{"id":1045,"date":"2019-07-03T22:01:16","date_gmt":"2019-07-03T20:01:16","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1045"},"modified":"2019-07-03T22:01:16","modified_gmt":"2019-07-03T20:01:16","slug":"linsuffisance-ovarienne-prematuree","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/infertilite-et-procreation-medicalement-assistee\/les-explorations\/linsuffisance-ovarienne-prematuree\/","title":{"rendered":"L\u2019insuffisance ovarienne pr\u00e9matur\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">L\u2019insuffisance ovarienne pr\u00e9matur\u00e9e se d\u00e9finit par une am\u00e9norrh\u00e9e de plus de quatre mois survenant avant l\u2019\u00e2ge de 40 ans, avec un taux \u00e9lev\u00e9 de FSH sup\u00e9rieure \u00e0 25 UI UI sur au moins deux pr\u00e9l\u00e8vements distincts faits \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Signes cliniques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cette insuffisance ovarienne induit une carence en eostrog\u00e8nes donnant des sympt\u00f4mes comparables \u00e0 ceux de la&nbsp; m\u00e9nopause, mais contrairement \u00e0 cette derni\u00e8re l\u2019insuffisance ovarienne pr\u00e9matur\u00e9e n\u2019est pas forc\u00e9ment irr\u00e9versible et peut \u00eatre fluctuante. Les sympt\u00f4mes sont donc des bouff\u00e9es de chaleur, insomnie, asth\u00e9nie, dyspareunie et de troubles de l\u2019humeur. Leur intensit\u00e9 est tr\u00e8s variable d\u2019une patiente \u00e0 l\u2019autre. Concernant le cycle, on note une am\u00e9norrh\u00e9e ou des cycles irr\u00e9guliers parfois tr\u00e8s allong\u00e9s. Selon l\u2019\u00e2ge o\u00f9 elle appara\u00eet il peut s\u2019agir soit d\u2019un impub\u00e9risme avec absence de d\u00e9veloppement mammaire, soit d\u2019une am\u00e9norrh\u00e9e primaire, une am\u00e9norrh\u00e9e primo-secondaire ou secondaire. Si la cause est chromosomique,&nbsp; c\u2019est&nbsp; le plus souvent par une am\u00e9norrh\u00e9e primaire. Pour la majorit\u00e9 des patientes, cette pathologie s\u2019installe apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de cycles menstruels r\u00e9guliers, voire m\u00eame apr\u00e8s une fertilit\u00e9 normale. Il n\u2019y a pas ou peu de sympt\u00f4mes qui pr\u00e9c\u00e9dent l\u2019installation d\u2019une IOP : quelques patientes d\u00e9crivent une oligoam\u00e9norrh\u00e9e ou des m\u00e9trorragies.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes iatrog\u00e8nes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La chimioth\u00e9rapie et la radioth\u00e9rapie peuvent induire une alt\u00e9ration ovarienne d\u00e9finitive, par une augmentation du processus d\u2019apoptose. Le risque d\u00e9pend du type de mol\u00e9cule utilis\u00e9e, de la dose et de la dur\u00e9e de traitement. Les agents alkylants sont les mol\u00e9cules les plus toxiques. L\u2019\u00e2ge de la patiente au moment du traitement est un facteur pronostic. Plus le traitement est administr\u00e9 chez une enfant jeune, plus la toxicit\u00e9 est faible. Le risque d\u2019insuffisance ovarienne est \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 30 ans. L\u2019irradiation corps entier avant greffe de m\u0153lle induit un effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re sur la fonction ovarienne. Une dose \u2264 10 Gray, en une seule dose, avant la pubert\u00e9, induit une insuffisance ovarienne dans 55 \u00e0 80 % des cas. Les doses fractionn\u00e9es sont moins toxiques, mais une dose sup\u00e9rieure \u00e0 15 Gray donne une insuffisance dans la majorit\u00e9 des cas. L\u2019ovariectomie bilat\u00e9rale est une \u00e9tiologie exceptionnelle chez la femme de moins de 40 ans. La chirurgie ovarienne est \u00e9galement&nbsp; une cause possible,&nbsp; notamment apr\u00e8s kystectomie surtout dans un contexte d\u2019endom\u00e9triose.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes g\u00e9n\u00e9tiques<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On sait que que l\u2019\u00e2ge de la m\u00e9nopause physiologique a une composante g\u00e9n\u00e9tique.&nbsp; modul\u00e9e par des facteurs environnementaux, comme le tabac et les hydrocarbones aromatiques polycycliques (= polluants divers).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\t<strong>1-Anomalies du chromosome X<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le caryotype doit \u00eatre syst\u00e9matique et peut r\u00e9v\u00e9ler diff\u00e9rentes anomalies li\u00e9es \u00e0 l\u2019X&nbsp;: syndrome de Turner, triple X, d\u00e9l\u00e9tion ou translocation entre l\u2019X et les autosomes, syndrome de l\u2019X fragile, etc. Un conseil g\u00e9n\u00e9tique est n\u00e9cessaire au niveau familial.<\/p>\n\n\n\n<p>\t<strong>2-Anomalies des autosomes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le tableau ci-apr\u00e8s&nbsp; r\u00e9sume quelques uns des syndromes ou maladies en cause (AR= Autosomique R\u00e9cessif, AD= Autosomique Dominant)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-185.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1046\" width=\"621\" height=\"268\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-185.png 659w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-185-300x130.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 621px) 100vw, 621px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Causes auto-immunes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019insuffisance ovarienne pr\u00e9matur\u00e9e est souvent associ\u00e9e \u00e0 d\u2019autres pathologies endocrines auto- immunes comme la maladie de Basedow, le diab\u00e8te de type 1 et l\u2019APS (Autoimmune Polyendocrinopathy Syndrome). Le syndrome APECED (autoimmune poly-endocrine candidiasis ectodermal dystrophy) \u00e9galement appel\u00e9 APS 1 associe une candidose cutan\u00e9omuqueuse, une hypoparathyro\u00efdie et une maladie d\u2019Addison. Il peut \u00e9galement s\u2019accompagner d\u2019une hypothyro\u00efdie, d\u2019un diab\u00e8te de type I et d\u2019une IOP. L\u2019insuffisance ovarienne se retrouve dans 60 % des cas d\u2019APECED. D\u2019autres associations sont possibles&nbsp;comme le lupus, la myasth\u00e9nie, la maladie de Crohn ou la polyarthrite rhumato\u00efde. Dans certains cas&nbsp; sans pathologie auto-immune associ\u00e9e, des anticorps dirig\u00e9s contre les ovaires ont \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le bilan auto-immun doit comprendre&nbsp;: glyc\u00e9mie, TSH, anticorps antithyro\u00efdiens et antisurr\u00e9naliens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les cons\u00e9quences et la prise en charge<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Elles concernent la fertilit\u00e9 et les cons\u00e9quences de la carence oestrog\u00e9nique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La fertilit\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>M\u00eame si une grossesse spontan\u00e9e peut toujours survenir dans les cas d\u2019insuffisance ovarienne fluctuante pour 3 \u00e0 10% des patientes, pour les autres, la stimulation ovarienne pour F\u00e9condation in vitro est impossible. La seule th\u00e9rapeutique pour l\u2019infertilit\u00e9 est \u00e0 l\u2019heure actuelle, le don d\u2019ovocytes. Les chances de succ\u00e8s de cette technique sont tr\u00e8s bonnes (environ 30 % par transfert) quelque soit l\u2019\u00e2ge de la receveuse.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Compenser la carence oestrog\u00e9nique et penser \u00e0 une contraception \u00e9ventuelle<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Cette carence&nbsp; augmente le risque de complications cardiovasculaires et d\u2019ost\u00e9oporose. Ces complications peuvent \u00eatre pr\u00e9venues par un traitement oestrog\u00e9nique s\u2019il est donn\u00e9 avant 50 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisation d\u2019une ost\u00e9odensitom\u00e9trie et&nbsp; un dosage de vitamine D sont syst\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En pratique, il est souhaitable de proposer un traitement hormonal substitutif avec une association de 17\u03b2 estradiol et de progest\u00e9rone ou une pilule oestroprogestative si la patiente souhaite une contraception. Il est en effet n\u00e9cessaire de rappeler aux patientes que le risque de grossesse spontan\u00e9 n\u2019est pas nul. La voie d\u2019administration de l\u2019estradiol est de pr\u00e9f\u00e9rence transcutan\u00e9e, mais peut \u00eatre orale. L\u2019administration du progestatif peut se faire de fa\u00e7on continue ou s\u00e9quentielle (10 \u00e0 15 jours par mois). Le traitement s\u00e9quentiel permet de conserver des h\u00e9morragies de privation : il peut \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9&nbsp; au sch\u00e9ma continu sur le plan psychologique chez les patientes les plus jeunes qui tiennent \u00e0 avoir des r\u00e8gles, mais il n\u2019est pas interdit de leur expliquer&nbsp; qu\u2019un traitement sans r\u00e8gles ne pr\u00e9sente aucun inconv\u00e9nient.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019insuffisance ovarienne pr\u00e9matur\u00e9e se d\u00e9finit par une am\u00e9norrh\u00e9e de plus de quatre mois survenant avant l\u2019\u00e2ge de 40 ans, avec un taux \u00e9lev\u00e9 de FSH sup\u00e9rieure \u00e0 25 UI UI sur au moins deux pr\u00e9l\u00e8vements distincts faits \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle.&nbsp; Signes cliniques Cette insuffisance ovarienne induit une carence en eostrog\u00e8nes donnant des sympt\u00f4mes comparables [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1378,"menu_order":6,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-1045","page","type-page","status-publish","hentry","post"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1045","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1045"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1045\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1047,"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1045\/revisions\/1047"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1378"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1045"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}