{"id":1191,"date":"2019-07-04T07:17:34","date_gmt":"2019-07-04T05:17:34","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1191"},"modified":"2019-07-07T11:12:53","modified_gmt":"2019-07-07T09:12:53","slug":"hepatite-c-et-grossesse","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/pathologies-et-grossesse\/hepatite-c-et-grossesse\/","title":{"rendered":"H\u00e9patite C et grossesse"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019h\u00e9patite C concerne moins de 1% des femmes enceintes. C\u2019est une infection souvent associ\u00e9e au HIV qu\u2019il faut rechercher syst\u00e9matiquement car une co-infection avec le HIV (ou VIH) augmente le risque de transmission.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le virus<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le virus de l\u2019h\u00e9patite C est un&nbsp;organisme vivant minuscule d\u2019apparence tr\u00e8s rudimentaire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"316\" height=\"277\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.45.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2138\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.45.png 316w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.45-300x263.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 316px) 100vw, 316px\" \/><figcaption>Virus de l&rsquo;h\u00e9patite C<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>De forme grossi\u00e8rement arrondie, il est constitu\u00e9, de l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur, d\u2019une enveloppe molle contenant des lipides et des prot\u00e9ines, d\u2019une coque rigide appel\u00e9e capside et du g\u00e9nome, courte mol\u00e9cule d\u2019ARN&nbsp;contenant l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique qui lui permet de se multiplier dans les cellules.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cet aspect anodin, c\u2019est un agent infectieux tr\u00e8s bien adapt\u00e9 \u00e0 la survie dans un milieu hostile.&nbsp;Il p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019organisme d\u2019un individu lorsque le sang de ce dernier entre en contact avec celui d\u2019un porteur du virus,&nbsp;par exemple, \u00e0 la suite d\u2019un \u00e9change de seringues entre toxicomanes ou, de fa\u00e7on accidentelle, lors d\u2019une intervention chirurgicale avec du mat\u00e9riel mal st\u00e9rilis\u00e9.&nbsp;La circulation sanguine transporte le virus jusqu\u2019au foie. Le virus se fixe alors \u00e0 la surface des principales cellules du foie, les h\u00e9patocytes,&nbsp;gr\u00e2ce \u00e0 des prot\u00e9ines de surface jouant le r\u00f4le de r\u00e9cepteurs,&nbsp;p\u00e9n\u00e8tre dans ces cellules&nbsp;et d\u00e9tourne \u00e0 son profit la machinerie cellulaire&nbsp;pour fabriquer un grand nombre de nouveaux virus.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019h\u00e9patite C &#8211; G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019h\u00e9patite C est une maladie du foie caus\u00e9e par un agent infectieux de la famille des flavivirus, le virus de l\u2019h\u00e9patite C (VHC). Avec l\u2019h\u00e9patite B elle constitue l\u2019une des formes les plus graves d\u2019h\u00e9patite virale, capable&nbsp;d\u2019engendrer une atteinte chronique du foie \u00e0 risque de complications graves.<\/p>\n\n\n\n<p>Le VHC se transmet essentiellement par voie sanguine.&nbsp;Les cas de contamination par voie sexuelle sont rares et limit\u00e9s aux personnes qui ont des partenaires multiples et\/ou sont co-infect\u00e9es par le VIH. En pratique, la principale voie de contamination actuelle passe par le partage de mat\u00e9riel entre usagers de drogues (seringue, paille de sniff, compresse\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Historiquement, le virus s\u2019est largement propag\u00e9 par le biais des transfusions sanguines. La d\u00e9couverte du virus en 1989 a ensuite permis d\u2019\u00e9carter d\u00e9finitivement ce risque, au moins dans les pays industrialis\u00e9s. Le virus a \u00e9galement pu se transmettre \u00e0 l\u2019occasion de tatouages, de soins dentaires ou d\u2019acupuncture r\u00e9alis\u00e9s avec du mat\u00e9riel mal st\u00e9rilis\u00e9, mais cette voie de contamination est aujourd\u2019hui anecdotique. D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, un contact de sang \u00e0 sang, partage de seringue et ou de tout mat\u00e9riel servant \u00e0 l\u2019injection intraveineuse, paille ou tout autre objet servant \u00e0 sniffer des drogues, relation sexuelle vaginale ou anale non prot\u00e9g\u00e9e, tatouage ou body piercing effectu\u00e9s avec des instruments non st\u00e9riles\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>A moins qu\u2019un d\u00e9pistage ne soit r\u00e9alis\u00e9 de fa\u00e7on fortuite, l\u2019infection par le VHC n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement diagnostiqu\u00e9e que tardivement, lorsque l\u2019h\u00e9patite C est devenue chronique et que ses cons\u00e9quences sur le foie sont avanc\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les 2 \u00e0 12 semaines suivant l\u2019infection,&nbsp;le VHC provoque une h\u00e9patite aigu\u00eb. Dans la plupart des cas, les sympt\u00f4mes (fatigue, ict\u00e8re, urines fonc\u00e9es, selles blanch\u00e2tres) sont inexistants et la maladie imperceptible par le malade lui-m\u00eame. Exceptionnellement (dans moins de 1% des cas), l\u2019h\u00e9patite aigu\u00eb est dite fulminante&nbsp;: le foie est alors tr\u00e8s endommag\u00e9 et les sympt\u00f4mes s\u00e9v\u00e8res. Dans ce cas, une transplantation h\u00e9patique doit \u00eatre envisag\u00e9e en urgence.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette phase aigu\u00eb correspond \u00e0 une p\u00e9riode au cours de laquelle le syst\u00e8me immunitaire tente de se d\u00e9barrasser du virus&nbsp;: seuls 10 \u00e0 20% des personnes infect\u00e9es y parviendront et gu\u00e9riront de l\u2019infection. Pour les 80 \u00e0 90% restants, l\u2019infection devient chronique et le virus s\u2019installe d\u00e9finitivement dans les cellules du foie. Durant des ann\u00e9es, l\u2019h\u00e9patite C chronique progresse silencieusement. Les cellules du foie infect\u00e9es, d\u00e9truites par les d\u00e9fenses immunitaires, sont progressivement remplac\u00e9es par un tissu cicatriciel fibreux. Le degr\u00e9 de fibrose atteint par chaque patient est difficilement pr\u00e9dictible car il d\u00e9pend de beaucoup de param\u00e8tres dont certains sont m\u00e9connus (\u00e2ge, co-infection par le VIH ou par le VHB, consommation d\u2019alcool\u2026). Chez 10 \u00e0 20% des patients, la fibrose \u00e9volue vers une&nbsp; cirrhose.apr\u00e8s 10 ou 15 ann\u00e9es. Le foie n\u2019est alors plus capable d\u2019assurer ses fonctions normales et des sympt\u00f4mes graves apparaissent&nbsp;:&nbsp;h\u00e9morragie au niveau de l\u2019\u0153sophage ou du tube digestif, ascite (liquide pr\u00e9sent dans l\u2019abdomen), \u0153d\u00e8mes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019atteinte du foie, la plupart des malades d\u00e9veloppent aussi d\u2019autres sympt\u00f4mes&nbsp;: fatigue, insulinor\u00e9sistance puis diab\u00e8te, pathologies cardiaques, troubles cutan\u00e9s\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les patients dits cirrhotiques, il existe \u00e0 terme un risque accru de cancer du foie: chaque ann\u00e9e, 1 \u00e0 5% d\u2019entre eux d\u00e9veloppent un cancer.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis l&rsquo;identification du virus en 1989, l&rsquo;augmentation du nombre de personnes infect\u00e9es pr\u00e9occupe les autorit\u00e9s sanitaires des diff\u00e9rents pays. Bien que tous ne disposent pas de statistiques suffisantes pour appr\u00e9cier pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;incidence de l&rsquo;h\u00e9patite&nbsp;C, tous la consid\u00e8rent comme une menace de sant\u00e9 publique de tr\u00e8s grande ample<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait entre 200 et 350 millions de porteurs chroniques du virus de l&rsquo;h\u00e9patite C dans le monde, soit environ 3&nbsp;% de la population, dont 4&nbsp;millions aux Etats-Unis et 5&nbsp;millions en Europe de l&rsquo;Ouest. Si l&rsquo;incidence de l&rsquo;h\u00e9patite&nbsp;C est plus importante dans les pays en d\u00e9veloppement, ce pourcentage varie de 0,1 \u00e0 5&nbsp;% selon les pays.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"662\" height=\"422\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.54.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2137\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.54.png 662w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-07-\u00e0-11.11.54-300x191.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><figcaption><em>Pr\u00e9valence estim\u00e9e de l\u2019H\u00e9patite C dans le monde (en 2004)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9pistage maternel<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le risque de transmission du virus de la m\u00e8re \u00e0 son enfant est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 5 %. La transmission se fait g\u00e9n\u00e9ralement lors de l&rsquo;accouchement. Les donn\u00e9es n&rsquo;indiquent pas que l&rsquo;allaitement maternel puisse transmettre le VHC. Par contre, il n\u2019est pas recommand\u00e9 d\u2019allaiter son enfant pour quelqu\u2019un qui aurait le VHC et les mamelons gerc\u00e9s \u00e0 la fois. Les relations sexuelles avec une personne infect\u00e9e par le VHC pr\u00e9sentent un risque faible. Dans ce cas l\u2019utilisation d\u2019un pr\u00e9servatif est non n\u00e9gligeable. Il ne faut pas oublier qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une maladie \u00e0 d\u00e9claration obligatoire, ce qui signifie que vous devez obligatoirement en informer votre partenaire sexuel avant la relation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9pistage n\u2019est pas obligatoire en France au cours de la grossesse. Il peut \u00eatre fait pour certains syst\u00e9matiquement et une s\u00e9rologie devra au moins \u00eatre demand\u00e9e en cas de situation \u00e0 risque: ant\u00e9c\u00e9dent de transfusion sanguine, toxicomanie intraveineuse, patiente HIV positive,&nbsp; ou originaire d\u2019une r\u00e9gion de forte end\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la m\u00e8re est porteuse d\u2019anticorps anti-HCV il faut pr\u00e9ciser la charge virale par la recherche de l\u2019ADN viral par PCR (le risque de contamination est quasi nul si la charge virale est ind\u00e9tectable) et rechercher une co-infection au VIH.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Risque n\u00e9onatal<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La contamination de l\u2019enfant survientau moment de l\u2019accochement avec un risque moyen de 5% mais qui d\u00e9pend de la charge virale. la c\u00e9sarienne n\u2019est pas&nbsp; justifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la charge virale est positive, un traitement par interf\u00e9ron peut\u00eatre discut\u00e9 (la Ribavarine est contre-indiqu\u00e9e). la d\u00e9sinfection cutan\u00e9e du nouveau-n\u00e9 est r\u00e9alis\u00e9e en salle de naissance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019h\u00e9patite C concerne moins de 1% des femmes enceintes. 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