Facteurs environnementaux et infertilité

 

I-Le tabac

Le tabac est le plus dangereux des toxiques environnementaux susceptibles d’altérer la fertilité et la fonction ovarienne. Il a un impact sur la stéroïdogenèse ovarienne, la folliculogenèse et la maturation ovocytaire, la qualité du fluide folliculaire, du complexe cumulo-ovocytaire, l’ovulation, la fécondation, le transport tubaire, le développement embryonnaire et l’implan- tation. L’intoxication tabagique est associée à un risque accru d’insuffisance ovarienne prématurée et de ménopause précoce avancée d’1,5 à 2 ans. Une diminution significative du taux d’inhibine B a également été observée. Une relation négative entre tabagisme et qualité spermatique a été démontrée: diminution du volume, du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes ; augmentation de la fragmentation de l’ADN spermatique. L’effet est dose-dépendant avec une diminution du nombre total de spermatozoïdes de 29 % pour > 20 cigarettes par jour. On note également une diminution des chances de grossesse en FIV et en ICSI si le père est fumeur. Le tabagisme du père est associé à un risque augmenté de leucémie aiguë lymphoblastique chez la descendance.

Le tabagisme maternel poursuivi pendant la grossesse a des conséquences sur la santé des enfants. Ainsi on observe: petits poids de naissance, obésité de l’enfant (dès la petite enfance), altération de la fertilité future.

II-L’alcool

Les modèles animaux soulignent la toxicité de l’alcool sur l’utérus, sur l’ovaire, sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et l’ovulation.

Chez l’homme, en cas de consommation d’alcool, on retrouve une diminution significative de la mobilité, puis de la concentration et de la morphologie spermatique par toxicité directe sur les cellules de Leydig et de Sertoli . Une atteinte de l’axe hypothalamohypophysaire est possible. Sont observés une atrophie testiculaire si > 80 g d’alcool par jour, un arrêt de maturation chez 52 % des consommateurs et un syndrome Sertoli cell-only chez 11 %. Cette toxicité est réversible lors du sevrage alcoolique, argument supplémentaire pour l’arrêt de la consommation.

Les conséquences d’une consommation maternelle d’alcool sur le fœtus sont bien connues, avec notamment un syndrome d’alcoolisation fœtale, caractérisé par un retard de croissance intra-utérin, des anomalies morphologiques faciales, des anomalies musculo-squelettiques, des déficits cognitifs et des troubles neurologiques.


III-Le cannabis

Le cannabis pourrait ainsi interférer avec la maturation ovocytaire et les capacités de reproduction chez la femme. Chez l’homme, une diminution significative dose-dépendante de la mobilité et de la réaction acrosomale spontanée et induite.

Cette consommation double également le risque de développer un cancer des testicules de type germinal en particulier les cancers testiculaires de mauvais pronostic chez l’homme jeune (tumeurs germinales non séminomateuses et germinales mixtes).

IV-La cocaïne

La consommation de cocaïne a un impact négatif sur la qualité du sperme. Il n’a pas été retrouvé d’études montrant un lien significatif entre consommation de cocaïne et fertilité chez la femme.

On a montré de effets néfastes d’une exposition in utero à la cocaïne et autres drogues comme la marijuana, les amphétamines et les opiacés : prématurité, diminution du poids de naissance, déficits cognitifs, troubles de la mémoire et troubles du comportement.

V-Les ondes électromagnétiques

Les ondes électromagnétiques impactent la santé humaine par effet thermique, stress oxydatif et altération de l’ADN. Leur effet délé- tère sur les paramètres spermatiques et la réserve ovarienne est démontré in vitro et chez l’animal. Le niveau de preuve chez l’homme est insuffisant pour démontrer un impact sur l’infertilité, mais il y a un effet possible sur le risque de fausse couche. L’impact négatif de l’exposition aux radiations du téléphone portable chez la femme n’est pas démontré.

En revanche, l’utilisation du téléphone portable chez l’homme a un impact négatif sur les paramètres spermatiques de même que les ondes Wi-fi.

Les effets sur le foetus n’ont pas (encore) été démontrés.

V-Le stress

Le stress psychologique peut altérer les capacités de reproduc- tion de la femme, par différents mécanismes. Il altère également la qualité spermatique. Le stress a un impact négatif en AMP.