Lichen scléreux vulvaire

 

C’est la dermatose vulvaire la plus fréquente, source d’une gêne fonctionnelle parfois notable qui altère la qualité de vie et en particulier la vie sexuelle des patientes. Surtout, il est le principal précurseur potentiel du carcinome épidermoïde vulvaire qui est histologiquement associé au lichen scléreux dans deux cas sur trois.

I-Signes

Les signes cliniques sont le prurit, la blancheur et l’atrophie de la muqueuse vulvaire, mais de multiples formes cliniques rendent son diagnostic parfois plus difficile. Une biopsie doit être réalisée en cas de doute diagnostique avant de débuter le traitement, mais aussi en cas de lésion leucoplasique ou ulcérée résistante au traitement dermocorticoïde afin de dépister et d’exciser un possible foyer de néoplasie débutant.

II-Diagnostic différentiel

        -Un vitiligo, devant la blancheur vulvaire, mais il est asymptomatique et il n’y a pas d’atrophie.

        -Une atrophie ménopausique très marquée avec synéchies des petites lèvres peut en imposer pour un lichen, mais il n’y a pas de blancheur muqueuse.

III-Traitement

Il repose sur les dermocorticoïdes de classe très forte. Le traitement doit être réalisé, même si le lichen  est asymptomatique. On recommande, en première ligne de traitement, l’application d’un dermocorticoïde de classe très forte, type propionate de clobétasol 0,05, à raison d’une fois par jour 1 à 3 mois, puis dégressif en fonction de la régression des symptômes et des lésions cliniques.

Un traitement à dose minimale est requis chez de nombreuses patientes qui rechutent à la décroissance ou à l’arrêt des applications. Un traitement proactif peut alors être proposé. L’utilisation au long cours des dermocorticoïdes est très bien tolérée dans cette région.

Le traitement chirurgical est réservé aux lésions rebelles qui ne régressent pas après 4 à 6 semaines de dermocorticothérapie puissante, afin d’éliminer des lésions précancéreuses ou déjà néoplasiques ou encore à la éparations des dégâts anatomiques synéchiants ou sténosants, source de dyspareunie ou d’apareunie : périnéotomie médiane en cas de bride postérieure, vulvopérinéoplastie en cas de sténose de l’introït.