{"id":1057,"date":"2019-07-03T22:15:17","date_gmt":"2019-07-03T20:15:17","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1057"},"modified":"2026-06-10T14:36:46","modified_gmt":"2026-06-10T12:36:46","slug":"la-vitrification-ovocytaire-de-convenance","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/infertilite-et-procreation-medicalement-assistee\/cryoconservation\/la-vitrification-ovocytaire-de-convenance\/","title":{"rendered":"La vitrification ovocytaire de convenance"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Ce sujet concerne la pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 pour convenance personnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e2ge moyen de la premi\u00e8re grossesse augmente r\u00e9guli\u00e8rement dans tous les pays occidentaux. Il est en France d\u2019un peu plus de 30 ans. Ce report de la grossesse s\u2019explique par des raisons soci\u00e9tales bien connues: d\u00e9sir de privil\u00e9gier une carri\u00e8re professionnelle, acquisition d\u2019une s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re, temps pour trouver le partenaire ad\u00e9quat, etc. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant qu\u2019une bonne part des demandes de Procr\u00e9ation assist\u00e9e pour infertilit\u00e9 concerne de plus en plus des femmes de plus de 35 ans. En effet, on sait que si l\u2019\u00e2ge biologique id\u00e9al pour avoir un enfant&nbsp; se situe entre 18 et 30 ans, on assiste \u00e0 une diminution assez rapide de la fertilit\u00e9 \u00e0 partir de 35 ans, voire \u00e0 partir de 30 ans ainsi qu\u2019on peut le voir sur les courbes si-apr\u00e8s:<\/p>\n\n\n\n<p>Il appara\u00eet qu\u2019apr\u00e8s 35 ans il est plus difficile d\u2019\u00eatre enceinte, tant de fa\u00e7on naturelle, qu\u2019avec le secours de la m\u00e9decine reproductive. Cela s\u2019explique par la diminution de la r\u00e9serve ovarienne (baisse du nombre de follicules) et par la diminution de la qualit\u00e9 des ovocytes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9servation des ovocytes, par vitrification, peut permettre d\u2019obtenir une grossesse un peu plus tardive, lorsque la femme la d\u00e9sire, sans \u00eatre hadicap\u00e9e par ces probl\u00e8mes ovocytaires li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e2ge. On peut dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une sorte d\u2019assurance contre l\u2019infertilit\u00e9 ou de prendre le temps de trouver le bon partenaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan technique, la m\u00e9thode est identique \u00e0 celle utilis\u00e9e pour les transferts diff\u00e9r\u00e9s (voir Vitrification et transfert diff\u00e9r\u00e9) \u00e0 savoir une stimulation par protocole antagoniste avec d\u00e9clenchement par agonistes. Tous les ovocytes sont vitrifi\u00e9s&nbsp; au stade de zygotes et seront utilis\u00e9s plus tard, \u00e0 la date choisie par la femme.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les risques de cette technique sont faibles: pas d\u2019hyperstimulation grace au protocole antagoniste sans injection d\u2019HCG, seuls restent les risques li\u00e9s \u00e0 la ponction qui sont tr\u00e8s faibles. Quant au devenir des enfants&nbsp; issus d\u2019ovocytes vitrifi\u00e9s, les donn\u00e9es acquises \u00e0 ce jour ne montrent aucune diff\u00e9rence avec ceux issus d\u2019ovocytes frais.<\/p>\n\n\n\n<p>En France, la&nbsp;<strong>conservation d\u2019ovocytes pour convenance personnelle<\/strong>&nbsp;(sans motif m\u00e9dical) est&nbsp;<strong>autoris\u00e9e depuis la loi de bio\u00e9thique du 2\u202fao\u00fbt\u202f2021<\/strong>, pour les femmes \u00e2g\u00e9es de <strong>29 \u00e0 37 ans<\/strong>. &nbsp;Les ovocytes peuvent \u00eatre utilis\u00e9s via PMA jusqu\u2019\u00e0&nbsp;<strong>45 ans<\/strong>, sous conditions.&nbsp;La patiente, et elle seule, peut d\u00e9cider du devenir de ses ovocytes.&nbsp;<strong>L\u2019\u00e2ge limite de r\u00e9utilisation est fix\u00e9 par la loi \u00e0 45 ans<\/strong>, sous r\u00e9serve de l\u2019absence de contre-indication m\u00e9dicale.La prise en charge par l\u2019Assurance Maladie est partielle\u202f: seuls sont pris en charge les <strong>actes m\u00e9dicaux li\u00e9s \u00e0 la ponction<\/strong>&nbsp;d\u2019ovocytes (consultations, stimulation ovarienne, pr\u00e9l\u00e8vement) mais les frais annuels de stockage et de conservation (environ 40 \u00e0 45\u202f\u20ac par an) ne sont&nbsp;<strong>pas rembours\u00e9s<\/strong>&nbsp;et restent \u00e0 la charge de l\u2019assur\u00e9. Seuls les&nbsp;<strong>centres publics (CECOS, \u00e9tablissements publics\/non lucratifs)<\/strong>&nbsp;sont autoris\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan pr\u00e9alable comprend: dosage d&rsquo;AMH ainsi que des s\u00e9rologies  HIV, Syphilis, Antig\u00e8ne HBS, Anticorps anti-HBS, Anticorps anti HbC, H\u00e9patite C, Chlamydiae IgG.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Le protocole de stimulation ovarienne vise \u00e0 obtenir le d\u00e9veloppement simultan\u00e9 de plusieurs follicules. La stimulation ne r\u00e9duit pas le stock folliculaire, mais aide \u00e0 recruter et \u00e0 mener \u00e0 maturation des follicules qui, en l&rsquo;absence de stimulation, auraient \u00e9t\u00e9 naturellement perdus au cours du cycle.<\/p>\n\n\n\n<p>Un pr\u00e9traitement peut \u00eatre mis en place par certains centres,\u00a0<em>via<\/em>\u00a0une pilule contraceptive ou un patch d&rsquo;estradiol afin de mettre les ovaires au repos et de faciliter la programmation des cycles. Toutefois, tous les centres ne le pratiquent pas syst\u00e9matiquement.<\/p>\n\n\n\n<p>La stimulation repose sur l&rsquo;administration quotidienne d&rsquo;injections sous-cutan\u00e9es de gonadotrophines (FSH ou FSH\/LH) pendant une dizaine de jours, auxquelles s\u2019ajoutent, selon le protocole, d\u2019autres mol\u00e9cules qui contr\u00f4lent le pic de LH et, donc, l\u2019ovulation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le protocole antagoniste<\/strong>\u00a0est le plus fr\u00e9quent avec, comme avantage, de r\u00e9duire significativement le risque de syndrome d\u2019hyperstimulation ovarienne.\u00a0<strong>Deux antagonistes de la GnRH<\/strong>\u00a0sont disponibles\u00a0:\u00a0Cetorelix ou Ganirelix<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les protocoles agonistes<\/strong>\u00a0<strong>longs,<\/strong>\u00a0ou courts (\u00e9galement appel\u00e9s\u00a0<strong>protocole\u00a0<em>microflare<\/em><\/strong>), constituent des solutions\u00a0en fonction du profil de r\u00e9ponse ovarienne anticip\u00e9.\u00a0<strong>Les agonistes de la GnRH<\/strong>\u00a0sont administr\u00e9s au d\u00e9but de la phase lut\u00e9ale du cycle pr\u00e9c\u00e9dent dans le cas du protocole long, ou dans la phase folliculaire du m\u00eame cycle de stimulation pour le protocole\u00a0<em>microflare<\/em>. Les agonistes utilis\u00e9s peuvent \u00eatre\u00a0pr\u00e9sent\u00e9s sous formes injectables  (Triptoreline, Leucoreline) ou\u00a0sous forme de spray nasal  (Nafar\u00e9line).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le protocole PPOS<\/strong>&nbsp;(<em>Progestin-Primed Ovarian Stimulation<\/em>) est une option pour les patientes d\u00e9j\u00e0 sous contraception progestative, qui requiert l&rsquo;adjonction de gonadotrophines,&nbsp;le progestatif assurant le blocage de l&rsquo;ovulation.<\/p>\n\n\n\n<p>La surveillance de la stimulation repose sur des \u00e9chographies pelviennes et des dosages hormonaux r\u00e9guliers pour adapter les posologies et d\u00e9terminer le moment optimal du d\u00e9clenchement de l\u2019ovulation. Il se fait par injection de gonadotrophines chroniques&nbsp;l\u2019avant-veille de la ponction.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9l\u00e8vement ovocytaire (par ponction) peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 apr\u00e8s une pr\u00e9m\u00e9dication ou sous anesth\u00e9sie (s\u00e9dation ou g\u00e9n\u00e9rale). Le geste est r\u00e9alis\u00e9 par voie transvaginale, sous guidage \u00e9chographique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le syndrome d&rsquo;hyperstimulation ovarienne constitue le principal risque de la stimulation, justifiant la pr\u00e9f\u00e9rence accord\u00e9e au protocole antagoniste. Les autres effets ind\u00e9sirables de la stimulation restent g\u00e9n\u00e9ralement mod\u00e9r\u00e9s et transitoires.<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;absence de complications, la reprise des activit\u00e9s habituelles est possible d\u00e8s le lendemain du pr\u00e9l\u00e8vement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ovocytes sont, par la suite, tri\u00e9s, et seuls les matures seront vitrifi\u00e9s. La vitrification constitue une technique de cong\u00e9lation ultrarapide des ovocytes, et succ\u00e8de aux anciennes m\u00e9thodes de cong\u00e9lation lente. Cette technique a r\u00e9volutionn\u00e9 la cryoconservation ovocytaire en am\u00e9liorant consid\u00e9rablement les taux de survie cellulaire apr\u00e8s d\u00e9cong\u00e9lation.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;utilisation de cryoprotecteurs pr\u00e9vient la formation de cristaux de glace, dommageables pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 cellulaire. Les ovocytes sont plac\u00e9s dans des paillettes de vitrification st\u00e9riles et scell\u00e9es, puis plong\u00e9s dans l&rsquo;azote liquide \u00e0 &#8211;&nbsp;196&nbsp;\u00b0C.<\/p>\n\n\n\n<p>La dur\u00e9e de conservation est th\u00e9oriquement illimit\u00e9e, \u00e0 condition que les ovocytes demeurent en permanence dans l&rsquo;azote liquide, sans variation de temp\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, la limite r\u00e9glementaire d&rsquo;utilisation est fix\u00e9e au 45<sup>e<\/sup>&nbsp;anniversaire de la patiente, qui constitue&nbsp;<em>de facto<\/em>&nbsp;une limite pratique \u00e0 la conservation.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autoconservation ovocytaire est prise en charge par l&rsquo;Assurance maladie, conform\u00e9ment aux dispositions de la loi de bio\u00e9thique. Toutefois, les frais de conservation annuels restent \u00e0 la charge de la patiente.<\/p>\n\n\n\n<p>Les patientes qui ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une autoconservation ovocytaire font l&rsquo;objet d&rsquo;une relance annuelle par courrier pour statuer sur le devenir de leurs gam\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Elles peuvent alors choisir&nbsp;de&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>poursuivre la conservation\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>faire don de leurs ovocytes \u00e0 d\u2019autres patientes\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>faire don de leurs ovocytes pour la recherche\u00a0;<\/li>\n\n\n\n<li>les d\u00e9truire.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Dans le cas o\u00f9 la patiente souhaiterait utiliser ses ovocytes vitrifi\u00e9s, ces derniers seront r\u00e9chauff\u00e9s, puis utilis\u00e9s pour une f\u00e9condation par injection intracytoplasmique de spermatozo\u00efdes (<em>IntraCytoplasmic Sperm Injection<\/em>\u00a0[ICSI]), avant le transfert ut\u00e9rin de l\u2019embryon.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019autoconservation des ovocytes ne garantit pas d\u2019avoir un enfant, mais concourt \u00e0 conserver des ovocytes plus jeunes, donc de meilleure qualit\u00e9, afin de pouvoir les utiliser plus tard si un projet de grossesse devait passer par une assistance m\u00e9dicale \u00e0 la procr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les taux de survie ovocytaire apr\u00e8s r\u00e9chauffement<\/strong>&nbsp;se situent entre 80 et 95&nbsp;%, mais sont conditionn\u00e9s par le respect strict du protocole de vitrification et de r\u00e9chauffement ainsi que par l&rsquo;absence de variation de temp\u00e9rature durant toute la p\u00e9riode de conservation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les taux de grossesse et de naissances vivantes<\/strong>\u00a0d\u00e9pendent essentiellement de l&rsquo;\u00e2ge de la patiente au moment de la vitrification, qui reste un facteur pronostique d\u00e9terminant. Une \u00e9tude espagnole estime que, pour 10 ovocytes vitrifi\u00e9s, on compte environ 40\u00a0% de naissances vivantes chez la femme de moins de 35 ans et 25\u00a0% chez la femme de plus de 35\u00a0ans. Pour 15\u00a0ovocytes, les taux sont respectivement de 70\u00a0% et 38\u00a0% . On consid\u00e8re que le taux de grossesse par ovocyte d\u00e9vitrifi\u00e9 se situe entre 4,5 et 12% et que si l\u2019on vitrifie avant 38 ans plus de 8 ovocytes, le taux d\u2019accouchements est de 62,5% (Rienzi et Coll. Consistent and predictable delivery rates after oocyte vitrification and observational longitudinal cohort multicentric study. Human Reprod, 2012; 27; 1606-12.). L\u2019id\u00e9al est donc de pouvoir vitrifier au minimum 9 ovocytes en m\u00e9taphase II, ce qui d\u00e9pend bien s\u00fbr de l\u2019age de la femme au moment de la ponction.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lancement du plan Fertilit\u00e9, en f\u00e9vrier 2027, pr\u00e9voit d\u2019\u00e9tendre le nombre d\u2019autorisations d\u00e9livr\u00e9es aux centres pour augmenter le maillage territorial&nbsp;; il envisage aussi l\u2019ouverture aux centres priv\u00e9s \u00e0 but lucratif. Ces \u00e9volutions r\u00e9pondraient \u00e0 la demande croissante et faciliteraient l&rsquo;acc\u00e8s g\u00e9ographique \u00e0 cette technique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce sujet concerne la pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 pour convenance personnelle. L\u2019\u00e2ge moyen de la premi\u00e8re grossesse augmente r\u00e9guli\u00e8rement dans tous les pays occidentaux. Il est en France d\u2019un peu plus de 30 ans. 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