{"id":1100,"date":"2019-07-04T06:17:28","date_gmt":"2019-07-04T04:17:28","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1100"},"modified":"2019-07-06T18:06:06","modified_gmt":"2019-07-06T16:06:06","slug":"les-grossesses-gemellaires","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/obstetrique\/grossesses-pathologiques\/les-grossesses-gemellaires\/","title":{"rendered":"Les grossesses g\u00e9mellaires"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Le d\u00e9veloppement simultan\u00e9 de deux f\u0153tus dans un seul ut\u00e9rus d\u00e9finit la grossesse g\u00e9mellaire. Sa fr\u00e9quence est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 1 % des accouchements, mais elle varie en fonction de la race et augmente avec la parit\u00e9 et l\u2019\u00e2ge maternel. Elle a connu une forte augmentation ces derni\u00e8res ann\u00e9es du fait du d\u00e9veloppement des techniques de f\u00e9condation in vitro avec transferts de plusieurs embryons (pour augmenter les chances de succ\u00e8s. Aujourd\u2019hui, la tendance est \u00e0 la diminution du nombre d\u2019embryons transf\u00e9r\u00e9s et dans les bons centres, sauf exception), la politique suivie est celle du transfert de l\u2019embryon unique. Il en r\u00e9sulte maintenant que, un peu paradoxalement, les grossesses g\u00e9mellaires non spontan\u00e9es sont plus le fait de stimulations de l\u2019ovulation simples et de moins en moins des f\u00e9condations in vitro.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>I-Mono ou Bizygotes?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>On distingue deux types de jumeaux : monozygotes et bizygotes.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; <strong>A-Les jumeaux bizygotes <\/strong>ou biovulaires sont aussi appel\u00e9s faux jumeaux. Ils repr\u00e9sentent les 2\/3 des jumeaux. Ils r\u00e9sultent de la f\u00e9condation par deux spermatozo\u00efdes diff\u00e9rents, de deux ovocytes diff\u00e9rents \u00e9mis en m\u00eame temps par l\u2019ovaire, soit \u00e0 partir d\u2019un m\u00eame follicule, soit \u00e0 partir de deux follicules arriv\u00e9s simultan\u00e9ment \u00e0 maturation. Les deux \u0153ufs sont ind\u00e9pendants et sont simplement juxtapos\u00e9s, il s\u2019agit de grossesses bichoriales biamniotiques. Les enfants seront aussi diff\u00e9rents entre eux que des fr\u00e8res et s\u0153urs habituels, n\u2019ayant en commun que la grossesse ; ils peuvent \u00eatre de sexes diff\u00e9rents, voire m\u00eame de p\u00e8res diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>B-Les jumeaux monozygotes<\/strong> ou uni-ovulaires sont les vrais jumeaux, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils r\u00e9sultent de la division d\u2019un seul et m\u00eame \u0153uf initial. Selon le moment o\u00f9 se produit cette division on distingue plusieurs types de jumeaux monozygotes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au stade de deux blastom\u00e8res, la grossesse sera malgr\u00e9 tout bichoriale, biamniotique, c\u2019est-\u00e0-dire que chaque jumeau aura un placenta, un chorion et un amnios s\u00e9par\u00e9s, tout comme des faux jumeaux, mais ils ont ici un patrimoine h\u00e9r\u00e9ditaire identique (groupe sanguin, groupe tissulaire, r\u00e9sistance aux greffes, ect). &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au stade de bouton embryonnaire, la division aboutit \u00e0 des jumeaux monochoriaux bi-amniotiques c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il existe un seul placenta, un seul chorion, mais deux amnios s\u00e9par\u00e9s. Cette forme concerne les deux tiers des vrais jumeaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Au stade de disque embryonnaire, la division,plus tardive, se faisant apr\u00e8s la formation de la cavit\u00e9 amniotique, aboutit \u00e0 des jumeaux monochoriaux mono-amniotiques, c\u2019est-\u00e0-dire que les deux f\u0153tus se retrouvent dans la m\u00eame cavit\u00e9 amniotique. Ils repr\u00e9sentent seulement 2 % des vrais jumeaux. Ils sont g\u00e9n\u00e9ralement s\u00e9par\u00e9s mais peuvent exceptionnellement \u00eatre fusionn\u00e9s entre eux sur une surface plus ou moins grande, r\u00e9alisant des monstres doubles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-06-\u00e0-17.56.52.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1803\" width=\"597\" height=\"498\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-06-\u00e0-17.56.52.png 699w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-07-06-\u00e0-17.56.52-300x251.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 597px) 100vw, 597px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Au total :<\/p>\n\n\n\n<p>-toutes les grossesses g\u00e9mellaire bizygotes sont bichoriales et biamniotiques;<\/p>\n\n\n\n<p>-toutes monochoriales sont monozygotes ;<\/p>\n\n\n\n<p>-mais toutes les bichoriales ne sont pas bizygotes.<\/p>\n\n\n\n<p>et, exprim\u00e9 autrement, il y a trois types de placentation:<\/p>\n\n\n\n<p>-Bichoriale-bi-amniotique (sont mono ou bizygotes)<\/p>\n\n\n\n<p>-Monochoriale bi-amniotique (sont toujours monozygotes)<\/p>\n\n\n\n<p>-Monochoriale mono-amniotique (sont toujours monozygotes)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>C-Diagnostic de la chorionicit\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le diagnostic de chorionocit\u00e9 est important \u00e0 faire car les risques et les complications sont diff\u00e9rents et ce diagnostic doit \u00eatre fait au premier trimestre car il est g\u00e9n\u00e9ralement impossible apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le compte des sacs gestationnels peut \u00eatre fait entre 7 et 10 semaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic de chorionicit\u00e9 doit \u00eatre fait entre 11 et 14 semaines. Il repose sur le \u00absigne du lambda\u00bb:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-441.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1804\" width=\"554\" height=\"378\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-441.png 368w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-441-300x205.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 554px) 100vw, 554px\" \/><figcaption>Signe du lambda<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le signe du labda est l\u2019interposition du cordon entre les deux amnios. Il signe une grossesse bichoriale et bien s\u00fbr bi-amniotique. S\u2019il est absent, les amnios s\u2019ins\u00e8rent directement en T sur le chorion prouvant une grossesse monocchoriale, comme ci-dessous:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-443.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1806\" width=\"472\" height=\"428\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-445.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1808\" width=\"470\" height=\"426\"\/><figcaption>Grossesses monochoriales<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Plus tard, l\u2019\u00e9tude du nombre de feuillets au niveau de la cloison est plus d\u00e9licate. On peut parfois les compter avec un fort grossissement:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-446.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1809\" width=\"468\" height=\"336\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-446.png 318w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-446-300x215.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Si la grossesse est bi-amniotique, apr\u00e8s la d\u00e9livrance, il faut essayer de reconna\u00eetre le caract\u00e8re mono ou bichorial au travers de l\u2019examen des annexes f\u0153tales. Il s\u2019agit de rechercher les feuillets choriaux au niveau de la cloison qui s\u00e9pare les deux sacs ovulaires. Si le placenta est monochorial, la cloison est translucide et compos\u00e9e de deux membranes amniotiques que l\u2019on peut s\u00e9parer l\u2019une de l\u2019autre jusqu\u2019au placenta sans qu\u2019il persiste de couche interm\u00e9diaire. Si le placenta est bichorial, la cloison est plus opaque et entre les deux amnios, on retrouve soit une seule couche fusionn\u00e9e, soit deux feuillets chorioniques. Si l\u2019examen macroscopique n\u2019est pas \u00e9vident, il faut pratiquer un examen histologique de la cloison, de pr\u00e9f\u00e9rence au niveau de sa base d\u2019insertion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II-L\u2019estimation du risque des anomalies chromosomiques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Chez les grossesses bichoriales, l\u2019estimation de ce risque au 1er trimestre est r\u00e9alis\u00e9e par un calcul int\u00e9grant l\u2019\u00e2ge maternel, la mesure de la LCC et celle de la clart\u00e9 nucale de chacun des 2 f\u0153tus. Chez les grossesses monochoriales, l\u2019estimation du risque d\u2019aneuplo\u00efdie au 1er trimestre doit \u00eatre rendue sous la forme d\u2019une \u00e9chelle de risques dont les bornes seront constitu\u00e9es par les valeurs respectives des \u00e9paisseurs de la clart\u00e9 de nuque des deux f\u0153tus. Il n\u2019est pas recommand\u00e9 de proposer en routine l\u2019utilisation des marqueurs s\u00e9riques du 1er trimestre qui sont en cours d\u2019\u00e9valuation pour les g\u00e9mellaires. Il n\u2019est pas non plus recommand\u00e9 de prescrire en routine les marqueurs s\u00e9riques du 2e trimestre (sensibilit\u00e9 moyenne associ\u00e9e \u00e0 un taux de faux positifs \u00e9lev\u00e9 et test de d\u00e9pistage ne donnant pas de risque pour chaque f\u0153tus).<\/p>\n\n\n\n<p>Si un pr\u00e9l\u00e8vement est n\u00e9cessaire, la choriocent\u00e8se doit \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0&nbsp; l\u2019amniocent\u00e8se&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>III-Les complications des grossesses g\u00e9mellaires<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les g\u00e9mellaires sont des grossesses \u00e0 risque, ce qui doit rendre tr\u00e8s prudent concernant les politiques de transferts d\u2019embryons.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; <strong>A-Complications maternelles<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>1-L\u2019hypertension et la tox\u00e9mie gravidique y sont quatre fois plus fr\u00e9quente avec leurs complications propres : hypotrophie, mort f\u0153tale, \u00e9clampsie, etc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>2-L\u2019hydramnios. Autant l\u2019exc\u00e8s de liquide est banal dans la grossesse g\u00e9mellaire autant la survenue d\u2019un hydramnios aigu apr\u00e8s 30 semaines doit \u00eatre reconnue. Il peut aboutir \u00e0 l\u2019expulsion des deux f\u0153tus et \u00e0 l\u2019installation d\u2019une insuffisance cardio-respiratoire chez la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>3-L\u2019an\u00e9mie ferriprive. Elle doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e en tenant compte de l\u2019h\u00e9modilution accrue li\u00e9e \u00e0 la g\u00e9mellit\u00e9e. Si une transfusion est n\u00e9cessaire, on utilisera de pr\u00e9f\u00e9rence des globules rouges concentr\u00e9s pour ne pas accentuer la surcharge vol\u00e9mique propre \u00e0 ce type de grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>4-L\u2019insertion basse du placenta est plus fr\u00e9quente et s\u2019explique par la plus grande surface placentaire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; <strong>B-Complications foetales<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>1-L\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9. Il est favoris\u00e9 par la surdistension ut\u00e9rine, mais peut l&rsquo;\u00eatre aussi par l\u2019accumulation d\u2019un facteur placentaire ou surr\u00e9nalien f\u0153tal. La pr\u00e9diction de l\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9 est tr\u00e8s difficile \u00e0 faire. Le meilleur test serait la mesure de la longueur du col \u00e0 l\u2019\u00e9chographie, surtout par sa valeur pr\u00e9dictive n\u00e9gative s\u2019il est long (&gt;3cm).<\/p>\n\n\n\n<p>2-Le retard de croissance intra-ut\u00e9rin est 10 fois plus fr\u00e9quent. Il s\u2019installe \u00e0 partir de la 30e semaine et en fin de grossesse. Une discordance de croissance entre les deux jumeaux est en outre possible. Le retard de croissance s\u2019explique par :<\/p>\n\n\n\n<p>-le manque de place dans l\u2019ut\u00e9rus limitant l\u2019aire relative d\u2019insertion de chaque placenta ;<\/p>\n\n\n\n<p>-l\u2019insuffisance de la perfusion ut\u00e9ro-placentaire;<\/p>\n\n\n\n<p>-la surdistension ut\u00e9rine.<\/p>\n\n\n\n<p>3-La mort d\u2019un jumeau in utero s\u2019observe dans 3 \u00e0 5 % des cas. Elle s\u2019explique :<\/p>\n\n\n\n<p>-le plus souvent par un syndrome \u00abtransfuseur-transfus\u00e9\u00bb observable dans les grossesses monochoriales mono-amniotiques , de m\u00eame qu\u2019un enroulement des cordons ;<\/p>\n\n\n\n<p>-des malformations f\u0153tales qui sont 2 \u00e0 3 fois plus fr\u00e9quentes que dans les grossesses uniques;<\/p>\n\n\n\n<p>-des anomalies de la placentation.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel accident expose la m\u00e8re et le f\u0153tus survivant au risque de survenue de troubles de la coagulation par transfert de thromboplastines placentaires et f\u0153tales ou \u00e0 l\u2019embolisation directe de fragments n\u00e9cros\u00e9s du placenta.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; <strong>C-Complications sp\u00e9cifiques des monozygotes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; 1-Le syndrome transfuseur-transfus\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p>Une particularit\u00e9 des grossesses monozygotes tient \u00e0 ce qu\u2019il existe le plus souvent des communications vasculaires entre les deux circulations f\u0153tales. Plusieurs types existent :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 les anastomoses art\u00e9rioart\u00e9rielles, les plus fr\u00e9quentes ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 veino-veineuses, dans 20 % des cas, ces 2 types \u00e9tant dites \u00ab superficielles \u00bb, car elles se situent sur la face membranaire du placenta ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 enfin, les anastomoses art\u00e9rioveineuses, tr\u00e8s fr\u00e9quentes, qui sont visibles \u00e0 la face membranaire du placenta, mais pour lesquelles le lieu de l\u2019anastomose elle-m\u00eame est plus profond, au niveau du cotyl\u00e9don. Ainsi, par ces anastomoses placentaires, il existe un \u00e9change permanent entre les circulations f\u0153tales, qui est normalement \u00e9quilibr\u00e9, en particulier par les anastomoses art\u00e9rioveineuses dont le d\u00e9bit est volontiers plus importantLes cons\u00e9quences vont appara\u00eetre apr\u00e8s le 4e mois de grossesse. Cela peut aboutir :<\/p>\n\n\n\n<p>-soit \u00e0 une situation d\u2019\u00e9quilibre h\u00e9modynamique et les deux jumeaux resteront \u00absolidaires\u00bb dans leur croissance ;<\/p>\n\n\n\n<p>-soit \u00e0 une asym\u00e9trie h\u00e9modynamique. C\u2019est un d\u00e9s\u00e9quilibre des vol\u00e9mies foetales et non d\u2019une transfusion au sens propre. Si cette asym\u00e9trie est mod\u00e9r\u00e9e, c\u2019est qu\u2019il existe des communications art\u00e9rio-veineuses dont le d\u00e9bit est l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur dans un sens donn\u00e9 ; la transfusion d\u2019un f\u0153tus vers l\u2019autre se fait lentement et la grossesse peut se prolonger jusqu\u2019au 9e mois ; le transfuseur na\u00eetra p\u00e2le, hypotrophe et hypoprotid\u00e9mique ; le transfus\u00e9 sera plus gros, polyglobulique avec une hyperbilirubin\u00e9mie et une h\u00e9patospl\u00e9nom\u00e9galie. Si elle est importante, elle aboutit \u00e0 la mort des jumeaux in utero, le transfus\u00e9 d\u00e9c\u00e9dant le premier d\u2019insuffisance cardiaque li\u00e9e \u00e0 l\u2019hypervol\u00e9mie, avec un hydramnios aigu, le transfuseur ensuite par l\u2019hypoxie li\u00e9e \u00e0 la r\u00e9duction de sa masse sanguine.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9quence TOPS ou STT complique 10 \u00e0 15 % des grossesses monochoriales soit 1 \u00e0 3 pour 10 000 grossesses. Le d\u00e9s\u00e9quilibre de la vol\u00e9mie est rapport\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence de nombreuses anastomoses. Le risque obst\u00e9trical est important. Il est celui d\u2019une mort f\u0153tale in utero&nbsp; spontan\u00e9ment dans plus de 50 % des cas, et celui d\u2019un accouchement pr\u00e9matur\u00e9 spontan\u00e9ment dans pr\u00e8s de 100 % des cas. Le retard de croissance est tr\u00e8s fr\u00e9quemment associ\u00e9, mais il ne fait pas partie de la d\u00e9finition du syndrome, de m\u00eame que l\u2019an\u00e9mie\/polycyth\u00e9mie qui correspond \u00e0 une autre entit\u00e9. La gravit\u00e9 du tableau s\u2019analyse en fonction du stade de Quintero :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 stade I avec une discordance de plus grandes citernes (PGC, 8 ou 10 cm apr\u00e8s 20 SA) et 2 cm pour le donneur ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 stade II, la vessie du donneur n\u2019est plus visible ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 stade III avec apparition d\u2019anomalies Doppler ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 stade IV avec une anasarque sur l\u2019un des jumeaux ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 et enfin stade V avec une MFIU. La gravit\u00e9 du pronostic est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l\u2019importance du stade de Quintero.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"679\" height=\"396\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-447.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1811\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-447.png 679w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-447-300x175.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 679px) 100vw, 679px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00a0\u00a0 2-Le f\u0153tus papyrac\u00e9 <\/h4>\n\n\n\n<p>est un f\u0153tus mort in utero, aplati et dess\u00e9ch\u00e9 cotoyant\u00a0 un jumeau normal repr\u00e9sentant une forme possible du syndrome tranfuseur-transfus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00a0 \u00a0 3-Le monstre acarde<\/h4>\n\n\n\n<p> (1 % des grossesses monozygotiques). Il s\u2019agit d\u2019un f\u0153tus acarde, ac\u00e9phale, perfus\u00e9 par le jumeau normal.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; 4-Malformations diverses.<\/h4>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; 5-G\u00e9mellit\u00e9s conjointes.<\/h4>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; 6-Surmortalit\u00e9 du second jumeau, qui est d\u2019autant plus importante que le second accouchement est plus distant du premier.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp;<strong> D-Complications obst\u00e9tricales<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>&nbsp; &nbsp; Plus grande fr\u00e9quence des pr\u00e9sentations dystociques, de procidence du cordon, accrochage des mentons en cas de grossesse monoamniotique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-448.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1812\" width=\"485\" height=\"398\"\/><figcaption>Accrochage des mentons<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la mortalit\u00e9 p\u00e9rinatale est multipli\u00e9e par 6 en cas de grossesse g\u00e9mellaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IV-Prise en charge et conduite \u00e0 tenir<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp; &nbsp; A-Pour les grosssses bichoriales bi-amniotiques<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On propose une consultation mensuelle jusqu\u2019\u00e0 26 semaines, une consultation tous les 15 jours de 26 \u00e0 34 semaines et une consultation par semaine \u00e0 partir de 34 semaines. Une \u00e9chographie mensuelle avec estimation du poids f\u0153tal et doppler ombilical est recommand\u00e9e. Un arr\u00eat de travail avec repos \u00e0 domicile est souhaitable \u00e0 partir du 5\u00e8me mois. Une surveillance \u00e9chographique plus rapproch\u00e9e est conseill\u00e9e s\u2019il existe une discordance de poids sup\u00e9rieure \u00e0 20-25 % entre les 2 f\u0153tus. En raison du risque augment\u00e9 de complications obst\u00e9tricales, un suivi plus rapproch\u00e9 au dernier trimestre pourrait \u00eatre organis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accouchement des grossesses g\u00e9mellaires bichoriales biamniotiques non compliqu\u00e9es doit \u00eatre programm\u00e9 \u00e0 partir de 38 semaines&nbsp; (et avant 40 semaines), c\u2019est-\u00e0-dire un peu plus t\u00f4t que pour les grossesses uniques; cela pour r\u00e9duire les complications de fin de grossesse et parceque les jumeaux sont matures plus t\u00f4t que les singleton.<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix entre c\u00e9sarienne et voie basse ne fait pas l\u2019objet de recommendations consensuelleset&nbsp; reste cas d\u2019esp\u00e8ce et du choix entre de la patiente et&nbsp; l\u2019obst\u00e9tricien<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp; &nbsp; B-<\/strong><strong>Pour les grossesses monochoriales mono-amniotiques<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>&nbsp;Pour les&nbsp; grossesses monochoriales mono-amniotiques qui sont grev\u00e9es d\u2019une forte mortlit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence quasi syst\u00e9matique d\u2019un enchev\u00eatrement des cordons, on propose l\u2019intensification de la surveillance obst\u00e9tricale \u00e0 partir de 27-30 semaines. Celle-ci peut se faire en hospitalisation dans une maternit\u00e9 adapt\u00e9e \u00e0 ce type de grossessede ou parfois en externe en lien avec la maternit\u00e9.&nbsp; La&nbsp; naissance&nbsp; doit se faire par c\u00e9sarienne \u00e0 partir de 32 semaines d\u2019am\u00e9norrh\u00e9e et avant 36 semaines.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp; <strong>C-En cas de syndrome transfuseur-transfus\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Une surveillance \u00e9chographique bimensuelle et parfois hebdomadaire de ce type de grossesse est recommand\u00e9e du fait du risque de complications. Il s\u2019agit d\u2019une urgence obst\u00e9tricale de diagnostic \u00e9chographique facile mais dont le traitement doitt \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s dans un centre pouvant proposer une coagulation laser f\u0153toscopique des anastomoses placentaires. En l\u2019absence de complication apr\u00e8s laser, on&nbsp; programme l\u2019accouchement \u00e0 partir de 34 SA et au plus tard \u00e0 37 SA .<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-449.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1813\" width=\"558\" height=\"565\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-449.png 305w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-449-296x300.png 296w\" sizes=\"auto, (max-width: 558px) 100vw, 558px\" \/><figcaption><strong><em>Principe de la coagulation laser\u00a0 (JIM.fr)\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-450.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1814\" width=\"571\" height=\"509\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-450.png 342w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-450-300x268.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 571px) 100vw, 571px\" \/><figcaption><strong><em>Aspect du placenta apr\u00e8s coagulation des anastomoses\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>D-Conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat entre les jumeaux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>En cas de malformation d\u2019une particuli\u00e8re gravit\u00e9 sur un jumeau bichorial, un f\u0153ticide est possible et ne pr\u00e9sente pas de risque direct sur le jumeau sain. En cas de malformation d\u2019une gravit\u00e9 particuli\u00e8re sur un jumeau issu d\u2019une grossesse monochoriale, une occlusion funiculaire \u00e0 la pince bipolaire est une alternative th\u00e9rapeutique. En l\u2019absence de risque imminent pour le jumeau sain, il est recommand\u00e9 de pratiquer ce geste \u00e0 partir de 18 semaines d\u2019am\u00e9norrh\u00e9e&nbsp; par un op\u00e9rateur rod\u00e9 \u00e0 cette technique. Ce geste comporte un risque de rupture pr\u00e9matur\u00e9e des membranes dans 20 % des cas et l\u2019avis de la patiente doit \u00eatre pris en compte.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp; &nbsp;<strong> E-En cas de mort foetale in utero<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>En cas de grossesse bichoriale, il n\u2019existe pas d\u2019interaction vasculaire placentaire entre les jumeaux et le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un jumeau n\u2019entra\u00eene pas de cons\u00e9quence sur le jumeau survivant. Pour le jumeau survivant, le risque de mort f\u0153tale est de 4%&nbsp; et celui d\u2019anomalie neurologique est de 1%. Le risque principal est l\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9. En cas de grossesse monochoriale, les anastomoses pr\u00e9sentes sur la plaque choriale vont \u00eatre responsables de la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 du cojumeau. Le risque de mort f\u0153tale et d\u2019anomalie neurologique du jumeau survivant est estim\u00e9 \u00e0 12 % et 18 % respectivement, avec un risque accru d\u2019accouchement pr\u00e9matur\u00e9. Une \u00e9ventuelle l\u00e9sion c\u00e9r\u00e9brale (li\u00e9e \u00e0 un choc hypovol\u00e9mique) n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9celable qu\u2019entre 3 semaines et 1 mois apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de l\u2019autre jumeau. Une \u00e9valuation \u00e9chographique et une IRM c\u00e9r\u00e9brale f\u0153tale, \u00e0 la recherche de l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales chez le survivant, sont recommand\u00e9es. Une extraction pr\u00e9matur\u00e9e dans les heures ou jours qui suivent le d\u00e9c\u00e8s n\u2019est pas recommand\u00e9e, car elle ne permet pas de pr\u00e9venir les potentielles l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales (accord professionnel). Si la patiente n\u2019a pas accouch\u00e9 spontan\u00e9ment, un d\u00e9clenchement devrait \u00eatre propos\u00e9 \u00e0 39 semaines au plus tard.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9veloppement simultan\u00e9 de deux f\u0153tus dans un seul ut\u00e9rus d\u00e9finit la grossesse g\u00e9mellaire. Sa fr\u00e9quence est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 1 % des accouchements, mais elle varie en fonction de la race et augmente avec la parit\u00e9 et l\u2019\u00e2ge maternel. 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