{"id":1055,"date":"2019-07-03T22:12:44","date_gmt":"2019-07-03T20:12:57","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1055"},"modified":"2025-07-05T08:45:47","modified_gmt":"2025-07-05T06:45:47","slug":"la-preservation-de-la-fertilite","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/infertilite-et-procreation-medicalement-assistee\/cryoconservation\/la-preservation-de-la-fertilite\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">La pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 s\u2019adresse \u00e0 des hommes ou des femmes devant subir des traitements lourds, g\u00e9n\u00e9ralement pour cancers, et qui risquent de d\u00e9truire le fonctionnement des organes reproducteurs, ovaires ou testicules, ou Hors cancer, lorsqu\u2019un traitement ou une pathologie peuvent alt\u00e9rer la r\u00e9serve ovarienne (endom\u00e9triose, chirurgie des ovaires, kystes des ovaires\u2026).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 masculine<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le nombre de cancers est en augmentation et cette augmentation est constat\u00e9e \u00e0 la fois chez l\u2019adulte et chez l\u2019enfant. Chez le gar\u00e7on \u00e2g\u00e9 entre z\u00e9ro et 14&nbsp;ans, nous retrouvons des types histologiques tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes par comparaison aux cancers de l\u2019adulte. Les leuc\u00e9mies aigu\u00ebs sont les plus fr\u00e9quentes avec 450&nbsp;nouveaux cas chaque ann\u00e9e (30,2&nbsp;%), dont 80&nbsp;% sont des leuc\u00e9mies aigu\u00ebs lympho\u00efdes ou lymphoblastiques et 17&nbsp;% des leuc\u00e9mies aigu\u00ebs my\u00e9lo\u00efdes ou my\u00e9loblastiques.&nbsp; Les tumeurs solides arrivent en deuxi\u00e8me rang avec en t\u00eate de liste les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales (21,8&nbsp;%) qui repr\u00e9sentent environ 300&nbsp;nouveaux cas par an. Les tumeurs les plus fr\u00e9quemment retrouv\u00e9es sont les \u00e9pendymomes, les astrocytomes et les tumeurs neuroectodermiques primitives. Les lymphomes (12,4&nbsp;%) arrivent en troisi\u00e8me position avec environ 190&nbsp;cas par an, principalement des lymphomes non hodgkiniens qui touchent les enfants vers deux \u00e0 trois ans (56&nbsp;%) alors que la maladie d\u2019Hodgkin appara\u00eet plus tard avec une incidence augmentant particuli\u00e8rement apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix ans]. Les autres tumeurs solides occupent la quatri\u00e8me position et il s\u2019agit majoritairement de tumeurs embryonnaires (neuroblastomes, n\u00e9phroblastomes, r\u00e9tinoblastomes\u2026). Les sarcomes osseux et des tissus mous sont plus rares.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez l\u2019adolescent \u00e2g\u00e9 entre 15&nbsp;et 19&nbsp;ans, 22,9&nbsp;% des cancers sont des lymphomes, 17,6&nbsp;% des tumeurs osseuses ou des tissus mous, 12,7&nbsp;% des tumeurs germinales, 11,9&nbsp;% des leuc\u00e9mies, 10,6&nbsp;% des tumeurs du syst\u00e8me nerveux central. Les cancers de type adulte repr\u00e9sentent 19,5&nbsp;% de l\u2019ensemble des diagnostics dans cette tranche d\u2019\u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez l\u2019homme \u00e2g\u00e9 entre 20&nbsp;et 39&nbsp;ans, les cancers les plus fr\u00e9quemment rencontr\u00e9s sont par ordre de fr\u00e9quence les lymphomes, le cancer du testicule, le m\u00e9lanome, le cancer du c\u00f4lon et du rectum, les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales et les leuc\u00e9mies.<\/p>\n\n\n\n<p>La prise en charge th\u00e9rapeutique des cancers a permis une am\u00e9lioration consid\u00e9rable des taux de survie \u00e0 long terme. L\u2019efficacit\u00e9 des th\u00e9rapeutiques s\u2019associe \u00e0 une augmentation des effets ind\u00e9sirables parmi lesquels la toxicit\u00e9 sur la gonade masculine est la plus fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e et peut entra\u00eener une st\u00e9rilit\u00e9 apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat des traitements.<\/p>\n\n\n\n<p>Les traitements utilis\u00e9s associent principalement la chimioth\u00e9rapie, la chirurgie et la radioth\u00e9rapie. L\u2019hormonoth\u00e9rapie pourra \u00eatre propos\u00e9e dans certains cancers comme le cancer de la prostate. Les th\u00e9rapeutiques sont adapt\u00e9es en fonction du type histologique de la tumeur, des facteurs pronostiques et de l\u2019\u00e2ge. En effet, les cancers de l\u2019enfant diff\u00e8rent de ceux de l\u2019adulte non seulement par leurs types histologiques, leur pronostic, leur \u00e9volution mais aussi par leur chimiosensibilit\u00e9 plus particuli\u00e8rement les tumeurs embryonnaires. La chimioth\u00e9rapie pourra \u00eatre propos\u00e9e de mani\u00e8re isol\u00e9e ou associ\u00e9e \u00e0 la radioth\u00e9rapie dans les leuc\u00e9mies, les lymphomes ou les tumeurs solides. La chimioth\u00e9rapie pourra pr\u00e9c\u00e9der (chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante) ou accompagner (chimioth\u00e9rapie adjuvante) la chirurgie dans les tumeurs solides.<\/p>\n\n\n\n<p>Les traitements du cancer s\u2019accompagnent d\u2019une toxicit\u00e9 qui va toucher les cellules des tissus sains avec une alt\u00e9ration possible de la fonction de reproduction, par atteinte directe des testicules. Les gonades constituent une cible de choix de cette toxicit\u00e9, le testicule \u00e9tant plus vuln\u00e9rable que l\u2019ovaire. La cellule germinale immature ou spermatogonie souche est la cellule cible de cette toxicit\u00e9. Ainsi, le testicule peut \u00eatre atteint \u00e0 la fois au niveau de sa fonction endocrine (cellules de Leydig) mais aussi de sa fonction exocrine, la spermatogen\u00e8se (cellules germinales et cellules de Sertoli). Les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res des th\u00e9rapeutiques sur la gonade et l\u2019intensit\u00e9 de ces effets vont d\u00e9pendre des th\u00e9rapeutiques utilis\u00e9es, de la susceptibilit\u00e9 individuelle \u00e0 la toxicit\u00e9 de ces traitements qui est non pr\u00e9visible et de la qualit\u00e9 de la spermatogen\u00e8se avant l\u2019introduction des traitements:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013la chimioth\u00e9rapie, qui peut d\u00e9truire les spermatogonies souches ou alt\u00e9r\u00e9s le g\u00e9nome des spermatozo\u00efdes qui seraient recueillis alors que la chimioth\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9but\u00e9e et avant m\u00eame la disparition des spermatozo\u00efdes dans l&rsquo;\u00e9jacul\u00e2t&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013la radioth\u00e9rapie, si le champ d\u2019irradiation int\u00e9resse le pelvis et les testicules&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013la chirurgie, qui atteint directement les testicules ou les voies excr\u00e9trices spermatiques ou qui peut \u00eatre responsable d\u2019un dysfonctionnement irr\u00e9versible de l\u2019\u00e9rection et de l\u2019\u00e9jaculation comme le curage ganglionnaire r\u00e9trop\u00e9riton\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>Les testicules peuvent recevoir une dose d\u2019irradiation dans de nombreuses indications p\u00e9diatriques ou de l\u2019adulte. Dans les trois mois suivant une irradiation, on observe des cassures de l\u2019ADN au niveau du contenu chromosomique, du nombre et de la structure des spermatozo\u00efdes. L\u2019intensit\u00e9 et la persistance des effets de la RT testiculaire d\u00e9pendent de la dose totale, du fractionnement utilis\u00e9, du volume trait\u00e9. Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es en dose unique sur des volontaires sains ont montr\u00e9 que des doses inf\u00e9rieures \u00e0 10&nbsp;cGy n\u2019entra\u00eenent aucune l\u00e9sion d\u00e9tectable par spermogramme ou biopsie testiculaire. Une oligospermie s\u00e9v\u00e8re s\u2019installe \u00e0 partir de 15&nbsp;cGy et 90&nbsp;% des patients sont oligospermiques apr\u00e8s 10&nbsp;Gy.&nbsp; Mais les irradiations th\u00e9rapeutiques sont le plus souvent d\u00e9livr\u00e9es en doses fractionn\u00e9es. \u00c0 doses \u00e9gales, ces irradiations sont responsables de l\u00e9sions germinales testiculaires plus importantes et plus durables que les irradiations en dose unique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le testicule exocrine et les spermatogonies sont tr\u00e8s radiosensibles, tandis que les cellules de Leydig ont une radiosensibilit\u00e9 moindre. Ainsi, des gar\u00e7ons trait\u00e9s avant la pubert\u00e9 peuvent pr\u00e9senter des caract\u00e8res sexuels secondaires normaux bien que la spermatogen\u00e8se soit absente . L\u2019incidence de l\u2019infertilit\u00e9 est mal connue apr\u00e8s radioth\u00e9rapie. De faibles doses d\u2019irradiation inf\u00e9rieures \u00e0 1&nbsp;Gy peuvent entra\u00eener \u00e0 une alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9pith\u00e9lium s\u00e9minif\u00e8re induisant une oligospermie, voire une azoospermie transitoire et proportionnelle \u00e0 la dose re\u00e7ue. Chez l\u2019enfant, l\u2019\u00e9pith\u00e9lium germinal est \u00e9galement le plus sensible&nbsp;: des doses de l\u2019ordre de 3Gy entra\u00eenent une azoospermie transitoire. Au-del\u00e0 de 12&nbsp;Gy, l\u2019azoospermie est souvent d\u00e9finitive. Chez les patients adultes trait\u00e9s pour un cancer du testicule, les spermogrammes apr\u00e8s irradiation montrent une azoospermie transitoire avec un taux de r\u00e9cup\u00e9ration variant de 100&nbsp;% \u00e0 un an \u00e0 35&nbsp;% \u00e0 neuf ans. La qualit\u00e9 des param\u00e8tres de sperme avant traitement semble aussi jouer un r\u00f4le. Il est cependant impossible de pr\u00e9dire les chances et le d\u00e9lai de r\u00e9cup\u00e9ration de la spermatogen\u00e8se au plan individuel. Celle-ci est observ\u00e9e dans un d\u00e9lai de neuf \u00e0 18&nbsp;mois pour une dose inf\u00e9rieure ou \u00e9gal 1&nbsp;Gy, trois ans en moyenne pour une dose de 2&nbsp;\u00e0 3&nbsp;Gy&nbsp;; cinq ans pour 4&nbsp;\u00e0 5&nbsp;Gy et n\u2019est plus possible au-del\u00e0 de 5&nbsp;\u00e0 7&nbsp;Gy. Une irradiation fractionn\u00e9e de doses de 20&nbsp;\u00e0 24&nbsp;Gy entra\u00eene une azoospermie d\u00e9finitive. Il est essentiel de demeurer tr\u00e8s vigilant sur la dose diffus\u00e9e par le rayonnement lors d\u2019une radioth\u00e9rapie pelvienne, lat\u00e9ro-pelvienne ou inguinale, afin que celle-ci ne d\u00e9passe pas une dose totale de 1&nbsp;Gy, en particulier apr\u00e8s la pubert\u00e9. La fonction testiculaire endocrinienne est conserv\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 20&nbsp;Gy avant la pubert\u00e9 et jusqu\u2019\u00e0 30&nbsp;Gy ensuite<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les techniques de pr\u00e9servation<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La cong\u00e9lation des spermatozo\u00efdes<\/h4>\n\n\n\n<p>La descente en temp\u00e9rature peut s\u2019effectuer par une m\u00e9thode non contr\u00f4l\u00e9e et lente dans les vapeurs d\u2019azote, entre huit et 30\u2009minutes ou de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e et lente \u00e0 la vitesse moyenne de 10\u2009\u00b0C par minute \u00e0 l\u2019aide d\u2019un appareil de cong\u00e9lation programmable. La cong\u00e9lation am\u00e8ne les \u00e9chantillons de spermatozo\u00efdes de la temp\u00e9rature ambiante \u00e0 une temp\u00e9rature de \u2212\u2009150\u2009\u00b0C. La conservation des spermatozo\u00efdes dans l\u2019azote liquide est \u00e0 dur\u00e9e illimit\u00e9e en ce qui concerne la survie des spermatozo\u00efdes apr\u00e8s d\u00e9cong\u00e9lation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La vitrification des spermatozo\u00efdes<\/h4>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment, la cong\u00e9lation ultrarapide des spermatozo\u00efdes par vitrification a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e afin d\u2019am\u00e9liorer la mobilit\u00e9 et la survie des spermatozo\u00efdes apr\u00e8s d\u00e9cong\u00e9lation. La vitrification conduit apr\u00e8s cong\u00e9lation \u00e0 un \u00e9tat vitreux et \u00e9vite la formation de cristaux de glace intracellulaires induits par la cong\u00e9lation lente et d\u00e9l\u00e9t\u00e8re pour la cellule. Pour les spermatozo\u00efdes, elle peut utiliser ou non des cryoprotecteurs \u00e0 concentration \u00e9lev\u00e9e. Les vitesses de refroidissement sont de l\u2019ordre de 20\u2009000\u2009\u00b0C par minute en syst\u00e8mes dits \u00ab&nbsp;ouverts&nbsp;\u00bb, o\u00f9 les spermatozo\u00efdes sont en contact de l\u2019azote liquide, et de 2\u2009000\u2009\u00b0C par minute en syst\u00e8mes dits \u00ab&nbsp;ferm\u00e9s&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La lyophilisation<\/h4>\n\n\n\n<p>La lyophilisation consiste en la dessiccation par sublimation d\u2019un \u00e9chantillon biologique pr\u00e9alablement surgel\u00e9. Ce proc\u00e9d\u00e9 est bas\u00e9 sur une \u00e9limination de l\u2019eau contenue dans les \u00e9chantillons biologiques sans alt\u00e9rer la structure des cellules. Les \u00e9chantillons sont d\u2019abord congel\u00e9s puis introduits dans une enceinte sous vide dans laquelle la chaleur assure une vaporisation de la glace sans passage \u00e0 l\u2019\u00e9tat liquide encore appel\u00e9e la sublimation de la glace. Le lyophilisat appara\u00eet sous forme de poudre qui doit \u00eatre conserv\u00e9e sous vide. Cette approche demeure \u00e0 l\u2019heure actuelle purement exp\u00e9rimentale et imposerait uniquement une utilisation dans le cadre d\u2019une f\u00e9condation in vitro (FIV) par micro-injection, les spermatozo\u00efdes ne r\u00e9cup\u00e9rant pas leur mobilit\u00e9 apr\u00e8s r\u00e9hydratation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La cong\u00e9lation du tissu testiculaire<\/h4>\n\n\n\n<p>La cong\u00e9lation du tissu testiculaire consiste \u00e0 conserver par cong\u00e9lation un ou plusieurs fragments de testicule issus d\u2019un ou des deux testicules.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9l\u00e8vement de tissu testiculaire peut \u00eatre uni- ou bilat\u00e9ral et est effectu\u00e9 par voie chirurgicale selon une technique standardis\u00e9e utilis\u00e9e dans le cadre des biopsies testiculaires chez les hommes adultes pr\u00e9sentant une azoospermie. Cette intervention n\u00e9cessite une hospitalisation postop\u00e9ratoire courte d\u2019un \u00e0 deux jours en l\u2019absence de complications.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fragments biopsiques sont imm\u00e9diatement plac\u00e9s dans un milieu de transport maintenu \u00e0 4\u2009\u00b0C dans la glace fondante et sont transport\u00e9s vers le laboratoire qui effectuera la cong\u00e9lation dans un d\u00e9lai n\u2019exc\u00e9dant pas 30\u2009minutes pour minimiser les risques d\u2019isch\u00e9mie chaude. Chaque fragment sera d\u00e9coup\u00e9 en petits fragments qui seront d\u00e9pos\u00e9s dans des cryotubes contenant un milieu cryoprotecteur. Le protocole de cong\u00e9lation propos\u00e9 est un protocole qui suivra une courbe de descente en temp\u00e9rature lente et contr\u00f4l\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019un appareil de cong\u00e9lation programmable. \u00c0 la fin de la cong\u00e9lation, les cryotubes sont plong\u00e9s dans l\u2019azote liquide \u00e0 \u2212\u2009196\u2009\u00b0C jusqu\u2019\u00e0 leur utilisation.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La vitrification du tissu testiculaire humain<\/h4>\n\n\n\n<p>La vitrification du tissu testiculaire humain pr\u00e9pub\u00e8re a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e de mani\u00e8re plus exceptionnelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Strat\u00e9gie selon l\u2019\u00e2ge<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Chez l\u2019adulte jeune et l\u2019adolescent, la conservation des spermatozo\u00efdes doit \u00eatre envisag\u00e9e avant l\u2019introduction des traitements du cancer<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation des spermatozo\u00efdes d\u00e9congel\u00e9s s\u2019effectue par une technique d\u2019AMP qui, du c\u00f4t\u00e9 masculin, sera adapt\u00e9e au nombre de paillettes disponibles ainsi qu\u2019au nombre et \u00e0 la mobilit\u00e9 des spermatozo\u00efdes avant et apr\u00e8s d\u00e9cong\u00e9lation. Il peut s\u2019agir d\u2019ins\u00e9minations intra-ut\u00e9rines ou de FIV avec ICSI ou sans FIV micromanipulation des gam\u00e8tes. Le pourcentage de patients demandant une r\u00e9utilisation des paillettes conserv\u00e9es \u00e0 distance des th\u00e9rapeutiques gonadotoxiques reste relativement faible, proche de 8&nbsp;%. Il est probable qu\u2019une r\u00e9cup\u00e9ration de la spermatogen\u00e8se m\u00eame partielle pourrait permettre des conceptions spontan\u00e9es ou apr\u00e8s AMP chez ces patients sans devoir utiliser les spermatozo\u00efdes conserv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez le gar\u00e7on pr\u00e9pub\u00e8re, la cong\u00e9lation du tissu testiculaire est destin\u00e9e \u00e0 prendre en charge des gar\u00e7ons pr\u00e9pub\u00e8res trait\u00e9s par chimioth\u00e9rapie ou radioth\u00e9rapie \u00e0 fort potentiel st\u00e9rilisant \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte, tel que cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini pr\u00e9c\u00e9demment. Il faut \u00e9galement envisager cette proc\u00e9dure pr\u00e9ventive de cong\u00e9lation de tissu testiculaire dans les indications d\u2019orchidectomie bilat\u00e9rale ou unilat\u00e9rale sur testicule unique. D\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, les indications de conservation du tissu testiculaire ne correspondent pas \u00e0 des pathologies d\u00e9termin\u00e9es mais plut\u00f4t \u00e0 des th\u00e9rapeutiques \u00e0 fort potentiel st\u00e9rilisant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les indications de cong\u00e9lation de tissu testiculaire doivent \u00eatre envisag\u00e9es au cas par cas, en tenant compte de la balance risque\/b\u00e9n\u00e9fice. L\u2019indication de cong\u00e9lation de tissu testiculaire doit \u00eatre pos\u00e9e de fa\u00e7on coll\u00e9giale entre le p\u00e9diatre onco-h\u00e9matologue, le chimioth\u00e9rapeute, le radioth\u00e9rapeute, le biologiste de la reproduction qui assure la cong\u00e9lation et le chirurgien qui effectue le pr\u00e9l\u00e8vement. La technique est ensuite propos\u00e9e au malade et\/ou \u00e0 ses parents. Aucune utilisation de tissu testiculaire humain d\u00e9congel\u00e9 n\u2019a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e \u00e0 ce jour, car la cong\u00e9lation du tissu testiculaire int\u00e9resse principalement des enfants et des jeunes adolescents qui n\u2019ont pas encore atteint l\u2019\u00e2ge adulte et n\u2019ont donc pas encore de projet parental. En revanche, les utilisations du tissu testiculaire d\u00e9congel\u00e9 ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 valid\u00e9es dans diff\u00e9rentes esp\u00e8ces animales et principalement chez les rongeurs. Il s\u2019agit de la greffe de tissu testiculaire, de la transplantation des cellules germinales et de la spermatogen\u00e8se in vitro.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Strat\u00e9gies de pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 chez la femme trait\u00e9e pour cancer<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La cong\u00e9lation de tissu ovarien<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019urgence th\u00e9rapeutique ainsi que le tr\u00e8s haut risque d\u2019insuffisance ovarienne post-greffe en font l\u2019indication de choix. Il faut n\u00e9anmoins \u00e9mettre des r\u00e9serves vis-\u00e0-vis de la patiente concernant les possibilit\u00e9s d\u2019utilisation ult\u00e9rieures du tissu congel\u00e9. Les risques de r\u00e9introduction de cellules leuc\u00e9miques sont majeurs en cas d\u2019autogreffe de tissu ovarien, moins importants mais non n\u00e9gligeables en cas de lymphomes. La maturation folliculaire in vitro et l\u2019isolation enzymatique des follicules sont encore en cours d\u2019exp\u00e9rimentation chez l\u2019animal et n\u2019ont pas encore fait preuve de leur efficacit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le recours \u00e0 la cong\u00e9lation ovarienne avant une chimioth\u00e9rapie pour cancer du sein reste d\u00e9battu. En effet, d\u2019une part, la toxicit\u00e9 du protocole FEC-taxot\u00e8re semble relative ou en tout cas variable d\u2019une patiente \u00e0 l\u2019autre. D\u2019autre part, il faut mettre en balance le risque d\u2019amputation significative du stock folliculaire lors de toute ovariectomie chez une patiente de plus de 30 ans avec les r\u00e9elles chances de grossesse apr\u00e8s greffe, encore difficiles \u00e0 d\u00e9finir. Les risques de r\u00e9introduire des cellules canc\u00e9reuses lors d\u2019une greffe ult\u00e9rieure sont \u00e9galement \u00e0 prendre en consid\u00e9ration m\u00eame s\u2019il semble qu\u2019en l\u2019absence de maladie syst\u00e9mique, les micro-m\u00e9tastases ovariennes soient tr\u00e8s rares. Certaines \u00e9quipes r\u00e9servent d\u00e9sormais la cong\u00e9lation ovarienne aux patientes c\u00e9libataires en lieu et place de la cong\u00e9lation ovocytaire ou aux patientes pour lesquelles la stimulation ovarienne de type FIV n\u2019est pas r\u00e9alisable (probl\u00e8mes de d\u00e9lais, chimioth\u00e9rapie n\u00e9o-adjuvante, patientes RH +). En France, d\u2019apr\u00e8s le registre national du GRECO, seulement 2 \u00e0 3&nbsp;% des cryoconservations ovariennes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans un contexte de cancer du sein.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cong\u00e9lation d\u2019embryons- FIV en urgence<\/h3>\n\n\n\n<p>La cong\u00e9lation embryonnaire reste la technique qui offre le plus de chances de grossesse. La technique de FIV \u00ab&nbsp;en urgence&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;emergency IVF&nbsp;\u00bb) ou la stimulation de type FIV en vue de la cong\u00e9lation d\u2019ovocytes n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que tr\u00e8s peu propos\u00e9es aux femmes avec cancer du sein.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre des lymphomes, hors masse tumorale compressive du m\u00e9diastin, il n\u2019est pas rare de pouvoir \u00ab&nbsp;diff\u00e9rer&nbsp;\u00bb la chimioth\u00e9rapie de 3 semaines, autorisant ainsi la r\u00e9alisation d\u2019une stimulation ovarienne. Celle-ci sera r\u00e9alis\u00e9e pr\u00e9f\u00e9rentiellement \u00e0 l\u2019aide d\u2019antagonistes, r\u00e9duisant ainsi le risque d\u2019hyperstimulation.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vitrification des ovocytes et des embryons<\/h3>\n\n\n\n<p>La\u00a0<strong>vitrification\u00a0<\/strong>des ovocytes et des embryons est une technique de cong\u00e9lation ultra-rapide qui permet un refroidissement de moins de 2000\u00b0 par minute. Les structures cellulaires sont donc int\u00e9gralement pr\u00e9serv\u00e9es et les taux de survie embryonnaire sont tr\u00e8s nettement am\u00e9lior\u00e9s et sont de l\u2019ordre de 90% pour la vitrification contre 60% lorsque la cong\u00e9lation est lente.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9servation m\u00e9dicamenteuse&nbsp;: blocage ovarien par agonistes de la GnRH<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de la pr\u00e9servation de type m\u00e9dicamenteux est qu\u2019elle peut \u00eatre propos\u00e9e dans toutes les situations, y compris quand il y a urgence pour la mise en route de la chimioth\u00e9rapie. N\u00e9anmoins, l\u2019effet protecteur des agonistes de la GnRH, bien que d\u00e9montr\u00e9 dans les mod\u00e8les animaux (r\u00e9duction significative de l\u2019apoptose folliculaire), reste controvers\u00e9 chez la femme et le r\u00f4le b\u00e9n\u00e9fique des agonistes de la GnRH dans la pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9, jusqu\u2019alors controvers\u00e9, vient d\u2019\u00eatre infirm\u00e9 par les r\u00e9centes \u00e9tudes randomis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La transposition des ovaires<\/h3>\n\n\n\n<p>La transposition d\u2019un ou des deux ovaires (TO) \u00e0 distance du champ d\u2019irradiation soit dans les goutti\u00e8res pari\u00e9to-coliques soit en position r\u00e9tro-ut\u00e9rine&nbsp; permet de pr\u00e9server les fonctions exo- et endocrine apr\u00e8s traitement d\u2019un cancer de l\u2019enfant, ou bien exclusivement la fonction endocrine lorsque le traitement est \u00e9galement centr\u00e9 sur l\u2019ut\u00e9rus, comme dans les cancers gyn\u00e9cologiques. Cette technique simple, r\u00e9alisable sous c\u0153lioscopie, se d\u00e9roule sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale et n\u00e9cessite une concertation entre l\u2019oncoradioth\u00e9rapeute et le chirurgien. La mise en place de clips m\u00e9talliques au niveau de l\u2019ovaire transpos\u00e9 est indispensable pour pouvoir secondairement \u00e9valuer la dose d\u00e9livr\u00e9e par l\u2019irradiation r\u00e9alis\u00e9e apr\u00e8s la transposition. Son efficacit\u00e9 est de l\u2019ordre de 85% avant l\u2019\u00e2ge de 40&nbsp;ans qui constitue l\u2019\u00e2ge limite de sa recevabilit\u00e9. Un quart des patientes peuvent pr\u00e9senter des kystes fonctionnels symptomatiques ou asymptomatiques qui sont contr\u00f4l\u00e9s par un traitement estroprogestatif. Envisager une grossesse ne n\u00e9cessite pas la mise en place des ovaires \u00e0 leur emplacement initial et les grossesses sont tout \u00e0 fait possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les techniques modernes d\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) ou scanographique (TDM) permettent maintenant de rep\u00e9rer avec exactitude l\u2019emplacement des ovaires, de l\u2019ut\u00e9rus et de pr\u00e9ciser l\u2019histogramme dose\/volume de l\u2019irradiation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 s\u2019adresse \u00e0 des hommes ou des femmes devant subir des traitements lourds, g\u00e9n\u00e9ralement pour cancers, et qui risquent de d\u00e9truire le fonctionnement des organes reproducteurs, ovaires ou testicules, ou Hors cancer, lorsqu\u2019un traitement ou une pathologie peuvent alt\u00e9rer la r\u00e9serve ovarienne (endom\u00e9triose, chirurgie des ovaires, kystes des ovaires\u2026). 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