streptocoque B et grossesse

Mise à jour mars 2011

 

Le streptocoque B aussi appelé Streptocoque Agalactiae  a pour réservoir essentiel le tube digestif à partir duquel se fait la colonisation des voies génitales, souvent intermittente. Il peut parfois être à l’origine d’infections (urinaires, vaginales…), mais le plus souvent, il ne provoquent aucun symptôme chez la femme et n’est habituellemnt pas traité à l’exception du cas qui nous occupe ici.

En effet chez les nouveau-nés, le streptocoque B  transmis par la mère, peut provoquer des infections graves voire fatales. D’où l’importance de déceler la présence de ces bactéries chez les femmes enceintes, afin de prévenir la transmission au bébé ou de pouvoir traiter celui-ci dès la naissance. 

15 à 25 % des femmes enceintes sont porteuses de streptocoques B au niveau de leur col. Le type III est le plus souvent retrouvé. Cette présence est en outre très instable d’un moment à l’autre de la grossesse, le germe pouvant disparaître spontanément pour éventuellement réapparaître ensuite. Certains facteurs
favorisent sa présence :

— le groupe sanguin B ;

— l’age inférieur à 20 ans ;

— la primiparité ;

— les grossesses multiples.


Les risques foetaux

La contamination au cours de l’accouchement est de loin la plus fréquente mais une contamination ultérieure est possible expliquant certaines manifestations tardives.

10 à 20 % de tous les nouveau-nés sont porteurs du germe, ce qui représente environs 50 % des enfants nés de mères porteuses. Par contre, seulement 3 à 5 % de l’ensemble des nouveau-nés ont une infection néonatale cliniquement patente à streptocoque B.

Selon le moment où les signes se manifestent, on distingue :

1-l’infection néonatale précoce :

-elle doit être suspectée en cas de fièvre per-partum, d’infection ovulaire (chorioamniotite), de rupture prématurée des membranes, de souffrance fœtale ;

-une fois sur deux cependant, rien ne peut la laisser présager ;

-elle survient dans les 48 premières heures et le premier signe clinique, qui doit alerter, est une tachypnée souvent isolée au début. Très vite s’installe un tableau gravissime de septicémie néonatale avec détresse respiratoire sévère, infection pulmonaire, choc septique et troubles de l’hémostase. La méningite est plus rare. L’évolution est mortelle une fois sur deux, concernant le plus souvent des prématurés. Certaines formes peuvent être peu symptomatiques mais exposent également au décès brutal du nouveau-né.

2-’infection néonatale tardive. Elle survient trois semaines après la naissance, sans que rien ne l’ait laissée présager. La fièvre est le premier symptôme, accompagnée d’un refus de boire. Puis s’installe un tableau fait de troubles hémodynamiques (teint gris, marbrures des extrémités, collapsus), de geignements, de troubles du tonus, et parfois de troubles respiratoires, de troubles digestifs, de convulsions, voire de coma. Il existe le plus souvent une méningite purulente et plus rarement : septicémie, infection pulmonaire, ostéo-arthrite, otite, cellulite (cervico-faciale). L’évolution est mortelle dans 20 % des cas.


Le dépistage maternel

Devant la fréquence du portage asymptomatique maternel, le dépistage systématique du Streptocoque b est recommandé en fin de grossesse, entre 34 et 38 semaines.

Le prélèvement est effectué à l’écouvillon sur l’ensemble de la cavité vaginale. En cas d’allergie à la pénicilline, un antibiogramme est justifié en raison de la résistance de certaines souches aux macrolides. les alternatives sont l’érythromycine ou une céphalosporine.

Ce dépistage systématique est inutile chez les femmes ayant un antécédent d’infection maternofoetale à Streptocoque B ou ayant présenté au cours de la grossesse une bactériurie à Streptocoque B car dans ces cas l’antibioprophylaxie per-partum sera systématique.


Traitement

Le portage maternel du Streptocoque B ne comporte en principe aucun risque pour le foetus tant que les membranes sont intactes. C’est pour cela qu’on ne traite qu’en per-partum ou en cas de rupture prématurée des membranes. Il n’y a par contre aucun interet à traiter la mère pendant la grossesse.

L’antibioprophylaxie per-partum en cas de portage maternel du Streptocoque doit être débutée le plus précocément possible au cours du travail ou en cas de rupture prématurée des membranes car son efficacité n’est optimale qu’à partir de la deuxième injection. Le protocole est le suivant:


-Soit pénicilline G: 5 millions d’UI, puis 2,5millions d’UI IV toutes les 4 heures jusqu’à l’accouchement.

-Soit Amoxicilline IV: 2g puis 1g toutes les 4 heures

-(en cas d’allergie à la pénicilline: macrolides).



Le nouveau-né est bilanté: prélèvements superficiels et profonds et CRP dès la naissance puis à 24heures. On hospitalisera les nouveau-nés symptomatiques ou en cas de chorioamniotite ou de CRP élevée. Chez le nouveau-né, le traitement repose avant tout sur l’administration par voie intra- veineuse d’une ß-lactamine (amoxicilline), éventuellement associée à un autre antibiotique (gentamicine) pendant les 48 premières heures ,  sur une durée de 10 jours à 3 semaines en fonction des localisations infectieuses (méningite, arthrite, etc.). Pour distinguer un simple portage néonatal (colonisation) d’une infection, les critères d’infection néonatale sont les suivants:






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