{"id":1363,"date":"2019-07-04T19:12:34","date_gmt":"2019-07-04T17:12:34","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1363"},"modified":"2020-01-11T14:42:15","modified_gmt":"2020-01-11T13:42:15","slug":"lallaitement-maternel","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/la-grossesse\/lallaitement-maternel\/","title":{"rendered":"L&rsquo;allaitement maternel"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Le post-partum imm\u00e9diat est une p\u00e9riode critique. La femme enceinte, objet de tous soins, se m\u00e9tamorphose brutalement en m\u00e8re, confront\u00e9e \u00e0 un nouveau-n\u00e9 qu\u2019il lui faut \u00abadopter\u00bb. L\u2019attention m\u00e9dicale se rel\u00e2che, se fait plus distante face \u00e0 cette jeune femme, vuln\u00e9rable, fatigu\u00e9e. C\u2019est pourtant au cours de cette \u00abcrise\u00bb que va se jouer la qualit\u00e9 d\u2019un allaitement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>I-Physiologie de l&rsquo;allaitement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Deux hormones, toutes deux d\u2019origine hypophysaire sont impliqu\u00e9es dans l\u2019allaitement : la prolactine et l\u2019ocytocine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA PROLACTINE : HORMONE DE PRODUCTION. Une histoire sur 12 mois&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019origine ant\u00e9hypophysaire, la prolactine voit son taux plasmatique augmenter tout au long de la grossesse, pour atteindre, en fin de grossesse, une concentration plasmatique \u00e9gale \u00e0 10 fois sa concentration de d\u00e9part. La chute brutale de la progest\u00e9rone, apr\u00e8s l\u2019accouchement, permet \u00e0 la prolactine d\u2019induire la synth\u00e8se du lactose et des prot\u00e9ines du lait, c\u2019est la premi\u00e8re mont\u00e9e laiteuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la suite, m\u00eame en cas d\u2019allaitement, le taux de prolactine va commencer \u00e0 baisser \u00e0 partir du quinzi\u00e8me jour du post-partum, pour se normaliser au 3e mois. Il sera toujours \u00e0 son maximum la nuit. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9gulation m\u00e9canique<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la succion du mamelon qui est le moteur de la s\u00e9cr\u00e9tion de la prolactine. Cette stimulation aboutit, par voie nerveuse, \u00e0 l\u2019hypothalamus et entra\u00eene une inhibition du PIF (facteur hypothalamique inhibiteur de la prolactine).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant et apr\u00e8s chaque t\u00e9t\u00e9e, on assiste \u00e0 une ascension du taux de prolactine qui atteint son maximum 45 minutes apr\u00e8s le d\u00e9but de celle-l\u00e0. Deux heures apr\u00e8s, la prolactine revient \u00e0 son niveau de base : ainsi chaque t\u00e9t\u00e9e pr\u00e9pare la t\u00e9t\u00e9e suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>La stimulation du mamelon est le m\u00e9canisme r\u00e9gulateur initiateur de la lactation, juste apr\u00e8s l\u2019accouchement et modulateur de celle-ci, au cours des trois premiers mois de l\u2019allaitement. Le taux de prolactine est directement li\u00e9 \u00e0 la fr\u00e9quence et \u00e0 la dur\u00e9e de chaque t\u00e9t\u00e9e, ainsi qu\u2019\u00e0 la qualit\u00e9 de la succion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9flexe de succion est \u00e0 son maximum dans les 20 \u00e0 30 minutes qui suivent la naissance. Si le nouveau-n\u00e9 n\u2019est pas mis au sein \u00e0 ce moment l\u00e0, ce r\u00e9flexe diminue temporairement pour ne redevenir efficace que deux jours plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse prolactinique \u00e0 la succion diminuera pour s\u2019annuler en trois mois environ. La lactation est alors, \u00e0 partir de cette date, simplement entretenue par la vidange des seins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut savoir enfin qu\u2019il existe une baisse physiologique de la lactation au septi\u00e8me jour du post-partum, baisse qui est suivie d\u2019une deuxi\u00e8me mont\u00e9e laiteuse. Cet \u00abaccident\u00bb, normal dans l\u2019\u00e9volution de la lactation, survient au plus mauvais moment, celui du retour au domicile de la jeune accouch\u00e9e. Il doit \u00eatre annonc\u00e9 et d\u00e9dramatis\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019OCYTOCINE : HORMONE DE LA LIVRAISON<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019origine post-hypophysaire, l\u2019ocytocine va entra\u00eener la contraction des cellules myo\u00e9pith\u00e9liales de la glande mammaire, ce qui provoque l\u2019excr\u00e9tion de&nbsp; lait. Ce r\u00e9flexe d\u2019\u00e9jection est, directement induit , l\u00e0 aussi, par la stimulation m\u00e9canique du mamelon. Il s\u2019agit d\u2019un r\u00e9flexe neuro-hormonal.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours d\u2019une seule t\u00e9t\u00e9e, il se produit plusieurs r\u00e9flexes d\u2019\u00e9jection. La stimulation mamelonnaire d\u2019un c\u00f4t\u00e9 entra\u00eene un r\u00e9flexe d\u2019\u00e9jection des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II-Techniques de l&rsquo;allaitement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Celles-ci d\u00e9coulent directement du respect des ph\u00e9nom\u00e8nes physiologiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES PRINCIPES&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>-La mise au sein doit \u00eatre pr\u00e9coce, en salle de travail. Le r\u00e9flexe de succion du nouveau-n\u00e9 est alors \u00e0 son maximum, la mont\u00e9e laiteuse en sera d\u2019autant favoris\u00e9e, en qualit\u00e9 et en pr\u00e9cocit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>-Lors des premiers jours du post-partum, le nombre et le rythme des t\u00e9t\u00e9es seront fix\u00e9es par les besoins de l\u2019enfant. Le d\u00e9marrage de la s\u00e9cr\u00e9tion lact\u00e9e est tr\u00e8s directement li\u00e9 \u00e0 la fr\u00e9quence des stimulations m\u00e9caniques. En r\u00e8gle, le nombre des t\u00e9t\u00e9es varie de 6 \u00e0 10 par jour les quatre premiers jours, puis le nouveau-n\u00e9 se r\u00e8gle sur 6 \u00e0 7 t\u00e9t\u00e9es en moyenne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-La t\u00e9t\u00e9e nocturne, au d\u00e9but, est une bonne chose pour profiter de la s\u00e9cr\u00e9tion prolactinique maximale et favoriser la mont\u00e9e laiteuse.<\/p>\n\n\n\n<p>-La dur\u00e9e de chaque t\u00e9t\u00e9e doit \u00eatre souple, de dix minutes \u00e0 trois quarts d\u2019heure, selon les enfants. La t\u00e9t\u00e9e altern\u00e9e est la seule technique qui permette de profiter des r\u00e9flexes d\u2019\u00e9jection. Elle consiste \u00e0 mettre le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 chaque sein plusieurs fois au cours d\u2019une m\u00eame t\u00e9t\u00e9e plut\u00f4t qu\u2019une seule fois \u00e0 chaque sein.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-L\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019allaitement sera jug\u00e9e sur le comportement de l\u2019enfant entre les t\u00e9t\u00e9es (sommeil) et sur une seule pes\u00e9e quotidienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES GESTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>-Le dos maternel : que l\u2019allaitement se fasse en position assise ou en position couch\u00e9e, c\u2019est le dos qui doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, en \u00e9tant bien cal\u00e9 pour \u00e9viter les dorsalgies.<\/p>\n\n\n\n<p>-La position de l\u2019enfant au sein : l\u2019enfant doit avoir la bouche largement ouverte. Le mamelon et la partie du sein qui se trouve juste en dessous forment, gr\u00e2ce \u00e0 la succion, un \u00abbout de sein\u00bb qui est environ trois fois plus long que le mamelon au repos et qui va en arri\u00e8re de la bouche d\u2019un b\u00e9b\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la jonction entre le palais et le voile du palais.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 sa base, ce \u00abbout de sein\u00bb est coinc\u00e9 entre la gencive sup\u00e9rieure et la langue du nouveau-n\u00e9. Ainsi, mamelon et moiti\u00e9 inf\u00e9rieure de la plaque ar\u00e9olomamelonnaire sont-ils enfouis, ce qui pr\u00e9vient toute l\u00e9sion m\u00e9canique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"560\" height=\"524\" src=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2293\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.10.png 560w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.10-300x281.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"558\" height=\"568\" src=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.23.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2294\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.23.png 558w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.13.23-295x300.png 295w\" sizes=\"auto, (max-width: 558px) 100vw, 558px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"555\" height=\"521\" src=\"https:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.15.21.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2295\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.15.21.png 555w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-09-\u00e0-18.15.21-300x282.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 555px) 100vw, 555px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p> -L\u2019hygi\u00e8ne mammaire est simple<\/p>\n\n\n\n<p>-lavage des mamelons \u00e0 l\u2019eau avant chaque t\u00e9t\u00e9e et savonnage lors de la douche, deux fois par jour ;<\/p>\n\n\n\n<p>-interdiction de toute pommade ou d\u00e9sinfectant local dont il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 qu\u2019ils aient un effet pr\u00e9ventif sur les traumatismes locaux ;<\/p>\n\n\n\n<p>-s\u00e9chage parfait pour \u00e9viter toute mac\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>III-Les difficult\u00e9s de l&rsquo;allaitement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Si elles sont minimes, elles prennent, dans le contexte tr\u00e8s particulier du post-partum, des proportions non n\u00e9gligeables.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-La mont\u00e9e laiteuse insuffisante : celle-ci doit rester exceptionnelle s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019erreur commise dans les quarante-huit premi\u00e8res heures. Sugg\u00e9rer de donner un biberon de compl\u00e9ment \u00e0 une m\u00e8re qui essaie d\u2019allaiter son nouveau-n\u00e9 ne va faire qu\u2019aggraver l\u2019insuffisance de s\u00e9cr\u00e9tion lact\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-Les mamelons ombiliqu\u00e9s : ils ne sont pas une contre-indication \u00e0 l\u2019allaitement mais les premi\u00e8res mises au sein n\u00e9cessitent plus de patience et d\u2019attention.<\/p>\n\n\n\n<p>-Les l\u00e9sions du mamelon : leur traitement est surtout pr\u00e9ventif, bas\u00e9 sur l\u2019hygi\u00e8ne correcte et une position au sein ad\u00e9quate. Les ger\u00e7ures du mamelon imposent un renforcement des mesures d\u2019hygi\u00e8ne, le recours \u00e0 un seul sein \u00e0 chaque t\u00e9t\u00e9e, voire l\u2019interruption transitoire de l\u2019allaitement du cot\u00e9 atteint, lorsque la douleur est intol\u00e9rable, jusqu\u2019\u00e0 cicatrisation compl\u00e8te. Ce type de complications n\u2019est pas fonction de la dur\u00e9e de chaque t\u00e9t\u00e9e mais bien plut\u00f4t d\u2019une mauvaise technique de succion.<\/p>\n\n\n\n<p>-L\u2019engorgement mammaire : Le sein est douloureux, tendu, fix\u00e9. L\u2019\u00e9jection du lait ne se fait plus. L\u2019application de cataplasmes anti-inflammatoires, l\u2019utilisation de m\u00e9dicaments anti-inflammatoires et d\u2019ocytocine (5 unit\u00e9s en intramusculaire, 15 minutes avant la t\u00e9t\u00e9e) permettent de passer ce cap difficile. Mais il existe un geste efficace et simple qui pr\u00e9vient l\u2019engorgement mammaire : c\u2019est la vidange manuelle de chaque sein apr\u00e8s la t\u00e9t\u00e9e s\u2019il existe un \u00abtrop plein\u00bb. L\u2019engorgement est banal et r\u00e9gresse en 24-48 heures.<\/p>\n\n\n\n<p>-La lymphangite : elle se traduit par un placard rouge, en g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un quadrant sup\u00e9ro-externe, associ\u00e9 \u00e0 une hyperthermie brutale. Elle est g\u00e9n\u00e9ralement cons\u00e9cutive \u00e0 un engorgement mal g\u00e9r\u00e9. L\u2019arr\u00eat&nbsp; de l\u2019allaitement ne s\u2019impose pas. Le lait recueilli est propre sans trace de pus. Les cataplasmes (Osmogel \u00ae), les anti-inflammatoires per os (l\u2019Ibuprof\u00e8ne est autoris\u00e9), une bonne vidange des deux seins \u00e0 chaque t\u00e9t\u00e9e feront tout rentrer dans l\u2019ordre en 48 heures. Cette vidange est au mieux manuelle, sinon elle peut \u00eatre aid\u00e9e par un rire-lait. Les antibiotiques ne sont pas n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n<p>-Diff\u00e9rente est la galactophorite pr\u00e9-suppurative. Elle survient plus tard, 10 \u00e0 15 jours apr\u00e8s l\u2019accouchement; son d\u00e9but est progressif et la fi\u00e8vre est mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 38-38,5\u00b0C. Le sein est douloureux dans son ensemble et plus ferme que l\u2019autre. Et surtout le lait recueilli sur un coton est m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 du pus. Le traitement est antibiotique, per os, par d\u00e9riv\u00e9s de la p\u00e9nicilline.<\/p>\n\n\n\n<p>-L\u2019abc\u00e8s mammaire:&nbsp; il complique une glactophorite n\u00e9glig\u00e9e ou incompl\u00e9tement trait\u00e9e. Evoqu\u00e9 sur une courbe thermique oscillante, sur une tum\u00e9faction fluctuante et battante, sur la pr\u00e9sence de pus dans le lait (signe de la compresse), il justifie l\u2019arr\u00eat de l\u2019allaitement du c\u00f4t\u00e9 atteint&nbsp; (on tire le lait pour bien vider le sein) et le drainage chirurgical suivi d\u2019une antibioth\u00e9rapie adapt\u00e9e au germe. Une variante est de faire des ponctions \u00e9vacuarices avec antibioth\u00e9rapie pouvant permettre d\u2019\u00e9viter l\u2019incision chirurgicale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IV-Questions pratiques souvent pos\u00e9es<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Savoir prescrire aux femmes qui allaitent<\/h3>\n\n\n\n<p>Presque tous les composants du plasma maternel sont susceptibles de se retrouver dans le lait \u00e0 une concentration qui d\u00e9pend du degr\u00e9 d\u2019ionisation de la mol\u00e9cule consid\u00e9r\u00e9e, de sa liposolubilit\u00e9 et de son poids mol\u00e9culaire. La plupart des m\u00e9dicaments v\u00e9hicul\u00e9s par le plasma r\u00e9unissent ces conditions.<\/p>\n\n\n\n<p>En pratique courante , il est bon cependant de se souvenir :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -que l\u2019h\u00e9parine ne passe pas dans le lait maternel ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -que les ampicillines sont sans danger ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -que les toniques cardiaques sont utilisables sans arri\u00e8re pens\u00e9e ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -que les t\u00e9tracyclines, les d\u00e9riv\u00e9s atropiniques, et les antiarythmiques sont formellement contre-indiqu\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation de psychotropes soul\u00e8ve quelques pr\u00e9cisions :<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -Les hypnotiques barbituriques peuvent entra\u00eener somnolence et hypotonie chez l\u2019enfant ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -les benzodiaz\u00e9pines sont \u00e0 \u00e9viter en traitement chronique et \u00e0 fortes doses ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -le m\u00e9probamate est pr\u00e9sent dans le lait \u00e0 des concentrations 2 \u00e0 3 fois sup\u00e9rieures aux taux plasmatiques ;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; -les neuroleptiques sont moins \u00e9tudi\u00e9s mais aucun accident n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit ;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &#8211; il y a peu d\u2019information sur les antid\u00e9presseurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Contraception et post partum<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Tant que l\u2019hyperprolactin\u00e9mie existe, l\u2019ovulation est impossible. Ce blocage est constant dans le premier mois, mais il peut devenir ensuite de moins en moins efficace de telle sorte que la f\u00e9condit\u00e9 de chaque cycle, si elle reste diminu\u00e9e, n\u2019est pas statistiquement nulle \u00e0 partir de la cinqui\u00e8me semaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Une contraception doit donc \u00eatre propos\u00e9e \u00e0 la femme qui allaite si celle-ci veut \u00e9viter des grossesses trop rapproch\u00e9es (voir chapitre 55).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Allaitement et conditions particuli\u00e8res<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; -La femme c\u00e9saris\u00e9e : l\u2019allaitement n\u2019est pas contre-indiqu\u00e9. La mont\u00e9e laiteuse est souvent retard\u00e9e par la mise au sein tardive. La jeune femme doit \u00eatre aid\u00e9e \u00e0 chaque t\u00e9t\u00e9e, son hydratation et son alimentation bien adapt\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; -L\u2019anesth\u00e9sie p\u00e9ridurale, qui assure l\u2019analg\u00e9sie au cours de la c\u00e9sarienne et dans les heures qui suivent l\u2019intervention, est un progr\u00e8s autorisant l\u2019allaitement imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; -L\u2019enfant de petit poids : le r\u00e9flexe de succion est souvent mal adapt\u00e9, mais l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9v\u00e8le que l\u2019adaptation au sein se fait souvent rapidement \u00e0 condition de s\u2019en donner la peine.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;-Les grossesses g\u00e9mellaires : L\u2019allaitement n\u2019est pas contre indiqu\u00e9, il est favoris\u00e9 par une solide organisation mat\u00e9rielle dont d\u00e9pendent le repos et la qui\u00e9tude maternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;-Alimentation maternelle et allaitement : il n\u2019est pas d\u2019aliment interdit. Il faut veiller par contre \u00e0 ce que l\u2019alimentation soit riche en calcium et en protides.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019arr<\/strong>\u00eat de l&rsquo;allaitement<\/h3>\n\n\n\n<p>Il ne nous revient pas de fixer une dur\u00e9e minimale ou maximale \u00e0 l\u2019allaitement. Ceci doit rester du ressort du couple \u00abm\u00e8re-enfant\u00bb. Le sevrage doit \u00eatre progressif, en \u00absautant\u00bb une t\u00e9t\u00e9e sur trois, puis sur deux .&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Esth\u00e9tique et allaitement<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019hypertrophie glandulaire mammaire n\u2019est pas&nbsp; fonction de l\u2019allaitement mais de la grossesse elle-m\u00eame. Elle peut entra\u00eener vergetures et ptose mammaire. La prophylaxie de telles l\u00e9sions d\u00e9bute d\u00e8s le premier trimestre de la grossesse par le port de soutien-gorges adapt\u00e9s au volume mammaire et d\u00e9pourvus d\u2019armature.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Souplesse et simplicit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019allaitement ne doivent pas conduire, bien au contraire, \u00e0 n\u00e9gligence et d\u00e9sint\u00e9r\u00eat.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Respecter les \u00abinstincts\u00bb ou la \u00abnature\u00bb ne repr\u00e9sente rien pour ces jeunes femmes en qu\u00eate de r\u00e9confort, d\u2019aide et d\u2019attention.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019allaitement, lorsqu\u2019il est choisi, doit \u00eatre guid\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re du <strong>bon sens<\/strong> et de la physiologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien conduit, il est certainement pour la m\u00e8re et son enfant source profonde de plaisir, de r\u00e9confort et d\u2019\u00e9change.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le post-partum imm\u00e9diat est une p\u00e9riode critique. 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