; a une action plus ou moins androg\u00e9nique (\u00e0 l\u2019exception de la pilule Diane). Chez certaines patientes peut aussi s\u2019observer un effet androg\u00e9nique (et donc acn\u00e9ique) avec les st\u00e9rilets \u00e0 la progest\u00e9rone. Mais il faut citer aussi&nbsp;: les st\u00e9ro\u00efdes anabolisants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4-facteurs aggravants<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ces facteurs sont bien connus&nbsp;: le stress,&nbsp; le tabagism, le bronzage et l\u2019exposition \u00e0 un milieu chaud et humide, certains polluants notamment chlor\u00e9s et l\u2019alimentation&nbsp;: les aliments \u00e0 indice glyc\u00e9mique \u00e9lev\u00e9, le lait \u00e9cr\u00e9m\u00e9 aggravent l\u2019acn\u00e9, par contre, chocolat et charcuterie et aliments riches en lipides n\u2019entra\u00eeneraient pas d\u2019acn\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bilan biologique<\/h2>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, aucun bilan n\u2019est n\u00e9cessaire pour une acn\u00e9 isol\u00e9e avec peau grasse.<\/p>\n\n\n\n<p>Si une tendance \u00e0 l\u2019hyperpilosit\u00e9 ou un hirsutisme sont observ\u00e9s on peut faire un dosage des androg\u00e8nes . Il comporte&nbsp;: testost\u00e9rone, delta-4 androst\u00e8ne dione, sulfate de DHA. En g\u00e9n\u00e9ral seule la delta-4 androst\u00e8ne dione va \u00eatre l\u00e9g\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e. Ce bilan sert surtout \u00e0 \u00e9liminer une cause tumorale qui montrerait une forte \u00e9l\u00e9vation de la testost\u00e9rone.<\/p>\n\n\n\n<p>En cas d\u2019hirsutisme, Un bloc surr\u00e9nalien par d\u00e9ficit en 21-hydroxylase&nbsp; peut \u00e9galement \u00eatre mis en \u00e9vidence par l\u2019\u00e9l\u00e9vation du dosage de la 17-alpha-hydroxyprogest\u00e9rone.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin , en cas d\u2019ovaires micropolykystiques, on aura, outre l\u2019aspect typique des ovaires en \u00e9chographie, une inversion du rapport FSH\/LH.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Traitement<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les diverses M\u00e9thodes<br><\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>les traitements locaux<\/strong><br><\/h4>\n\n\n\n<p>Dans le cas d&rsquo;une acn\u00e9 tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re, un traitement local, en gel ou en pommade, suffira&nbsp;:&nbsp; gel ou lotion pour nettoyer la peau + traitement anti-acn\u00e9ique local + cr\u00e8me hydratante pour compenser les effets dess\u00e9chants du traitement. Deux mol\u00e9cules au choix: le peroxyde de benzoyle ou les r\u00e9tino\u00efdes (tr\u00e9tino\u00efne ou adapal\u00e8ne). Il est possible de cumuler les deux si l&rsquo;am\u00e9lioration \u00e0 3 mois n&rsquo;est pas satisfaisante.<br><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les antibiotiques<br><\/h4>\n\n\n\n<p>Bien que l\u2019acn\u00e9 ne soit pas une maladie infectieuse, beaucoup prescrivent des antibiotiques de la famille des&nbsp;<a href=\"https:\/\/eurekasante.vidal.fr\/medicaments\/antibiotiques\/familles.html?pb=cyclines\">cyclines<\/a>&nbsp;dans le traitement de l\u2019acn\u00e9 inflammatoire. La dur\u00e9e du traitement est limit\u00e9e \u00e0 trois mois en continu. Les cyclines sont contre-indiqu\u00e9es en association avec les antiacn\u00e9iques oraux contenant de l\u2019isotr\u00e9tino\u00efne et pendant la grossesse. Elles peuvent provoquer des r\u00e9actions de photosensibilisation (sensibilit\u00e9 anormale de la peau lors d\u2019exposition aux rayons du soleil). L\u2019utilisation d\u2019un \u00e9cran solaire adapt\u00e9 est indispensable cas d\u2019exposition au soleil pendant le traitement.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis juin 2012, les m\u00e9dicaments contenant de la minocycline ne sont plus recommand\u00e9s dans le traitement de l&rsquo;acn\u00e9, car ils exposent \u00e0 des r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es parfois graves (\u00e9ruption cutan\u00e9e \u00e9tendue avec fi\u00e8vre et pr\u00e9sence de ganglions enfl\u00e9s).<br><\/p>\n\n\n\n<p>Un antibiotique de la famille des macrolides, l\u2019\u00e9rythromycine, peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 dans le traitement de l\u2019acn\u00e9 inflammatoire en cas de contre-indication \u00e0 l\u2019utilisation des cyclines.<br><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019isotr\u00e9tino\u00efde<\/strong><br><\/h4>\n\n\n\n<p>L&rsquo;isotr\u00e9tino\u00efne est un d\u00e9riv\u00e9 de la vitamine A qui bloque la production de s\u00e9bum et poss\u00e8de une action anti-inflammatoire sur les follicules pileux. Elle est prescrite pour soigner les formes s\u00e9v\u00e8res d\u2019acn\u00e9, mais \u00e9galement les formes \u00e9tendues ou prolong\u00e9es d&rsquo;acn\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e apr\u00e8s \u00e9chec des traitements usuels bien men\u00e9s (c&rsquo;est-\u00e0-dire suivis de mani\u00e8re scrupuleuse pendant au moins trois mois). L\u2019isotr\u00e9tino\u00efne a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9e sous le nom de Roacutane\u00ae. Actuellement, seuls ses g\u00e9n\u00e9riques sont encore commercialis\u00e9s.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Les principaux effets ind\u00e9sirables de l&rsquo;isotr\u00e9tino\u00efne sont&nbsp;:<br><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Une aggravation transitoire de l&rsquo;acn\u00e9 en d\u00e9but de traitement (appel\u00e9e \u00ab acn\u00e9 fulminans \u00bb),&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p>-Une s\u00e9cheresse de la peau.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p>-En raison de graves malformations du f\u0153tus en cas de prise pendant la grossesse, la prescription d\u2019isotr\u00e9tino\u00efne chez les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er est soumise \u00e0 des r\u00e8gles tr\u00e8s strictes : un accord de soin et de contraception doit \u00eatre sign\u00e9 par la patiente. Elle s\u2019engage \u00e0 utiliser au moins une m\u00e9thode de contraception efficace (par exemple pilule, pr\u00e9servatif, ou st\u00e9rilet et spermicide) au moins un mois avant de d\u00e9buter le traitement. La contraception doit imp\u00e9rativement \u00eatre poursuivie pendant toute la dur\u00e9e du traitement et se prolonger un mois apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat de l&rsquo;isotr\u00e9tino\u00efne. La patiente re\u00e7oit un&nbsp;<a href=\"http:\/\/ansm.sante.fr\/content\/download\/21816\/275731\/version\/1\/file\/isotretinoine_carnet-patiente.pdf%22%20%5Ct%20%22_blank\">carnet-patiente<\/a>&nbsp;qui doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 chaque consultation et au pharmacien pour obtenir le m\u00e9dicament.<br><\/p>\n\n\n\n<p>-Prafois signes de d\u00e9pression.&nbsp; R\u00e9cemment, une \u00e9tude a mis en \u00e9vidence un risque plus \u00e9lev\u00e9 de tentative de suicide chez les personnes recevant un traitement par isotr\u00e9tino\u00efne dans le cadre d&rsquo;une acn\u00e9 s\u00e9v\u00e8re.<br>En France, les autorit\u00e9s de sant\u00e9 recommandent aux m\u00e9decins qui prescrivent de l\u2019isotr\u00e9tino\u00efne de porter une attention toute particuli\u00e8re aux patients pr\u00e9sentant un ant\u00e9c\u00e9dent de d\u00e9pression et, chez tous les patients, de surveiller l&rsquo;apparition d&rsquo;\u00e9ventuels signes de d\u00e9pression, m\u00eame apr\u00e8s la fin de leur traitement.<br><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les pilules contraceptives (\u00e0 l\u2019exception de Diane 35\u00ae et de ses g\u00e9n\u00e9riques)<\/strong><br><\/h4>\n\n\n\n<p>Les pilules contraceptives peuvent avoir des effets variables&nbsp; d\u2019une femme \u00e0 l\u2019autre sur l\u2019acn\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<p>-Elles ont un effet favorable dans la mesure o\u00f9 elles bloquent les secr\u00e9tions hormonales ovariennes&nbsp; et donc les secr\u00e9tions d\u2019androg\u00e8nes. D\u2019autre part l\u2019estrog\u00e8ne qu\u2019elles contiennent a un certain effet anti-androg\u00e9nique.<br><\/p>\n\n\n\n<p>-Elles ont un effet d\u00e9favorable dans la mesure o\u00f9 elles ne bloquent pas l\u2019activit\u00e9 de la 5-alpha r\u00e9ductase et o\u00f9 tous les progestatifs&nbsp; contenus dans les pilules ont un effet de type androg\u00e9nique. Cet effet est&nbsp; certes plus ou moins puissant selon les types de progestatifs, mais il existe, contrairement aux dires de&nbsp; la publicit\u00e9 des laboratoires pharmaceutiques \u00e0 ce sujet. Dans tous les cas, aucun de ces progestatifs n\u2019a d\u2019effet anti-androg\u00e9nique (on verra plus loin l\u2019exception de l\u2019ac\u00e9tate de Cyprot\u00e9rone.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Donc l\u2019effet final va un peu d\u00e9pendre de l\u2019importance de l\u2019acn\u00e9 et de son m\u00e9canisme. Il peut \u00eatre favorable dans le cas d\u2019ovaires micropolykystiques par exemple , comme il peut \u00eatre sans effet ou aggravant sur l\u2019acn\u00e9 en cas d\u2019hyperfonctionnement&nbsp; de la 5-alpha r\u00e9ductase.<br><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La pilule de Diane 35\u00ae et&nbsp; ses g\u00e9n\u00e9riques<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Comme toutes les pilules, la pilule Diane\u00ae contient un estrog\u00e8ne et un progestatif. Cette pilule a un effet anti-acn\u00e9ique car son progestatif est l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone qui est un puissant anti-androg\u00e8ne et qui agit en bloquant la 5-alpha r\u00e9ductase. Notons que cet effet anti-androg\u00e9nique s\u2019additionne \u00e0 l\u2019effet anti-androg\u00e9nique de l\u2019estrog\u00e8ne (etinylestradiol).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors comment se fait-il que Diane\u00ae (et ses g\u00e9n\u00e9riques) n\u2019am\u00e9liore pas toujours l\u2019acn\u00e9&nbsp;? C\u2019est parce que le produit qui est actif qu\u2019elle contient, l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone, est trop peu dos\u00e9 dans cette pilule. Rappelons que sa formule est&nbsp;: Ethinylestradiol 0,035mg + Ac\u00e9tate de Cyprot\u00e9rone 2mg. Cela veut dire que Diane\u00ae va am\u00e9liorer les acn\u00e9s l\u00e9gers ou mod\u00e9r\u00e9s mais paraitra inefficace sur des acn\u00e9s s\u00e9v\u00e8res. En r\u00e9alit\u00e9 elle n\u2019est pas inefficace mais simplement insuffisamment dos\u00e9e en progestatif.<br><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;association \u00e9thinylestradiol-cyprot\u00e9rone (Diane 35\u00ae et g\u00e9n\u00e9riques) a longtemps \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e comme traitement de l\u2019acn\u00e9 chez la femme. En raison d\u2019un effet contraceptif, elle \u00e9tait utilis\u00e9e comme pilule, sans avoir d\u2019autorisation de mise sur le march\u00e9 (AMM) pour cette indication.&nbsp; En 2013, \u00e0 la suite d\u2019une pol\u00e9mique sur certaines pilules dites de 3\u00e8me&nbsp;g\u00e9n\u00e9ration, l\u2019Agence fran\u00e7aise du m\u00e9dicament a suspendu l\u2019autorisation de mise sur le march\u00e9 de Diane 35\u00ae et de ses g\u00e9n\u00e9riques. Tout cela sans fondement scientifique s\u00e9rieux puisque cette suspension n\u2019a concern\u00e9 que la France, tous les autres pays continuant la prescription de Diane\u00ae.&nbsp; Cette d\u00e9cision s&rsquo;expliquait peut-\u00eatre en partie pour limiter l\u2019utilisation non officielle comme pilule de ces m\u00e9dicaments. Ces m\u00e9dicaments ont \u00e9t\u00e9 recommercialis\u00e9s en France depuis janvier 2014, avec (enfin) la caract\u00e9ristique de contraceptif,&nbsp; et r\u00e9serv\u00e9s au traitement de l&rsquo;acn\u00e9.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les anti-andro\u00e8genes<\/strong><br><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (Androcur\u00ae)<\/strong><br><\/h5>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone est un progestatif de synth\u00e8se antiandrog\u00e8ne et antigonadotrope. D\u00e9riv\u00e9 de la 17-alpha-hydroxyprogest\u00e9rone, il poss\u00e8de avant tout une action antiandrog\u00e8ne. Cet effet sp\u00e9cifique antiandrog\u00e9nique s&rsquo;exerce par inhibition comp\u00e9titive de la liaison de la 5-alpha-dihydrotestost\u00e9rone \u00e0 son r\u00e9cepteur cytosolique dans les cellules cibles.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Chez la femme, l&rsquo;action progestative s&rsquo;exerce au niveau des r\u00e9cepteurs mammaires et endom\u00e9triaux, en particulier par une importante transformation s\u00e9cr\u00e9toire de l&rsquo;endom\u00e8tre. Il poss\u00e8de \u00e9galement une action antigonadotrope relativement puissante (une dose de 1 mg par jour pendant 21 jours par cycle inhibe l&rsquo;ovulation) mais cet effet contraceptif, bien qu\u2019indiscutable,&nbsp; n\u2019a pas d\u2019AMM.<\/p>\n\n\n\n<p>Les traitements hormonaux des auteurs de violences sexuelles ont \u00e9t\u00e9 introduit suite \u00e0 la constatation de l\u2019efficacit\u00e9 de la castration chirurgicale des d\u00e9linquants sexuels. L\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (Androcur \u00ae) a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u2019abord&nbsp; utilis\u00e9 dans cette indication d\u00e8s fin des ann\u00e9es 60.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Androcur \u00ae existe en France&nbsp; sous deux formes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-ANDROCUR 50 mg&nbsp;: comprim\u00e9&nbsp;<a href=\"https:\/\/eurekasante.vidal.fr\/lexique-medical\/S.html%22%20%5Cl%20%22secable\">s\u00e9cable<\/a>&nbsp;(blanc)&nbsp;; bo\u00eete de 20<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ordonnance (Liste I) &#8211; Remboursable \u00e0 65&nbsp;%&nbsp;&#8211;&nbsp;Prix&nbsp;:&nbsp;9,25 \u20ac.<\/p>\n\n\n\n<p>-ANDROCUR 100 mg&nbsp;: comprim\u00e9&nbsp;<a href=\"https:\/\/eurekasante.vidal.fr\/lexique-medical\/S.html%22%20%5Cl%20%22secable\">s\u00e9cable<\/a>&nbsp;(blanc)&nbsp;; bo\u00eete de 60<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ordonnance (Liste I) &#8211; Remboursable \u00e0 100&nbsp;%&nbsp;&#8211;&nbsp;Prix&nbsp;:&nbsp;80,19 \u20ac.<br>Il poss\u00e8de d\u2019autres indications comme le cancer de la prostate chez l\u2019homme, mais dans le cadre de l\u2019acn\u00e9, on remarquera qu\u2019un comprim\u00e9 d\u2019Androcur\u00ae \u00e0 50mg est 25 fois plus dos\u00e9 qu\u2019un comprim\u00e9 de pilule Diane\u00ae. Cela explique&nbsp; sa remarquable efficacit\u00e9 sur l\u2019acn\u00e9 et que l\u2019on peut l\u2019obtenir avec seulement \u00bd comprim\u00e9 par jour (soit 12,5 fois plus que Diane\u00ae) voire m\u00eame 1\/2 comprim\u00e9 un jour sur deux ce qui \u00e9quivaut \u00e0 1\/4 de comprim\u00e9 par jour, soit 12,5mg\/jour m\u00eame si le fractionnement en deux d\u2019un demi comprim\u00e9 ne donne pas deux parts parfaitement \u00e9quivelentes.&nbsp; Cela n\u2019est pas tr\u00e8s important dand la mesure o\u00f9 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone&nbsp; agit avc un certai effet retard qui \u00ablisse\u00bb ces petites variations. On peut d\u2019ailleurs regretter que l\u2019Androcur 10mg qui est disponible dans certains pays n\u2019existe pas en France&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u2019autres anti-androg\u00e8nes existent<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>mais ont des indications plus marginales&nbsp;car moins spectaculaires: Spironolactone,Flutamide, Progest\u00e9rone naturelle, Cim\u00e9tidine, oestrog\u00e8nes, Finast\u00e9ride, K\u00e9toconazole.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Comment traiter&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acn\u00e9 s&rsquo;am\u00e9liore plus vite si on associe au traitement prescrit par son m\u00e9decin une bonne hygi\u00e8ne de vie sur le plan alimentaire . Le soleil, le tabac et le stress sont \u00e0 \u00e9viter.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On l\u2019a dit, dans le cas d&rsquo;une acn\u00e9 tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re, un traitement local, en gel ou en pommade, peut suffire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais chez la femme et en particulier les jeunes filles, la question de la contraception orale doit se poser et m\u00eame \u00eatre recommand\u00e9e en cas d\u2019acn\u00e9.&nbsp; La prise d\u2019antibiotiques en continu n\u2019est pas&nbsp; sans inconv\u00e9nient et il faut noter que la prescription de Roacutane\u00ae, outre les risques qu\u2019elle comporte,&nbsp; doit s\u2019accompagner d\u2019une contraception, donc la pilule le plus souvent. Il est donc \u00e0 la fois plus logique et plus efficace de prescrire directement un traitement de type hormonal \u00e0 base d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone. Notons que ce dernier agissant en bloquant l\u2019action des androg\u00e8nes au niveau de la peau est efficace quelle que soit l\u2019origine de l\u2019acn\u00e9 (hyperproduction d\u2019androg\u00e8nes, ou emballement de la 5-alpha r\u00e9ductase).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Androcur\u00ae seul est efficace et est contraceptif. Toutefois il n\u2019a pas d\u2019AMM (Autorisation de Mise sur le March\u00e9) pour la contraception. On notera qu\u2019il n\u2019a pas non plus d\u2019AMM pour le traitement de l\u2019acn\u00e9 ce qui est incompr\u00e9hensible.&nbsp; Au long cours il est pr\u00e9f\u00e9rable de lui associer un \u0153strog\u00e8ne. Les sch\u00e9mas classiques sont du type&nbsp;: 1 comprim\u00e9 \u00e0 50 mg par jour pendant 20 jours par mois, en association avec un estrog\u00e8nesuivi d&rsquo;une pause de 7 jours.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Personnellement je pr\u00e9f\u00e8re l\u2019association avec une minipilule (dos\u00e9e \u00e0 20 microgrammes d\u2019ethinylestradiol), \u00e0 prendre&nbsp;en continu&nbsp;avec seulement \u00bd comprim\u00e9 d\u2019Androcur 50\u00ae, soit 25mg\/jour et m\u00eame 1\/4 de comprim\u00e9 ou 1\/2 un jour sur deux (=12,5mg\/jour) ce qui&nbsp; donne une&nbsp;<strong><em>dose cumul\u00e9e sur 1 an de 4,5 grammes<\/em><\/strong>. Cela \u00e0 l\u2019avantage d\u2019ajouter un estrog\u00e8ne, d\u2019assurer une contraception efficace et officielle (avec une AMM), et de supprimer les r\u00e8gles (ce qui est toujours une bonne chose pour peu que la patiente en soit convaincue). Bien \u00e9videmment ce type de traitement doit respecter les contre-indications classique de la pilule et de l\u2019Androcur (m\u00e9ningiome pr\u00e9existant). Il peut \u00eatre suivi pendant un an ou deux avec un r\u00e9sultat visibles d\u00e8s le troisi\u00e8me mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres traitements, chez la femme, ne devraient \u00eatre propos\u00e9s qu\u2019en cas de contre-indication au traitement hormonal ainsi d\u00e9crit.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><br><strong><em>Ac\u00e9tate de Cyprot\u00e9rone et risque de m\u00e9ningiome<\/em><\/strong><br><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 un signal de pharmacovigilance lanc\u00e9 par la France \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, un&nbsp;risque de m\u00e9ningiome&nbsp;est identifi\u00e9 depuis 2008 chez les femmes suivant un traitement par ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone aux doses de 50 mg ou 100 mg. Un&nbsp;m\u00e9ningiome&nbsp;est une&nbsp;tumeur&nbsp;c\u00e9r\u00e9brale produite \u00e0 partir de cellules des enveloppes du&nbsp;cerveau&nbsp;et de la&nbsp;moelle \u00e9pini\u00e8re&nbsp;appel\u00e9es les m\u00e9ninges. D\u00e9velopp\u00e9s en dehors du&nbsp;syst\u00e8me nerveux, les m\u00e9ningiomes sont des tumeurs b\u00e9nignes dans environ 75-80&nbsp;% des cas ; plus rarement, ils peuvent se pr\u00e9senter sous des formes plus agressives.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Concernant ce risque, il existe une relation avec la dose totale absorb\u00e9e. C\u2019est pourquoi il est pr\u00e9f\u00e9rable de limiter la prise \u00e0 1 ou 2 ans en fonction des r\u00e9sultats et avec seulement 25mg\/jour voire 12,5mg\/jour, ce qui est&nbsp; largement suffisant.&nbsp; Le risque augmente \u00e9galement avec l&rsquo;\u00e2ge de la patiente et surtout diminue tr\u00e8s fortement apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat du traitement.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><strong>Pour en savoir plus<\/strong><br><\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re \u00e9tude fran\u00e7aise de S\u00e9bastien Froelich en 2008 a suspect\u00e9 un lien entre ac\u00e9tate de Cyprot\u00e9rone et m\u00e9ningiome, sans aucune autre description dans la litt\u00e9rature mondiale, sur 9 patientes trait\u00e9es&nbsp; \u00e0 la dose de 50mg\/jour pendant une dur\u00e9e allant de 10 \u00e0 20 ans:&nbsp;Does cyproterone acetate promote multiple meningiomas? Sebastien Froelich, Nassim Dali-Youcef, Patrick Boyer, Pierre Kehrli, Daniel Maitrot, Johan Auwerx&nbsp;&amp; Jean-Louis Schlienger..:&nbsp;<em>Patients and methods: We report 9 female patients (33\u201362 yo, mean: 46 yo) with multiple meningiomas (2 to 11) without any clinical evidence of neurofibromatosis. All patients were treated with cyproterone acetate (50 mg\/day) for various indications for a time period ranging from 10 to 20 years.<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p>Les choses ont prises une tournure plus inqui\u00e9tante en 2019 suite \u00e0 une \u00e9tude beaucoup plus large men\u00e9e par le m\u00eame&nbsp;S\u00e9bastien Froelich \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Lariboisi\u00e8re \u00e0 Paris. On trouvera un peu plus loin le rapport complet de cette \u00e9tude qui a port\u00e9 sur 253777 femmes. Mais il en ressort les \u00e9l\u00e9ments suivants:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; -Le risque augmente avec l\u2019\u00e2ge. En dessous de 35 ans le risque n\u2019existe pas avec un Hazard Ratio (HR de 0,2.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp; -le risque d\u00e9pend surtout de la dose utilis\u00e9e et de sa dur\u00e9e, et donc surtout de la dose totale cumul\u00e9e. Ainsi il appara\u00eet dans cette \u00e9tude que&nbsp;&nbsp;<strong>le risque est absent en dessous de 12 grammes d\u2019exposition cumul\u00e9e.<\/strong>&nbsp;le risque commence \u00e0 appara\u00eetre et augmente pour des doses cumul\u00e9es sup\u00e9rieures, avec un HR \u00e0 6,4 pour 12 \u00e0 36 grammes et qui monte \u00e0 11,3 pour 36 \u00e0 60grammes et 21,7&nbsp;pour plus de 60 grammes de dose cumul\u00e9e d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (soit par exemple 5 ans de traitement \u00e0 50 mg\/jour 20 jours par mois).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"446\" height=\"177\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-48\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-5.png 446w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/image-5-300x119.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 446px) 100vw, 446px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour en revenir au traitement de l\u2019acn\u00e9 tel que nous le pr\u00e9conisons, il n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 aucun risque pour les doses que nous utilisons qui donnent (\u00e0 1\/2cp 1 jour\/2) une dose cumul\u00e9e de 4,5 grammes sur un an voire 9 grammes sur deux ans.&nbsp; Ce type de traitement n\u2019est prescrit que 1 ou 2 ans. On voit que m\u00eame sur 2 ans on reste nettement au dessous des 12 grammes cit\u00e9s dans l\u2019\u00e9tude. Ce traitement est en outre g\u00e9n\u00e9ralement prescrit chez des femmes jeunes pour lesquelles le risque n\u2019existe pas avant 35 ans.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Cela a cependant pouss\u00e9 l\u2019Agence nationale de s\u00e9curit\u00e9 du m\u00e9dicament et des produits de sant\u00e9 \u00e0 lancer une alerte et une information sans distinguer correctement les notions d\u2019\u00e2ge et de doses. On y lit notamment: <em>\u00abUne \u00e9tude\u00a0a confirm\u00e9 le risque de m\u00e9ningiome en cas d\u2019utilisation de ce m\u00e9dicament. Ce risque est multipli\u00e9 par 7 au-del\u00e0 de 6 mois d\u2019utilisation d\u2019une dose moyenne sup\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 25 mg par jour. Il est multipli\u00e9 par 20 au-del\u00e0 d\u2019une dose cumul\u00e9e de 60 g, soit environ 5 ans de traitement \u00e0 50 mg par jour ou 10 ans \u00e0 25 mg par jour\u00bb<\/em>. Les chiffres donn\u00e9es sont justes pour les doses sup\u00e9rieures \u00e0 60g. mais <strong>ils ne correspondent pas aux conclusions de l\u2019\u00e9tude pour la dose cit\u00e9e de 25mg sur 6 mois. En effet, cette dose repr\u00e9sente 4,5grammes (m\u00eame en cas de prise continue) or il n&rsquo;y a aucun risque  en dessous de 12 grammes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, concernant l&rsquo;\u00e2ge \u00e0 l&rsquo;instauration du traitement, \u00ab\u00a0avec la tranche d\u2019\u00e2ge 25-34 ans comme r\u00e9f\u00e9rence, le\u00a0hazard ratio\u00a0(HR) \u00e9tait de 0,2 (IC 95% 0,0-1,2) pour les moins de 25 ans ; 10,4 (4,8-22,5) pour les 45 \u00e0 54 ans et 42,3 (15,9-112,7) pour les 65 ans et plus\u00a0\u00bb. On voit que le sur-risque est nul chez les femmes jeunes qui sont les plus concern\u00e9es par l&rsquo;acn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En conclusion<\/strong>, l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone reste un excellent traitement de l\u2019acn\u00e9 rebelle chez la femme et peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 sans risque de m\u00e9ningiome \u00e0 condition:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; -de le r\u00e9server aux femmes jeunes,<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 -de donner de doses faibles (1\/2 ou 1\/4 de cp. par jour) ou m\u00eame <strong>1\/2cp, un jour sur 2 ce qui fait 4,5mg sur un an en continu)<\/strong>,<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; -et sur une dur\u00e9e de 1 ou 2 ans (ce qui en pratique est g\u00e9n\u00e9ralement suffisant). Les cas de m\u00e9ningiomes observ\u00e9s  concernent des patients  trait\u00e9s  pendant une dur\u00e9e d\u2019exposition de 14,7 ans en moyenne. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">A la dose de 1\/2 comprim\u00e9 un jour sur deux, en continu, on arrive \u00e0 la dose cumul\u00e9e de 4,5 grammes sur un an et de 9 grammes sur deux ans, ce qui reste tr\u00e8s en dessous du seuil de 12 grammes d\u00e9fini par cette \u00e9tude \u00e0 partir duquel le risque pourrait augmenter.<\/h4>\n\n\n\n<p>Le traitement est hors AMM dans cette indication, ce qui ne constitue pas une interdiction&nbsp;(la pilule Diane a \u00e9t\u00e9 prescrite pendant des ann\u00e9es hors AMM&#8230;)<br><\/p>\n\n\n\n<p>La principale&nbsp; contre-indication reste l\u2019existence d\u2019un m\u00e9ningiome&nbsp;<strong><em>pr\u00e9existant&nbsp;<\/em><\/strong>au traitement.<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Citation du Pr Froelich&nbsp;<\/strong>chef du service de neurochirurgie de l\u2019h\u00f4pital Lariboisi\u00e8re \u00e0 Parisqui a men\u00e9 cette \u00e9tude: \u00ab<em>Plus longtemps on prend de l\u2019Androcur \u00e0 des doses importantes, plus on encourt le risque de d\u00e9velopper un ou des m\u00e9ningiomes. Les patientes que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 voir en consultation apr\u00e8s un diagnostic de m\u00e9ningiome pr\u00e9sentaient rarement une utilisation inf\u00e9rieure \u00e0 cinq-six ans.&nbsp;<\/em><strong><em>J\u2019ai donc peu d\u2019inqui\u00e9tudes pour les patientes qui prennent de l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone depuis deux, trois ou quatre&nbsp;ans. Il faudrait probablement, pour des dur\u00e9es sup\u00e9rieures \u00e0 cinq&nbsp;ans, faire une IRM de contr\u00f4le\u00bb.<br><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Extraits du texte de l\u2019\u00e9tude <\/h2>\n\n\n\n<p><em>Le texte int\u00e9gral de cette \u00e9tude peut \u00eatre consult\u00e9 sur le site ansm.sante.fr<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exposition prolong\u00e9e \u00e0 de fortes doses\u00a0d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone et risque de\u00a0m\u00e9ningiome chez la femme. Etude pharmaco-\u00e9pid\u00e9miologique de cohorte \u00e0 partir des donn\u00e9es du SNDS. Juin 2019. Rapport final. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Dr Alain Weill\u00a01,2, Benjamin Cadier\u00a01, Dr Pierre Nguyen\u00a02, Pr Jo\u00ebl Coste\u00a01,3<br>1.\u00a0D\u00e9partement des \u00e9tudes en sant\u00e9 publique &#8211; Caisse nationale de l\u2019assurance maladie<br>2.\u00a0Groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique \u2013\u00a0Epid\u00e9miologie des produits de sant\u00e9 (GIS  avec l\u2019expertise durant le projet du Pr S\u00e9bastien Froelich (Neurochirurgie, H\u00f4pital Lariboisi\u00e8re APHP, Paris), Dr Moujahed Labidi (Neurochirurgie, H\u00f4pital Lariboisi\u00e8re APHP, Paris), Dr Sylvie Fontanel (ARS Grand-Est, Nancy) et Dr Emilie Sbidian (dermatologie, H\u00f4pital Henri Mondor, APHP, Cr\u00e9teil et\u00a0D\u00e9partement \u00e9tudes en sant\u00e9 publique\u00a0\u2013\u00a0CNAM \/ GIS EPIPHARE ANSM-CNAM) ANSM-CNAM)\u00a03.\u00a0Unit\u00e9 de Biostatistique et d\u2019\u00e9pid\u00e9miologie \u2013\u00a0H\u00f4pital Cochin APHP, Paris<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Objectifs&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif principal de cette \u00e9tude \u00e9tait d\u2019\u00e9valuer en vie r\u00e9elle l\u2019impact de l\u2019exposition prolong\u00e9e \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone \u00e0 forte dose chez la femme sur le risque de m\u00e9ningiome. Cette \u00e9tude comportait plusieurs objectifs secondaires 1) Evaluer la relation dose-effet du risque de m\u00e9ningiome chez les patientes expos\u00e9es \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone ; 2) Pr\u00e9ciser l\u2019\u00e9volution du risque de m\u00e9ningiome apr\u00e8s arr\u00eat de l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone; 3) D\u00e9crire les caract\u00e9ristiques des m\u00e9ningiomes sous ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (patientes concern\u00e9es, localisation, prise en charge&#8230;) ; 4) Mesurer le taux d\u2019arr\u00eat effectif de l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone apr\u00e8s le diagnostic et traitement d\u2019un m\u00e9ningiome ; 5) Estimer le nombre de cas de m\u00e9ningiomes attribuables \u00e0 une exposition prolong\u00e9e \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone en France entre 2007 et 2015.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9thode&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude de cohorte de type \u00ab expos\u00e9\/non expos\u00e9 \u00bb r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir du syst\u00e8me national des donn\u00e9es de sant\u00e9 (SNDS \u2013 anciennement d\u00e9nomm\u00e9 SNIIRAM). Elle compare la fr\u00e9quence de survenue de m\u00e9ningiome trait\u00e9 par chirurgie ou radioth\u00e9rapie (\u00e9v\u00e8nement d\u2019int\u00e9r\u00eat) chez les femmes \u00e2g\u00e9es de 7 \u00e0 70 ans expos\u00e9es \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone \u00e0 forte dose (d\u00e9finie comme au moins 3 boites de 20 comprim\u00e9s \u00e0 50 mg, soit 3 grammes, lors des 6 premiers mois de traitement) et chez celles ayant \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s faiblement expos\u00e9es (une ou deux boites lors des six premiers mois). L\u2019\u00e9tude principale sur une cohorte dite \u00ab incidente \u00bb en termes d\u2019exposition a concern\u00e9 les femmes ayant d\u00e9but\u00e9 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (comprim\u00e9s \u00e0 50 mg ou 100 mg) entre 2007 et 2014 avec un suivi jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2015. Une analyse compl\u00e9mentaire (sur une cohorte dite \u00ab pr\u00e9valente \u00bb)2&nbsp;a concern\u00e9 les femmes d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9es \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone en 2006 (ann\u00e9e la plus ancienne accessible dans le SNDS) avec un suivi jusqu\u2019\u00e0 la fin 2015.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e8nement d\u2019int\u00e9r\u00eat a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini par le traitement chirurgical (ex\u00e9r\u00e8se ou d\u00e9compression) ou par radioth\u00e9rapie en hospitalisation d\u2019un m\u00e9ningiome intracr\u00e2nien. Les comparaisons ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 partir de mod\u00e8les de Cox \u00e0 risques proportionnels comparant l\u2019incidence d\u2019\u00e9v\u00e9nements entre les&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>diff\u00e9rents groupes (expos\u00e9, tr\u00e8s faiblement expos\u00e9 pour l\u2019analyse principale, et, expos\u00e9, tr\u00e8s faiblement expos\u00e9 et arr\u00eat pour l\u2019analyse de sensibilit\u00e9). Un ajustement sur les caract\u00e9ristiques des femmes \u00e0 l\u2019inclusion (\u00e2ge, CMUc, sp\u00e9cialit\u00e9 du prescripteur initial, contexte de prescription, \u0153strog\u00e8nes associ\u00e9s), a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en ne conservant que celles ayant un effet ind\u00e9pendant. La dose cumul\u00e9e d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone et l\u2019\u00e2ge ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s comme des variables d\u00e9pendantes du temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sultats&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Population d\u2019\u00e9tude&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019instauration d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone entre le 1er&nbsp;janvier 2007 et le 31 d\u00e9cembre 2014 a concern\u00e9 279 678 femmes. Apr\u00e8s exclusion des patientes de moins de 7 ans (n=487) ou de plus de 70 ans (n=1 259), des patientes en affection de longue dur\u00e9e (ALD) (tous motifs confondus) (n= 24 057), des patientes avec ant\u00e9c\u00e9dent de m\u00e9ningiome ou de tumeur b\u00e9nigne du cerveau (n=76) et des patientes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es (n=22) avant le d\u00e9but du suivi (6 mois apr\u00e8s la premi\u00e8re d\u00e9livrance d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone), 253 777 femmes ont \u00e9t\u00e9 incluses dans l\u2019\u00e9tude principale dont 139 222 (54,9%) dans le groupe \u00abexpos\u00e9\u00bb et 114555 (45,1%) dans le groupe contr\u00f4le \u00abtr\u00e8s faiblement expos\u00e9\u00bb. A l\u2019inclusion les femmes avaient un \u00e2ge m\u00e9dian de 27 ans (Q1-Q3 : 21-37). Le prescripteur initial \u00e9tait un m\u00e9decin lib\u00e9ral dans 97% des cas : gyn\u00e9cologue dans plus de la moiti\u00e9 des cas (56,7%), plus rarement dermatologue (11,5%), endocrinologue (10,1%) ou g\u00e9n\u00e9raliste (18,3%). La part des femmes trait\u00e9es pour hirsutisme probable (13%) \u00e9tait faible m\u00eame si cette caract\u00e9risation de ces femmes \u00e9tait incertaine. Dans l\u2019ensemble, la population \u00ab expos\u00e9e \u00bb \u00e9tait tr\u00e8s similaire \u00e0 celle \u00ab tr\u00e8s faiblement expos\u00e9e \u00bb. Les femmes du groupe \u00ab expos\u00e9 \u00bb \u00e9taient socialement un peu moins d\u00e9favoris\u00e9es (CMUc 6,5%&nbsp;versus&nbsp;8,2%), un peu plus jeunes &#8211; moins de 25 ans pour 42,0%&nbsp;versus&nbsp;37,7%, plus souvent suivies par un endocrinologue (13,1%&nbsp;versus&nbsp;6,4%) et moins souvent par un dermatologue (9,3%&nbsp;versus&nbsp;14,3%). En revanche, dans les deux groupes l\u2019instauration des traitements relevait principalement de gyn\u00e9cologues (55,9%&nbsp;versus&nbsp;57,8%).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Risque de m\u00e9ningiome associ\u00e9 \u00e0 la prise d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone, mesure de la relation dose-effet et impact de l\u2019arr\u00eat de l\u2019AC&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme attendu, l\u2019\u00e2ge \u00e0 l\u2019instauration du traitement \u00e9tait fortement li\u00e9 au risque de m\u00e9ningiome. Avec la tranche d\u2019\u00e2ge 25-34 ans comme r\u00e9f\u00e9rence, le\u00a0hazard ratio\u00a0(HR) \u00e9tait de 0,2 (IC 95% 0,0-1,2) pour les moins de 25 ans ; 10,4 (4,8-22,5) pour les 45 \u00e0 54 ans et 42,3 (15,9-112,7) pour les 65 ans et\u00a0plus. Compte tenu de l\u2019effet majeur de l\u2019\u00e2ge sur le risque de m\u00e9ningiome, les autres variables ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9es apr\u00e8s un ajustement sur l\u2019\u00e2ge. La CMUc, le contexte de prescription m\u00e9dicale et la sp\u00e9cialit\u00e9 du prescripteur, n\u2019\u00e9taient pas associ\u00e9s au risque de m\u00e9ningiome. En revanche une prescription simultan\u00e9e d\u2019\u0153strog\u00e8ne \u00e9tait associ\u00e9e de fa\u00e7on significative au risque de m\u00e9ningiome avec un HR ajust\u00e9 sur l\u2019\u00e2ge = 1,6 (1,1-2,4).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le groupe \u00ab expos\u00e9 \u00bb et dans le groupe \u00ab tr\u00e8s faiblement expos\u00e9 \u00bb les nombres de femmes hospitalis\u00e9es pour un m\u00e9ningiome trait\u00e9 (chirurgie dans 97% des cas) ont \u00e9t\u00e9 respectivement de 69 et 20. Les taux d\u2019incidence (risque absolu) dans les deux groupes \u00e9taient respectivement de 23,8 et 4,5 pour 100 000 personnes-ann\u00e9es, soit un risque relatif brut de 5,2 [3,2-8,6] et un HR ajust\u00e9 sur l\u2019\u00e2ge et les \u0153strog\u00e8nes de 6,6 [4,0-11,1] pour l\u2019exposition \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse selon la dose cumul\u00e9e d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone montrait une forte relation dose-effet ; plus la dose cumul\u00e9e \u00e9tait importante, plus le risque de m\u00e9ningiome \u00e9tait \u00e9lev\u00e9. Le taux d\u2019incidence atteignait ainsi pr\u00e8s de 130 cas pour 100 000 personnes-ann\u00e9es dans le groupe avec une exposition cumul\u00e9e de plus de 60 g, soit un risque relatif brut de 28,4 [14,5-55,5]. Les HR, ajust\u00e9s sur l\u2019\u00e2ge et les \u0153strog\u00e8nes, n\u2019\u00e9taient pas significativement diff\u00e9rents de 1 en dessous d\u2019une exposition cumul\u00e9e de 12 grammes d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (qui correspondait au maximum \u00e0 un an de traitement \u00e0 50 mg\/jour 20 jours par mois). Au-del\u00e0, le risque croissait fortement avec la dose cumul\u00e9e : HR = 6,4 [3,6-11,5] pour 12 \u00e0 36 grammes, 11,3 [5,8-22,2] pour 36 \u00e0 60 grammes et 21,7 [10,8-43,5] pour plus de 60 grammes de dose cumul\u00e9e d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (qui correspondent \u00e0 5 ans de traitement \u00e0 50 mg\/jour 20 jours par mois).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une ann\u00e9e d\u2019arr\u00eat de prise d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone, le risque de m\u00e9ningiome \u00e9tait 1,8 fois [1,0-3,2] sup\u00e9rieur au risque de survenue de m\u00e9ningiome en cas de tr\u00e8s faible exposition. Le risque \u00e9tait 4,2 fois [2,2-8,0] sup\u00e9rieur quand la dose cumul\u00e9e d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone avant l\u2019arr\u00eat avait atteint 12 grammes et plus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les femmes d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9es en 2006 \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone (cohorte \u00abpr\u00e9valente\u00bb comprenant 131 485 femmes), nous avons observ\u00e9, chez les expos\u00e9es \u00e0 au moins 3 grammes apr\u00e8s 2006, 485 cas de m\u00e9ningiomes trait\u00e9s en hospitalisation par chirurgie ou radioth\u00e9rapie. Dans cette cohorte le taux d\u2019incidence (risque absolu) atteignait 133 pour 100 000 femmes-ann\u00e9es. A partir d\u2019une dose cumul\u00e9e apr\u00e8s 2006 de 60 grammes d\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone le taux d\u2019incidence atteignait 387 pour 100 000, soit environ 4 cas pour 1000 femmes-ann\u00e9es. C\u2019est dans ce dernier groupe que se trouvaient les femmes expos\u00e9es durant une tr\u00e8s longue dur\u00e9e \u00e0 de fortes doses, 15 \u00e0 30 ans par exemple, sans qu\u2019il soit possible de d\u00e9terminer de fa\u00e7on individuelle le d\u00e9but de l\u2019exposition et la dose cumul\u00e9e totale car les informations ant\u00e9rieures \u00e0 2006 ne sont pas disponibles dans le SNDS.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026\/\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La majorit\u00e9 des m\u00e9ningiomes surviendrait, si l\u2019on en croit les s\u00e9ries de cas publi\u00e9es, apr\u00e8s 10 \u00e0 30 ans d\u2019exposition \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026\/\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus de 400 000 femmes ont consomm\u00e9 en France de l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone \u00e0 forte dose entre 2006 et 2015, dont une grande partie \u00ab hors AMM \u00bb. Il existait, chez ces femmes, une forte association entre l\u2019exposition \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone et le traitement invasif (chirurgie ou radioth\u00e9rapie) d\u2019un m\u00e9ningiome avec un risque multipli\u00e9 par 7.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il existait \u00e9galement une puissante relation dose-effet avec un risque multipli\u00e9 par plus de 20 au-del\u00e0 d\u2019une exposition cumul\u00e9e de 60 grammes commenc\u00e9e entre 2007 et 2014 (soit par exemple 5 ans de traitement \u00e0 50 mg \/ jour 20 jours par mois) et un risque multipli\u00e9 par 30 pour cette m\u00eame exposition si le traitement \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en cours en 2006 ; le risque absolu atteignait 4 pour 1000 femmes-ann\u00e9es pour ces femmes les plus expos\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le risque de m\u00e9ningiome diminuait nettement apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat du traitement pendant une ann\u00e9e sur le suivi disponible. En France, le nombre de cas de m\u00e9ningiomes trait\u00e9s attribuables \u00e0 l\u2019exposition \u00e0 l\u2019ac\u00e9tate de cyprot\u00e9rone \u00e0 forte dose a \u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieur \u00e0 500 entre 2007 et 2015.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9finition L\u2019acn\u00e9 (du genre f\u00e9minin, sans e \u00e0 la fin) est une affection dermatologique extr\u00eamement fr\u00e9quente puisqu\u2019elle atteint plus de 80% des adolescents. Elle commence aux alentours de la pubert\u00e9, souvent elle en est m\u00eame le premier signe, car c\u2019est une affection hormono-d\u00e9pendante sous le contr\u00f4le des hormones m\u00e2les (androg\u00e8nes). 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