kystes et abcès de la glande de Bartholin (Bartholinites)

Mise à jour: janvier 2017                                                                                                                                                            Retour

 

Les kystes et les abcès de la glande de Bartholin représentent la pathologie kystique infectieuse la plus fréquente de la région vulvaire. Deux pour cent des femmes développeront un kyste ou un abcès de la glande de Bartholin au cours de leur vie.

I-La glande de Bartholin

Les glandes de Bartholin sont situées de chaque coté de la partie postérieure de l’orifice vaginal inférieur (à la jonction du tiers moyen et du tiers postérieur de la vulve), dans l’épaisseur des grandes lèvres

Ces deux glandes sont petites jusqu’à la puberté. Pendant la période d’activité génitale, elles mesurent 10 à 15 millimètres de longueur, 8 millimètres de hauteur et 5 millimètres d’épaisseur. Elles régressent après la ménopause. Chaque glande comporte un canal excréteur qui mesure 10 millimètres de longueur et 2 millimètres de largeur. Chaque canal vient se jeter par un petit orifice dans le sillon nympho-hyménéal (sillon situé entre l’hymen et la petite lèvre). Chaque canal excréteur permet d’évacuer les secrétions provenant de sa glande vers le vestibule du vagin (orifice vaginal inférieur).

 

Les glandes de Bartholin participent théoriquement à la lubrification lors de rapports de la vulve et du vagin. On notera que pour cette fonction, elles n’ont qu’un rôle accessoire et ne sont pas du tout indispensables car l’essentiel de la lubrification vaginale provient d’une exsudation des parois vaginales.


II-Aspects cliniques

Si le canal excréteur se bouche, un kyste peut se former, entouré d’une paroi, contenant un liquide clair plus ou mois épais et généralement indolore. L’évolution de ces kystes peut se faire vers la régression spontanée ou vers l’infection de leur contenu ; ils deviennent alors douloureux. Le risque est alors l’évolution vers un véritable abcès qui définit la Bartholinite. Parfois, l’abcès apparaît de novo sans passer par le stade de kyste.

Le diagnostic repose sur la présence d’une tuméfaction vulvopérinéale douloureuse, unilatérale qui devient fluctuante lorsque l’abcès est mûr.

Il est bon de faire un prélèvement bactériologique sur le site de l’infection complété, chez les sujets jeunes ou à risque, par une recherche des maladies sexuellement transmissibles (HIV, HCV, HBS, Syphilis.


III-Traitement

En cas de simple kyste sans abcès périkystique

L’abstention est possible s’il est asymptomatique. S’il est génant ou douloureux, il faut réaliser une kystectomie, c’est-à-dire une ablation  complète du kyste et de sa paroi (afin de limiter au maximum le risque de récidive). L’intervention est délicate car il est fréquent de rompre la paroi du kyste avant son ablation complète. Pour éviter cela on peut s’aider de la mise en place d’un ballonnet (type sonde de Foley) facilitant la dissection. L’hémostase doit être rigoureuse car la région est fortement vascularisée.

En cas de Bartholinite, c’est-à-dire d’abcès, l’ablation de la glande est impossible. On ne peut alors qu’inciser l’abcès avec lavage, effondrement des logettes et drainage parfois associé à une marsupialisation. Mais dans ces cas le risque de récidive est loin d’être nul.