{"id":1031,"date":"2019-07-03T21:47:53","date_gmt":"2019-07-03T19:47:53","guid":{"rendered":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/?page_id=1031"},"modified":"2019-07-03T21:47:54","modified_gmt":"2019-07-03T19:47:54","slug":"le-diagnostic-pre-implantatoire","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/gyneobs.com\/site\/infertilite-et-procreation-medicalement-assistee\/questions-diverses\/le-diagnostic-pre-implantatoire\/","title":{"rendered":"Le diagnostic pr\u00e9-implantatoire"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Principe g\u00e9n\u00e9ral<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le Diagnostic pr\u00e9-implantatoire ou DPI, consiste \u00e0 rechercher certaines anomalies g\u00e9n\u00e9tiques sur des embryons obtenus par f\u00e9condation in vitro (<a href=\"http:\/\/www.genethique.org\/doss_theme\/dossiers\/dpi\/fiche_pedagogique.htm\">FIV<\/a>). Les embryons non porteurs de l\u2019anomalie sont transf\u00e9r\u00e9s dans l\u2019ut\u00e9rus et les embryons atteints sont d\u00e9truits. Cette technique est interdite dans certains pays, l\u00e9galement encadr\u00e9e dans d\u2019autre ou encore totalement libre dans certains autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le DPI se pr\u00e9sente comme une alternative au diagnostic ant\u00e9natal et s\u2019adresse aux couples \u00e0 risques g\u00e9n\u00e9tiques, soit que l\u2019un des membres du couple ou les deux, ait une anomalie g\u00e9n\u00e9tique connue dans la famille, soit qu\u2019un premier, voire un deuxi\u00e8me enfant, ait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019existence d\u2019une transmission g\u00e9n\u00e9tique d\u2019une maladie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la difficult\u00e9 d&rsquo;obtenir une grossesse par cette m\u00e9thode, un certain nombre de couples fertiles a recours \u00e0 cette nouvelle technique afin d&rsquo;\u00e9viter le traumatisme physique et psychique que repr\u00e9sente une interruption m\u00e9dicale de grossesse au troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me mois de grossesse. Pourtant, comme le DPI est pratiqu\u00e9 pour chercher sur l\u2019embryon un d\u00e9faut g\u00e9n\u00e9tique unique pour chaque couple demandeur, le DPI n\u2019exclue pas au cours de la grossesse les tests de d\u00e9pistage usuels et donc le recours \u00e0 l\u2019interruption m\u00e9dicale de grossesse en cas d\u2019apparition d\u2019un handicap.<\/p>\n\n\n\n<p>Le DPI n\u2019est pratiqu\u00e9 que dans certains centres. Les deux tiers des diagnostics concernent la d\u00e9termination du sexe pour \u00e9liminer les embryons de sexe masculin \u00e0 risque car peut-\u00eatre porteurs d\u2019une maladie li\u00e9e au chromosome X.<\/p>\n\n\n\n<p>Le DPI permet de caract\u00e9riser le statut g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un embryon, il est utilis\u00e9 pour&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-d\u00e9terminer le sexe de l\u2019embryon ce qui permet d\u2019identifier une\/des affections li\u00e9es au chromosome X (il en existe plus de 200). Les manifestations les plus fr\u00e9quentes de ces anomalies sont la dystrophie musculaire (myopathie de Duch\u00eane) et l\u2019h\u00e9mophilie. Le sexage des embryons permet donc de ne transf\u00e9rer que des embryons de sexe f\u00e9minin sains ou porteurs h\u00e9t\u00e9rozygotes et de ne pas transf\u00e9rer les embryons masculins qui sont atteints une fois sur 2 ou indemnes dans un cas sur deux;<\/p>\n\n\n\n<p>-chercher un d\u00e9faut g\u00e9n\u00e9tique unique, comme la mucoviscidose;<\/p>\n\n\n\n<p>-rechercher une maladie chromosomique comme des translocations (r\u00e9ciproque ou robertsonienne) ou des inversions&nbsp;; anomalies de nombre (Syndrome de Klinefelter, trisomies).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans certains pays il a des indications plus larges, comme la recherche de la trisomie 21 chez les femmes de plus de 38 ans, voire le d\u00e9pistage de susceptibilit\u00e9 \u00e0 un cancer familial, ou le choix du sexe par convenance. Aux Etats Unis, le DPI a m\u00eame \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour cr\u00e9er un enfant qui puisse donner ses cellules \u00e0 sa grande s\u0153ur atteinte d\u2019une maladie g\u00e9n\u00e9tique grave. Egalement, en&nbsp;f\u00e9vrier 2002 et pour la premi\u00e8re fois en Angleterre, un enfant est n\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 con\u00e7u et s\u00e9lectionn\u00e9 pour \u00eatre donneur compatible avec son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, leuc\u00e9mique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Technique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le professeur Alan Handyside est l\u2019initiateur de cette technique (&nbsp;Handyside AH, Kontogianni EH, Hardy K, Winston RM.&nbsp;Pregnancies from biopsied human reimplantation embryos sexed by Y-specific DNA amplification, Nature 1990; 344: 768-70).&nbsp;Avec son \u00e9quipe, il fut le premier, en 1990, \u00e0 d\u00e9crire l\u2019obtention de grossesses apr\u00e8s la d\u00e9termination du sexe d\u2019embryons obtenus in vitro. Cette d\u00e9termination du sexe des embryons avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e \u00e0 5 couples risquant de transmettre une maladie li\u00e9e au chromosome X. L\u2019approche utilis\u00e9e pour ce travail \u00e9tait d\u2019amplifier par&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.genethique.org\/doss_theme\/dossiers\/dpi\/fiche_pedagogique.htm\">PCR<\/a>&nbsp;un fragment d\u2019ADN r\u00e9p\u00e9t\u00e9, sp\u00e9cifique du chromosome Y, l\u2019absence d\u2019amplification attestant de la f\u00e9minit\u00e9 de l\u2019embryon.<\/p>\n\n\n\n<p>La technique repose sur 2 \u00e9tapes&nbsp;: le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019une ou plusieurs cellules embryonnaires puis l\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique de cette cellule.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019obtenir des embryons in vitro de trois jours, au stade de six \u00e0 huit cellules, sur lesquels sont pr\u00e9lev\u00e9es une ou deux cellules provenant des premi\u00e8res divisions de l\u2019\u0153uf f\u00e9cond\u00e9 (blastom\u00e8re). Pour pr\u00e9lever cette\/ces cellules, l\u2019embryon est maintenu par une pipette \u00e0 bord large, sur laquelle on exerce une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9pression. Un trou est pratiqu\u00e9 dans la zone pellucide qui entoure et maintient les cellules ensemble, soit en injectant un jet d\u2019acide tyrode gr\u00e2ce \u00e0 une pipette tr\u00e8s fine, soit, technique plus r\u00e9cente, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un laser. Une ou deux cellules sont ensuite pr\u00e9lev\u00e9es par aspiration dans une micropipette au diam\u00e8tre l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieur \u00e0 celui des blastom\u00e8res (Fig. 1 et 2).<\/p>\n\n\n\n<p>La cellule une fois pr\u00e9lev\u00e9e peut \u00eatre fix\u00e9e et achemin\u00e9e jusqu\u2019au laboratoire de biologie mol\u00e9culaire et\/ou de cytog\u00e9n\u00e9tique qui fera le diagnostic. Selon le type d\u2019affection \u00e0 diagnostiquer, tel ou tel laboratoire sera sollicit\u00e9 selon sa sp\u00e9cialisation. Ces cellules sont donc analys\u00e9es dans le but de rechercher une anomalie g\u00e9n\u00e9tique ou chromosomique. Seuls les embryons sains (qui peuvent n\u00e9anmoins \u00eatre porteurs du trait g\u00e9n\u00e9tique mais ne pas l\u2019exprimer) ou indemnes seront r\u00e9implant\u00e9s dans l\u2019ut\u00e9rus de la m\u00e8re. Les embryons malades seront supprim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"546\" height=\"367\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-177.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1032\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-177.png 546w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-177-300x202.png 300w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-177-272x182.png 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 546px) 100vw, 546px\" \/><figcaption>Fig.1- Pr\u00e9l\u00e8vement de cellule pour DPI-1<br><br><br><br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"545\" height=\"377\" src=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-178.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1033\" srcset=\"http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-178.png 545w, http:\/\/gyneobs.com\/site\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/image-178-300x208.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 545px) 100vw, 545px\" \/><figcaption><em>Fig.2-Pr\u00e9l\u00e8vement de cellule pour DPI-2<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Difficult\u00e9s et questions pos\u00e9es par le DPI<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les principales difficult\u00e9s techniques sont li\u00e9es aux techniques de diagnostic, \u00e0 la qualit\u00e9 des embryons obtenus par FIV et aux sources de contaminations.<\/p>\n\n\n\n<p>A&nbsp;la base, le DPI repose sur une f\u00e9condation in vitro. La premi\u00e8re FIV date de 1978 et est de pratique courante depuis le milieu des ann\u00e9es 1980. Les technologies de biologie mol\u00e9culaire sont encore plus r\u00e9centes, la r\u00e9action en cha\u00eene de polym\u00e9rase (PCR) date de 1987, et l\u2019hybridation in situ avec des sondes fluorescentes (FISH) du d\u00e9but des ann\u00e9es 90.<\/p>\n\n\n\n<p>La pratique de DPI est possible du fait du grand nombre d\u2019embryons obtenus lors de la FIV ( 6 \u00e0 8 dans les bonnes situations ) assurant statistiquement la pr\u00e9sence d\u2019au moins un embryon sain sur l\u2019ensemble des embryons analys\u00e9s. Mais cette production importante d\u2019embryons pose ensuite le probl\u00e8me de l\u2019avenir des embryons surnum\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de diagnostic dans le cadre de la pratique du DPI&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-diagnostic par PCR, Polymerase Chain Reaction&nbsp;\u2013 la PCR permet d\u2019identifier des mutations et de reproduire en grandes quantit\u00e9s les fragments d\u2019ADN.<\/p>\n\n\n\n<p>-diagnostic par FISH \u2013 permet de d\u00e9terminer partiellement le contenu chromosomique d\u2019un noyau notamment d\u00e9velopp\u00e9 pour d\u00e9terminer le sexe de l\u2019embryon. Diagnostic propos\u00e9 pour les pathologies r\u00e9cessives li\u00e9es au chromosome X. La FISH ne pr\u00e9sente pas les probl\u00e8mes de contamination li\u00e9s \u00e0 la PCR et n\u00e9cessite un temps de manipulation tr\u00e8s r\u00e9duit.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9pistage ou screening g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9implantatoire (PGS) des embryons issus de f\u00e9condation in vitro (FIV) a en outre \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 dans les indications d\u2019\u00e2ge maternel \u00e9lev\u00e9, de fausses couches spontan\u00e9es (FCS) \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition ou d\u2019\u00e9checs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d\u2019implantation en FIV, d\u2019autant que certaines \u00e9tudes avaient montr\u00e9. De nombreuses \u00e9tudes non randomis\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, retrouvant une augmentation du taux d\u2019implantation, ainsi qu\u2019une diminution des taux de FCS et de trisomies. Or, depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es plusieurs \u00e9tudes, multicentriques et randomis\u00e9es, donc assurant un bon niveau de preuve, ont mis en \u00e9vidence que non seulement le PGS n\u2019augmentait pas les taux de grossesse et de naissance apr\u00e8s FIV chez les femmes de plus de 35ans, mais qu\u2019au contraire il les diminuait significativement. Il n\u2019\u00e9limine pas non plus le risque de fausses couches et peut \u00eatre source d\u2019erreurs s\u2019il ne pr\u00e9l\u00e8ve qu\u2019une cellule, des embryons normaux pouvant \u00eatre \u00e9limin\u00e9s. Le diagnostic serait plus fiable avec un pr\u00e9l\u00e8vement de deux cellules, mais dans ce cas les embryons ont un plus faible taux d\u2019implantation. Enfin il est apparu que certains embryons porteurs d\u2019une ou deux cellules \u00e0 caryotype anormal peuvent spontan\u00e9ment s\u2019adapter et avoir un d\u00e9veloppement normal par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on ajoute \u00e0 cela les vastes d\u00e9bats \u00e9thiques pos\u00e9es par une pratique non contr\u00f4l\u00e9e du DPI qui \u00e0 grande \u00e9chelle peut aboutir \u00e0 l\u2019eug\u00e9nisme et \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019am\u00e9liorer l\u2019esp\u00e8ce, comme \u00e0 la question \u00e9thique du choix du sexe pour convenances personnelles (pratiqu\u00e9 dans certains centres dans le monde), il faut en conclure que cette technique doit \u00eatre propos\u00e9e dans des indications m\u00e9dicales tr\u00e8s pr\u00e9cises.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Principe g\u00e9n\u00e9ral Le Diagnostic pr\u00e9-implantatoire ou DPI, consiste \u00e0 rechercher certaines anomalies g\u00e9n\u00e9tiques sur des embryons obtenus par f\u00e9condation in vitro (FIV). 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