LE FROTTIS DU COL UTERIN

Mise à jour sept 2009


Madame,

Vous tenez à être suivie correctement et votre gynécologue  vient de vous faire, ou vous a proposé, un frottis.


Le frottis du col utérin a pour objectif de dépister des anomalies cellulaires qui sont susceptibles d’évoluer ultérieurement vers un cancer du col. Ces anomalies cellulaires sont dues à des infections par des virus oncogènes de la famille des papillomavirus (HPV).


Toutes les femmes, à partir de l’âge de 25 ans, doivent pouvoir bénéficier une fois par an d’un frottis du col utérin, seul moyen d’éviter l’apparition d’un cancer du col. Ce prélèvement qui est indolore doit être fait en dehors des périodes de règles. Si les premiers rapports ont été précoces (avant 18 ans), il peut être bon de commencer les frottis 5 à 7 ans après l’âge des premiers rapports.


Le frottis est réalisé par le gynécologue après mise en place d’un spéculum. Il procède au prélèvement par frottement léger sur le col à l’aide d’une petite brosse adaptée. Il s’agit d’un prélèvement totalement indolore.


Le frottis peut être soit normal (et il devra être renouvelé un an après),  soit montrer des anomalies. Ces anomalies sont de gravité variable.

On utilisait autrefois la classification de Papanicolaou qui comportait 5 stades de gravité croissante. Elle est aujourd’hui abandonnée au profit de la classification de Bethesda. Selon cette classification, le résultat de votre frottis pourra donner les résultats suivants :


-Frottis ASC-US = Il s’agit d’un frottis montrant des modifications cellulaires de nature indéterminées, c’est-à-dire qu’il peut aussi bien s’agir d’un frottis parfaitement normal que d’anomalies légères appelées LSIL ou CIN I. Près de 10% des frottis sont ASC-US. Ce résultat ne doit pas vous inquiéter. Dans ce cas il vous sera généralement conseillé de refaire le frottis 6 mois après, en phase liquide, avec une recherche de la présence de virus. Si cette recherche a été faite d’emblée et était négative, le frottis est alors considéré comme normal et ne doit être refait que dans un an. Une autre option est le double immunomarquage p16/Ki67 qui en cas de négativité ramène à un frottis normal. HPV et double immunomarquage ne sont pas possibles ensemble car le matériel est en général insuffisant; il faut choisir.


-Frottis ASC-H= frottis également de nature indéterminée, mais ne permettant pas d’éliminer une lésion de haut grade. Il indique la réalisation d’une colposcopie avec biopsie.


-Frottis LSIL ou CIN I = Cela signifie la présence d’anomalies cellulaires de bas grade, qui sont certes dues la plupart du temps à la présence de virus HPV mais qui vont disparaître spontanément dans la plupart des cas (60%). C’est pour cette raison que la recherche de virus est inutile et qu’aucun traitement n’est à envisager. Un tel frottis doit bien sûr être refait 6 mois plus tard pour s’assurer du retour à la normale. Seule la persistance des anomalies sur une durée de plus d’un an doit être considérée comme suspecte et indiquer la réalisation d’une colposcopie associée éventuellement à une biopsie du col. Après biopsie, seules 10 à 20% des patientes vont présenter des lésions de haut grade. Une préselection peut alors être faite, avant de décider une colposcopie, par le double immunomarquage p16/Ki67 qui s’il est négatif permet de sursoir à la colposcopie. Elle s’impose s’il est positif.


-Frottis montrant des lésions de haut grade (HSIL ou CIN II et CIN III) = un tel frottis doit faire pratiquer une colposcopie avec biopsie du col. Si la biopsie confirme ce type d’anomalie, une conisation vous sera proposée. Un part non négligeable de ces lésions peut également régresser spontanément, mais nous n’avons pas les moyens de savoir qui verra ses lésions régresser et qui les verra s’aggraver. Ces anomalies ne constituent pas un cancer du col mais risqueraient fort d’en provoquer un en l’absence de traitement.

En d’autres termes, si un frottis, à condition qu’il soit fait tous les ans, peut parfaitement révéler des anomalies de nature pré-cancéreuses, il n’y a pas de raison qu’un cancer du col soit brutalement découvert. Il y a largement le temps de faire un traitement préventif (conisation) car il se passe une moyenne de 10 à 15 ans entre l’apparition des premières anomalies du frottis et l’apparition d’un cancer invasif du col utérin.


Il existe plus d’une centaine de types différents de virus HPV. La plupart ne comporte pas de risque d’entraîner un cancer.  Les types le plus souvent mis en cause dans l’apparition du cancer du col sont les HPV16 et 18 ; parfois les types 45 et 31 et plus rarement les types 56, 68, 52 et 35.  On parle d’HPV oncogènes.

Le virus HPV se transmet par voie sexuelle et sa présence est extrêmement fréquente. On considère que près de 90% des femmes deviennent porteuses du virus dès les premiers rapports. L’usage du préservatif ne protège pas contre la contamination HPV car le virus se transmet aussi par les zones cutanées non couvertes par le préservatif. Il est cependant important de savoir que 80% des femmes infectées vont éliminer spontanément le virus en moins de 18 mois. C’est pour cette raison qu’il est maintenant considéré comme inutile de faire des frottis avant l’âge de 25 ans.

C’est seulement la persistance du virus au-delà de 18 mois qui peut poser problème et il n’y a qu’en cas d’apparition d’anomalies du frottis qu’une surveillance particulière s’impose.

Pour les mêmes raisons, la recherche isolée du virus HPV sur un prélèvement vaginal, sans frottis, n’a aucun intérêt.

Il n’existe pas de traitement médicamenteux contre les virus HPV. On traitera les anomalies cellulaires du col mais pas le virus lui-même.

Enfin, il faut avoir présent à l’esprit que le délai entre l’arrivée du virus sur le col et l’apparition du cancer est de l’ordre d’au loins 10 ans. C’est pour cela qu’il n’est pas utile de commencer les frottis trop jeune. En effet dans les premières années après l’arrivée du virus, apparaissent souvent des anomalies légères qui vont le plus souvent disparaître spontanément mais qui risquent de provoquer des gestes agressifs sur le col (biopsies, conosations) avec des conséquences possibles, chez ce jeunes filles, sur les futures grossesses.




La colposcopie est un examen visuel du col de l’utérus, à l’aide d’une loupe grossissante, appelée colposcope. Cet examen est effectué lors d’une consultation gynécologique. Lorsque l’on suspecte une lésion, la colposcopie permet d’orienter le gynécologue afin d’effectuer une biopsie à l’endroit le plus suspect.

La colposcopie, de même que la biopsie du col sont des gestes indolores.

En cas d’anomalie sévère, un conisation sera réalisée: Cela consiste à retirer, sous anesthésie générale, la lésion et de l’analiser en totalité.


Il existe maintenant des vaccins nouveaux dirigés principalement contre les types  16 et 18 d’HPV, c’est-à-dire contre les plus fréquents des virus oncogènes.

Le consensus international actuel recommande la vaccination des jeunes filles  entre 11 et 14 ans (âges où la réponse immunitaire est meilleure et où il y a moins de rsque que la vie sexuelle ait commencée.  Ce vaccin n’a d’intérêt que s’il est fait avant les premiers rapports (ou dans l’année qui suit le premier rapport). Il a un rôle préventif et ne permet donc pas de traiter une femme infectée par le virus HPV.

Ce vaccin ne visant que deux des principaux virus HPV oncogènes, il ne permettrait d’éviter que 70% des cancers du col. 

La vaccination anti-HPV ne dispense donc en aucun cas de la surveillance par les frottis du col.