{"id":2442,"date":"2019-08-14T17:08:35","date_gmt":"2019-08-14T15:08:35","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=2442"},"modified":"2019-08-14T18:07:15","modified_gmt":"2019-08-14T16:07:15","slug":"addictions-et-grossesse","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/pathologies-et-grossesse\/addictions-et-grossesse\/","title":{"rendered":"Addictions et grossesse"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Alcool et grossesse<\/h2>\n\n\n\n<p> Boire de l\u2019alcool pendant la grossesse est toxique pour le f\u0153tus et peut entra\u00eener diverses complications (retard de croissance, atteintes du syst\u00e8me nerveux central, malformations\u2026), dont le syndrome d\u2019alcoolisation f\u0153tale est la forme la plus grave. En France, l\u2019expertise collective de l\u2019Inserm \u00ab Alcool, effets sur la sant\u00e9 \u00bb2, publi\u00e9e en 2001, estime que 700 \u00e0 3 000 enfants, sur les 750 000 naissances annuelles, seraient concern\u00e9s par un syndrome d\u2019alcoolisation f\u0153tale  grave, avec une incidence plus \u00e9lev\u00e9e sur l\u2019\u00eele de la R\u00e9union, dans le Nord\u2010Pas\u2010de\u2010Calais, en Normandie et en Bretagne. Ce risque est commun \u00e0 toutes les cat\u00e9gories de boissons alcoolis\u00e9es (vin, bi\u00e8re, cidre, spiritueux, etc.) et pour tous les types de consommation, ponctuelle ou r\u00e9guli\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences sur la grossesse<\/h3>\n\n\n\n<p> Les consommations \u00e9lev\u00e9es d\u2019alcool r\u00e9duisent la fertilit\u00e9. Le risque d\u2019avortement spontan\u00e9 augmente \u00e0 partir de 1 \u00e0 2 verres\/jour. L\u2019exposition in utero \u00e0 l\u2019alcool majore la mortinatalit\u00e9, en particulier par un exc\u00e8s d\u2019h\u00e9matomes r\u00e9troplacentaires. Un lien significatif existe avec une dur\u00e9e de gestation plus courte ou un taux de pr\u00e9maturit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 mais le facteur caract\u00e9ristique social est \u00e0 prendre en compte. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des \u00e9tudes ont montr\u00e9 une diminution du poids de naissance (en moins grande proportion que le tabac) et du p\u00e9rim\u00e8tre cr\u00e2nien pour des consommations de 2 ou 3 verres\/jour apr\u00e8s ajustement des consommations de tabac et de la situation sociale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"> Cons\u00e9quences sur l\u2019enfant<\/h3>\n\n\n\n<p> On a d\u00e9crit un syndrome d\u2019alcoolisation f\u0153tale  associant une dysmorphie faciale, un retard de croissance et un dysfonctionnement c\u00e9r\u00e9bral avec consommation maternelle d\u2019alcool connue. <\/p>\n\n\n\n<p>Peuvent \u00e9galement s\u2019observer : des anomalies cong\u00e9nitales (cardiaques, squelettiques, r\u00e9nales, oculaires ou auditives) associ\u00e9es \u00e0 l\u2019exposition pr\u00e9natale \u00e0 l\u2019alcool, un trouble du d\u00e9veloppement et des anomalies du syst\u00e8me nerveux central associ\u00e9s \u00e0 des consommations maternelles d\u2019alcool. <\/p>\n\n\n\n<p>Une exposition pr\u00e9natale \u00e0 l\u2019alcool au cours du 1er trimestre risque plus d\u2019entra\u00eener des anomalies structurales et anatomiques alors qu\u2019aux 2e et 3e trimestres, elle accro\u00eet le risque de retard de croissance et d\u2019atteinte fonctionnelle, plus particuli\u00e8rement c\u00e9r\u00e9brale. <\/p>\n\n\n\n<p>Le syndrome d\u2019alcoolisation f\u0153tale  appara\u00eet pour des consommations \u00e9lev\u00e9es. Les m\u00e8res consommant de fa\u00e7on excessive ont 30 \u00e0 50 % de risque d\u2019avoir un enfant atteint d\u2019un&nbsp;tel syndrome. Les pics d\u2019alcool\u00e9mie maternelle sont corr\u00e9l\u00e9s aux l\u00e9sions f\u0153tales. Une consommation excessive occasionnelle \u00e0 un stade critique peut \u00eatre plus \u00e0 risque qu\u2019une consommation r\u00e9guli\u00e8re mod\u00e9r\u00e9e. Les anomalies cognitives ou comportementales peuvent appara\u00eetre moins dramatiques mais les troubles qu\u2019elles entra\u00eenent (d\u00e9ficit de l\u2019attention, insuffisance d\u2019\u00e9laboration du jugement, compr\u00e9hension r\u00e9duite, hyperactivit\u00e9 et attitude rebelle) vont encore se manifester \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et r\u00e9duire de fa\u00e7on importante les capacit\u00e9s d\u2019adaptation et la qualit\u00e9 de vie de l\u2019individu. <\/p>\n\n\n\n<p>La femme alcoolod\u00e9pendante enceinte n\u00e9cessite une prise en charge pluridisciplinaire soutenue. Il est n\u00e9cessaire de mettre en place un suivi obst\u00e9trical (grossesse \u00e0 risque), p\u00e9diatrique (pr\u00e9paration de la prise en charge d\u2019un enfant atteint), et alcoologique (travail motivationnel avec la patiente). L\u2019objectif n\u2019est pas de r\u00e9soudre l\u2019alcoolod\u00e9pendance maternelle dans l\u2019imm\u00e9diat, mais de limiter le plus possible l\u2019exposition de l\u2019enfant \u00e0 l\u2019alcool. L\u2019arr\u00eat de la consommation est recommand\u00e9 \u00e0 tout moment de la grossesse. Le sevrage doit \u00eatre m\u00e9dicalement accompagn\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quelles doses ? <\/h3>\n\n\n\n<p>S\u2019il n\u2019y a aucun doute sur le potentiel t\u00e9ratog\u00e8ne de l\u2019alcool \u00e0 forte dose, les effets d\u2019une consommation \u00e0 faible dose sur l\u2019embryon et le foetus sont beaucoup moins bien appr\u00e9hend\u00e9s. Un risque d\u2019atteinte persistante du syst\u00e8me nerveux central a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 lors d\u2019une consommation r\u00e9guli\u00e8re de plus de deux verres d\u2019alcool par jour ou une consommation aig\u00fce occasionnelle de cinq verres. A ce jour, il est impossible de d\u00e9terminer ce qu\u2019est uneconsommation d\u2019alcool sans risque pour l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. La prudence est de renoncer \u00e0 toute consommation d\u2019alcool (vin, bi\u00e8re, champagne,\u2026) d\u00e8s le d\u00e9but de la grossesse. Cette recommandation vaut pour toutes les occasions de consommation, qu\u2019elles soient quotidiennes ou ponctuelles, m\u00eame festives. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Tabac et grossesse<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00a0Cons\u00e9quences sur la grossesse <\/h3>\n\n\n\n<p>Le risque de d\u00e9velopper une complication obst\u00e9tricale est augment\u00e9 en fonction de la dur\u00e9e d\u2019exposition, le degr\u00e9 d\u2019intoxication et l\u2019association \u00e0 d\u2019autres toxiques (alcool, cannabis). Il s\u2019agit de :\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p> -troubles de la fertilit\u00e9 : le d\u00e9lai de conception est allong\u00e9 de 9 \u00e0 12mois ; <\/p>\n\n\n\n<p>-fausses couches spontan\u00e9es : le risque relatif moyen est multipli\u00e9 par deux et l\u2019association tabac\/avortement augmente avec le nombre de cigarettes fum\u00e9es par jour ;\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p> -grossesse extra-ut\u00e9rine : le risque relatif moyen de 1,5 \u00e0 3, augmente avec le nombre de cigarettes ;\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes : le risque moyen est deux fois plus grand et trois fois plus grand avant 34 SA ; <\/p>\n\n\n\n<p>-insertion basse du placenta : le risque relatif moyen est de 2 \u00e0 3 ;\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; h\u00e9matome r\u00e9troplacentaire : il est attribuable au tabagisme dans 20 % des cas ; <\/p>\n\n\n\n<p>-hypertension art\u00e9rielle : les femmes \u00e0 la fois hypertendues et fumeuses ont un risque particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 d\u2019hypotrophie s\u00e9v\u00e8re : le taux est deux fois plus \u00e9lev\u00e9 chez les m\u00e8res fumeuses que chez les non-fumeuses ; <\/p>\n\n\n\n<p>-mort f\u0153tale in utero : le risque est dose-d\u00e9pendant chez la primipare et augment\u00e9 de 30 % chez la multipare apr\u00e8s 35ans. Globalement, le risque pour les fumeuses de mettre au monde un enfant mort-n\u00e9 est doubl\u00e9 par rapport aux non-fumeuses. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences sur le f\u0153tus<\/h3>\n\n\n\n<p> Le passage f\u0153toplacentaire s\u2019effectue par simple diffusion. L\u2019affinit\u00e9 du monoxide de carbone pour l\u2019h\u00e9moglobine f\u0153tale est pr\u00e8s de 2fois plus \u00e9lev\u00e9e que celle pour l\u2019h\u00e9moglobine adulte et la d\u00e9carboxylation f\u0153tale plus lente, le taux d\u2019HbCO \u00e9tant sup\u00e9rieur de 10 \u00e0 15 % chez le f\u0153tus par rapport au taux maternel. Or la croissance du f\u0153tus est directement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 son degr\u00e9 d\u2019oxyg\u00e9nation. La diminution du poids de naissance est caract\u00e9ristique d\u2019un retard de d\u00e9veloppement d\u2019origine toxique, dose-d\u00e9pendant de la concentration du monoxyde de carbone et de la dur\u00e9e d\u2019exposition. In utero, 60 % de l\u2019oxyg\u00e8ne consomm\u00e9 pour la croissance sert directement au m\u00e9tabolisme du syst\u00e8me nerveux central du f\u0153tus. La diminution significative du p\u00e9rim\u00e8tre cr\u00e2nien \u00e9galement retrouv\u00e9e est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la diminution du poids du cerveau puisque celui-ci repr\u00e9sente 10 % du poids de naissance. Cette diminution significative de ces indicateurs biom\u00e9triques montre ainsi l\u2019incidence directe de l\u2019hypoxie sur le d\u00e9veloppement du cerveau.  La mesure du CO expir\u00e9 est le seul examen objectif, non invasif, rapide, permettant d\u2019\u00e9valuer le niveau d\u2019exposition du tabagisme actif et\/ou passif, le risque \u00e9ventuel d\u2019intoxication oxycarbon\u00e9e en relation avec les conditions de chauffage ou de pollution atmosph\u00e9rique, l\u2019oxyg\u00e9nation du f\u0153tus et ses risques d\u2019hypoxie. Pour cela\u00a0Il suffit de disposer d\u2019un analyseur de CO et de demander \u00e0 la femme de prendre une inspiration mod\u00e9r\u00e9e, de la retenir pendant 10s afin d\u2019\u00e9quilibrer le taux de CO sanguin et alv\u00e9olaire. Ensuite, elle expire lentement, en une seule fois et le plus longtemps possible dans l\u2019embout \u00e0 usage unique. L\u2019appareil \u00e9quip\u00e9 d\u2019une \u00e9lectrode \u00e9lectrochimique sensible au CO \u00e9value la teneur en CO de l\u2019air alv\u00e9olaire expir\u00e9 et affiche le r\u00e9sultat en ppm. Le taux de CO expir\u00e9 quantifie le tabagisme actif et\/ou passif.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"> Cons\u00e9quences sur le nouveau-n\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00a0Ce sont: hypoxie, l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales, infirmit\u00e9 motrice d\u2019origine c\u00e9r\u00e9brale Hyperactivit\u00e9, troubles cognitivo-comportementaux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"> Effets b\u00e9n\u00e9fiques du sevrage tabagique<\/h3>\n\n\n\n<p> L\u2019arr\u00eat de l\u2019exposition est toujours b\u00e9n\u00e9fique m\u00eame en cas de consommation tr\u00e8s faible de cigarettes ou de tabagisme passif. Les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019arr\u00eat du tabac sont rapides avec, en moins de 24 heures, la normalisation du CO expir\u00e9 et des \u00e9changes gazeux en moins de 48 heures. Le b\u00e9n\u00e9fice du sevrage tabagique est encore important sur la r\u00e9cup\u00e9ration de la croissance f\u0153tale et du poids de naissance ainsi que sur la diminution des complications obst\u00e9tricales. L\u2019arr\u00eat de l\u2019exposition tend alors \u00e0 ramener les risques au niveau de ceux d\u2019une femme enceinte non fumeuse. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques <\/h3>\n\n\n\n<p>Elles peuvent faire appel : <\/p>\n\n\n\n<p>-aux substituts nicotiniques ; <\/p>\n\n\n\n<p>-et a des th\u00e9rapies cognitivo-comportementales. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Autres substances<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"> Les opiac\u00e9s<\/h4>\n\n\n\n<p> Il s\u2019agit des produits suivants : h\u00e9ro\u00efne, morphine (Sk\u00e9nan, Moscontin), cod\u00e9ine (N\u00e9o-Codion), pholcodine, bupr\u00e9norphine (Subutex, Bupr\u00e9norphine, Temg\u00e9sic), m\u00e9thadone et autres opiac\u00e9s de synth\u00e8se. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit de malformation li\u00e9e \u00e0 l\u2019usage des opiac\u00e9s.  Un sevrage aux opiac\u00e9s comporte un risque de mort f\u0153tale. L\u2019alternance intoxication-sevrage est un stress pour le f\u0153tus. Chez les femmes consommatrices d\u2019h\u00e9ro\u00efne, on retrouvait, avant que la substitution ne soit la r\u00e8gle, une augmentation du risque de fausse couche spontan\u00e9e (15 \u00e0 30 %), du risque d\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9 (20 et 56 %), un retard de croissance (entre 25 et 30 %). Le sevrage intra-ut\u00e9rin est un stress s\u00e9v\u00e8re pour le f\u0153tus (augmentation des cat\u00e9cholamines dans le liquide amniotique, \u00e9mission de m\u00e9conium et parfois mort f\u0153tale). Le temps de l\u2019hospitalisation et de l\u2019accouchement \u00e9tait marqu\u00e9 par une forte demande de psychotropes, on assistait souvent \u00e0 un syndrome de sevrage chez la femme, avec son corollaire d\u2019angoisse ing\u00e9rable. On constatait \u00e9galement une augmentation de la mortalit\u00e9 p\u00e9rinatale, atteignant pr\u00e8s de 3 %. On pr\u00e9f\u00e8re actuellement une mise en place dans le cadre  d\u2019un centre sp\u00e9cialis\u00e9 (CSAPA: Centre de soins, d\u2019accompagnement et de pr\u00e9vention en addictologie), de fa\u00e7on \u00e0 ce que la femme b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un accompagnement addicto-psychosocial. L\u2019utilisation de la m\u00e9thadone g\u00e9lule a l\u2019avantage de ne pas contenir d\u2019alcool. Elle \u00e9vite la phase de manque fr\u00e9quente lors de l\u2019initiation de la bupr\u00e9norphine. L\u2019objectif est d\u2019arriver rapidement, sans d\u00e9clencher de signe de sevrage, au palier de stabilisation. La substitution est maintenue tout au long de la grossesse. La bupr\u00e9norphine est un agoniste et antagoniste des r\u00e9cepteurs opiac\u00e9s. Il est donc susceptible de d\u00e9clencher un syndrome de sevrage chez une personne d\u00e9pendante s\u2019il est pris moins de 4 heures apr\u00e8s un agoniste. Il doit \u00eatre absorb\u00e9 en sublingual car l\u2019effet de premier passage h\u00e9patique est tr\u00e8s important. Comme pour la m\u00e9thadone, il est n\u00e9cessaire d\u2019augmenter la posologie en fin de grossesse. Il faut penser \u00e0 r\u00e9ajuster la posologie du traitement de substitution apr\u00e8s l\u2019accouchement, surtout si elle a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9e pendant la gestation. Le traitement de la douleur repose sur les antalgiques p\u00e9riph\u00e9riques. En cas de n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019action centrale, on pr\u00e9f\u00e8re alors augmenter la posologie du traitement de substitution. <\/p>\n\n\n\n<p>Chez le nourrisson, un syndrome de sevrage survient g\u00e9n\u00e9ralement dans les 3 jours qui suivent la naissance mais il peut d\u00e9buter plus tard, jusqu\u2019\u00e0 10 jours, voire 4 semaines pour certains auteurs avec la m\u00e9thadone. Il est plus tardif et moins s\u00e9v\u00e8re chez le pr\u00e9matur\u00e9. Cliniquement, c\u2019est un syndrome de sevrage des opiac\u00e9s. Dans un premier temps, le cri est strident (douleur major\u00e9e par la stimulation ext\u00e9rieure), on note une hypersensibilit\u00e9, une hyperr\u00e9activit\u00e9, une rhinorrh\u00e9e (encombrement nasal, \u00e9ternuements), des b\u00e2illements, un larmoiement, une sudation. Ensuite apparaissent polypn\u00e9e, tr\u00e9mulations, fi\u00e8vre, troubles de la succion, rejets, diarrh\u00e9e, convulsions. Le syndrome de sevrage est d\u00e9clench\u00e9 par le stress. On s\u2019efforce de mettre le nourrisson dans des conditions de calme, de p\u00e9nombre, de portage et d\u2019alimentation \u00e0 la demande. En cas d\u2019\u00e9chec le traitement repose sur une solution orale de chlorhydrate de morphine. L\u2019allaitement est conseill\u00e9 et encourag\u00e9, en l\u2019absence de pathologie infectieuse type VIH. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La coca\u00efne<\/h4>\n\n\n\n<p> Les probl\u00e8mes sont essentiellement dus \u00e0 son fort effet vasoconstricteur (HTA paroxystique) et \u00e0 l\u2019\u00e9ventuelle d\u00e9nutrition (effet anorexig\u00e8ne). Le risque d\u2019h\u00e9matome r\u00e9troplacentaire est multipli\u00e9 par 4 \u00e0 5, celui de retard de croissance intra-ut\u00e9rin par 2 (diminution du poids de naissance de 500g en moyenne). La rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes est 4 \u00e0 5fois plus fr\u00e9quente. Les hydramnios sont plus souvent rencontr\u00e9s. Des anomalies du rythme cardiaque f\u0153tal peuvent survenir (tachycardie, variabilit\u00e9 diminu\u00e9e, absence d\u2019acc\u00e9l\u00e9rations). Des cas isol\u00e9s de malformations mises sur le compte de l\u2019effet vasoconstricteur puissant de la coca\u00efne sont rapport\u00e9s : atr\u00e9sies intestinales, ent\u00e9rocolite ulc\u00e9ron\u00e9crosante, anomalies du syst\u00e8me urinaire, r\u00e9ductions de segments de membres, l\u00e9sions d\u2019isch\u00e9mie ou d\u2019h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale f\u0153tale, etc. Le sevrage est recommand\u00e9. Dans les cas difficiles, il comporte 8 \u00e0 10 jours de f\u00e9brilit\u00e9 intense alternant avec des phases d\u2019apathie, puis 4 \u00e0 8 semaines de syndrome amotivationnel. En cas de prise de coca\u00efne en fin de grossesse et avant l\u2019accouchement, le nourrisson peut pr\u00e9senter, pendant 3 \u00e0 5 jours, une hypertonie, des r\u00e9flexes vifs, une hyperexcitabilit\u00e9, des tr\u00e9mulations, des convulsions. Ces sympt\u00f4mes \u00e9tant l\u00e0 encore d\u00e9clench\u00e9s par le stress, calme, p\u00e9nombre et portage sont recommand\u00e9s. Le traitement m\u00e9dicamenteux n\u2019est pas utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019heure actuelle. Les donn\u00e9es sont contradictoires en ce qui concerne les effets \u00e0 distance sur l\u2019enfant. L\u2019allaitement est contre-indiqu\u00e9 en cas de prise concomitante.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"> Le cannabis<\/h4>\n\n\n\n<p> Les risques sont li\u00e9s \u00e0 la fum\u00e9e et \u00e0 ses constituants, notamment au monoxyde de carbone, dont les taux sont souvent bien plus importants qu\u2019avec le tabac consomm\u00e9 seul (bronchodilatation majeure). Tous les risques li\u00e9s au tabac  sont retrouv\u00e9s avec le cannabis. Aucune malformation n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite \u00e0 ce jour. Chez le nouveau-n\u00e9 on retrouve un syndrome de sevrage a minima: tr\u00e9mulations, irritabilit\u00e9, troubles du sommeil, pleurs faibles, diminution de la r\u00e9ponse visuelle aux stimuli lumineux. Il n\u2019y a pas de traitement propos\u00e9 en dehors de \u00ab calme, p\u00e9nombre, portage \u00bb. Ces sympt\u00f4mes peuvent durer quelques jours \u00e0 un mois. Il y a un passage dans le lait maternel, avec concentration jusqu\u2019\u00e0 8fois plus que dans le s\u00e9rum maternel. L\u2019allaitement est donc d\u00e9conseill\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e2ge scolaire on a not\u00e9 des d\u00e9ficits de l\u2019 attention, de la m\u00e9moire, une hyperactivit\u00e9, la perturbation de certains tests cognitifs (raisonnement verbal). L\u2019impact sur les apprentissages scolaires est fort probable. <\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la grossesse l\u2019arr\u00eat de la consommation est recommand\u00e9, en tenant compte de l\u2019interrelation avec le tabac. Selon l\u2019exp\u00e9rience de la patiente, elle choisira la diminution progressive (possible, du fait de la demi-vie du THC [t\u00e9trahydrocannabinol]) ou l\u2019arr\u00eat brutal. Le sevrage est g\u00e9n\u00e9ralement facile. Il peut cependant \u00eatre bruyant et comporter : agitation, anxi\u00e9t\u00e9 majeure, irritabilit\u00e9, troubles du sommeil, c\u00e9phal\u00e9es. D\u00e9clench\u00e9 et aggrav\u00e9 par le stress, il peut \u00eatre difficile \u00e0 g\u00e9rer en salle de naissance. Il laisse place \u00e0 un syndrome amotivationnel pouvant durer plusieurs mois. Il peut ainsi alt\u00e9rer la relation maman\/b\u00e9b\u00e9. Ceci est une raison suppl\u00e9mentaire pour que le sevrage ait lieu le plus t\u00f4t possible. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alcool et grossesse Boire de l\u2019alcool pendant la grossesse est toxique pour le f\u0153tus et peut entra\u00eener diverses complications (retard de croissance, atteintes du syst\u00e8me nerveux central, malformations\u2026), dont le syndrome d\u2019alcoolisation f\u0153tale est la forme la plus grave. 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